‹ Muse et musetteChapitre 95 sur 133 · A UNE JEUNE TANTE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE TANTE

A Mademoiselle Marie O...

Jeune fille aux yeux si doux, Qui bercez sur vos genoux Une adorable nièce, La couvant d'un soin jaloux Et la serrant contre vous D'un geste plein de caresse,

Par quel don mystérieux Sur vous descendu des cieux Savez -vous, ô vierge-mère, Entre vos bras gracieux A ce bébé précieux Offrir le nid qu'il préfère?

Plus de cris, plus de douleurs ; Vous tarissez tous les pleurs ; A vos pieds le mal expire ; Pour rendre à la joue en fleurs Ses délicates couleurs Il vous suffit d'un sourire.

Muse et Muselle.

Jeune fille aux si doux yeux, Quel médecin pourrait mieux Guérir les premières peines?

M^me aux vieux fronts Vos regards font, radieux, Passer des lueurs sereines.

Il n'est pas un être enfin Dont vous croisiez le chemin Sans alléger sa tristesse, Répandant à pleine main Ce charme exquis, surhumain.

Fait de grâce et de jeunesse.

Tendresses, 175

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