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LE FROID

Le soleil à Phorizon trace

Un arc tous les jours plus étroit ;

La terre se couvre de glace;

Les nuits sont longues... il fait froiJ!

Dans l'azur, les astres sans nombre

Semblent aviver leur lueur ;

Au loin, la neige efface l'ombre;

On voit scintiller sa blancheur.

Quoique sa rigueur nous défie, Il faut chanter l'hiver ; C'est lui qui purifie, Durcit et fortifie Les germes de la vie, Au creuset bleu d% Pair.

C'est aux pôles que la nature A bâti ses palais d'hiver, D'une splendide architecture De cristal et de jaspe clair.

Aux remparts de glace éternelle.

Par les siècles consolidés, Le givre ajoute une dentelle Et mille caprices brodés.

Quoique sa rigueur nous défie.

Il faut chanter l'hiver : C'est lui qui purifie, Durcit et fortifie Les germes de la vie.

Au creuset bleu de l'air.

Déjà les oiseaux de passage.

Cherchant le climat tempéré, La grue et le canard sauvage.

En triangles ont émigré.

A peine si dans les grisailles De l'air, qui semble une toison, Les corbeaux, amants des batailles.

Paraissent noirs à l'horizon .

Quoique sa rigueur nous défie, Il faut chanter l'hiver :

C'est lui qui purifie.

Durcit et fortifie Les germes de la vie, Au creuset bleu de l'air.

Les rennes, de leurs larges cornes.

Le verglas hérissant leur peau.

, A travers des steppes sans bornes Guident un rapide traîneau.

Le Lapon du lait des femelles Et de leur chair sait se nourrir ; Même il se taille des semelles JEt des vêtements dans leur cuir.

Quoique sa rigueur nous défie, Il faut chanter T hiver :

G est lui qui purifie, Durcit et fortifie Les germes de la vie, Au creuset bleu de Tair.

Ceux qui chassent en Sibérie Les martres et le renard bleu Des nuits bravent Tintempérie Sous la tente, autour d'un grand feu ; Le matin, plus de sentinelle !

Elle est gelée, et les ours blancs Ont aiguisé leur dent cruelle Au marbre durci de ses flancs.

Quoique sa rigueur nous défie.

Il faut chanter l'hiver :

C'est lui qui purifie, Durcit et fortifie Les germes de la vie.

Au creuset bleu de Tair.

Mais des aurores boréales Le pétillement argenté Transporte, en ces nuits glaciales, Comme un reflet des jours d'été.

Du plus loin qu'on voit la lumière, On croit encore à la chaleur.

Vous qui grelottez sur la terre, Demain vous garde un jour meilleur.

Quoique sa rigueur nous défie,

Il faut chanter Thiver :

C'est lui qui purifie.

Durcit et fortifie Les germes de la vie, Au creuset bleu de Tair.

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