‹ Muse et musetteChapitre 125 sur 133 · LES CYGNES · texte numérisé non relu

LES CYGNES

I^s beaux cygnes au grand bec jaune, Avec leur air bête et méchant, Leur col souple, trop long d'une aune, Leur cri, que Ton prend pour un chant,

Les beaux cygnes à l'aile blanche, Qui laissent traîner, en ramant, Leurs pieds noirs, puis, faisant la planche.

Voguent silencieusement,

Qui, célébrés par le poète.

Lui font pourtant mauvais accueil Et s'en vont, redressant la tôte.

Cambrés dans leur inepte orgueil ;

Frères du canard et de l'oie, Quand ils errent au lac profond.

Leur beauté me comble de joie.

Leur stupidité me confond.

Et tout leur aspect me rappelle Ce qui fut souvent mon souci :

Pourquoi la femme la plus belle Est-elle la plus sotte aussi?

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