‹ Muse et musetteChapitre 83 sur 133 · A MONNA USA · texte numérisé non relu

A MONNA USA

A M. H. Derottin.

>conde, merveilleux chef-d'œuvre de Vinci, liracle de beauté neuve et toujours diverse, iiielle séduction ta froide image exerce!

?oii siècle t'adora, si tu fus belle ainsi,

e t'admire, je t'aime, et je te crains aussi, 3ar je sais le poison qu'un œil de femme verse. 5i tu te contemplais en ta grâce perverse, Es-ce que tu dirais à ton peintre : merci ?

Toute vive il te prit, te jeta sur la toile Avec ta main divine et tes doux yeux d'ctoile ; Mais la vérité fut son unique souci.

Son pinceau libre et franc, qui voulut tout écrire, Même ton teint de cire et ton front sans sourcil. Montre l'âme perfide au travers du sourire.

Muse et Muselle.

O poète, assembleur de mots, Qui de l'éclat des chrysoprases Fais briller, miroiter tes phrases, Comme l'orfèvre ses émaux,

Qui prêtes voix aux animaux, Nous refroidis ou nous embrases.

Et de ton pied vainqueur écrases Le monstre rampant de dos maux ;

Musicien, peintre, philosophe, Qui te crois uq peu plus d'étoffe Que tes concurrents au cercueil.

Garde-toi de laisser paraître Ton injustifiable orgueil :

Rien ne te survivra, peut-être !

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