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«2 , CnAKTS ET POÉSIE
Reposons- nous, Le repos est si doux !
Que la peine sommeille Jusqu'à Taube vermeille!
Tous les fuseaux s'arrêtent dans les doigts ; La lampe brille, une blanche fumée Dans l'air du soir monte de tous les toits ; C'est du repas Tannonce accoutumée :
Les ouvriers ; si las, quand vient la nuit, Peuvent partir, enfin la cloche sonne ; Ils vont gagner leur modeste réduit, Où sur le feu la marmite bouillonne.
Reposons-nous, Le repos est si doux !
Que la peine sommeille Jusqu'à Taube vermeille !
La ménagère et les enfants sont là.
Du chef de Tâtre attendant la présence;
Dès qu'il paraît, un grand cri : « Le voilà î »
S'élève au ciel, comme en réjouissance;
De bons baisers, la soupe, un doigt de vîn.
Rendent la joie à sa figure blême ;
Il peut dormir, ses enfants ont du pain,
Etn'a-t-il pas une femme qui l'aime!
Reposons-nous, Le repos est si doux !
Que la peine sommeille Jusqu'à Taube vermeille '
Tous les foyers s'éteignent lentement; Dans le lointain, une usine qui fume Pousse de terre un sourd mugissement ; Les lourds marteaux expirent sur l'enclume Ah ! détournons nos âmes du vain bruit Et nos regards du faux éclat des villes ; Endormons-nous sous l'aile de la nuit.
Qui mène en rond ses étoiles tranquilles
Reposons-nous, Le repos est si doux !
Que la peine sommeille Jusqu'à Taube vermeille !