‹ Muse et musetteChapitre 119 sur 133 · BOUTADE · texte numérisé non relu

BOUTADE

La femme est un être bizarre.

Elle a la forme, la couleur, Le parfum délicat et rare.

Point de doute : c'est une fleur !

Mais elle parle, elle jacasse Et rien n'arrête son caquet.

Moulin vide qui vous agace :

Eh bien ! mais c'est un perroquet !

Elle porte étoffes et linge Au lieu de pelage ; autrement Vous la prendriez pour un singe :

Elle grimace tellement !

Mais surtout elle est tortueuse ; Elle se donne et se reprend ; Froide, elle se croit vertueuse.

Ne cherchez pas : c'est un serpent !

2o8 Miise .et Musette,

La femme est un être bizarre, Fleur, perroquet, singe, serpent, Vertébré, même vivipare :

Quiconque y touche s'en repent.

O destin ! Lendemains inconnus et mortels, Chute toujours prochaîne autant qu'inattendue ! Quoi ! de ton piédestal te voilà descendue, Déesse dont l'encens encombrait les autels !

Un instant a suffi pour des outrages tels Qu'aux décombres poudreux tu roules confondue, Parmi l'ortie immonde et les chardons perdue, Idole gui trônais aux plus nobles castels !

Et moi qui te croyais de jade, d'onyx rare.

Pauvre blanc de Meudon qui semblais du Carrare, Je n'ai plus que pitié pour ta confusion.

Oui ! Mais que va penser cette foule idolâtre. Apprenant ton désastre et son illusion, Figurine d'un sou, statuette de plâtre ?

2IO Muse et Musette,

Page 1