‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 136 sur 188 · LA PRISE DE SÉBASTOPOL · texte numérisé non relu

LA PRISE DE SÉBASTOPOL

8 septembre 18B6.

La plus formidable muraille, Vomissant boulets et mitraille, Est cernée en un cercle étroit, Et croule devant une armée.

Quand elle s'élance animée De la force qui vient du droit :

Victoire î Cet empire si haut muré N'était qu'un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

La Russie avait pour frontière Sébastopoi, pierre angulaire De l'orgueil impuni des czars ; Il avait la mer pour ceinture ; Le génie avec la nature Avait combiné ses remparts.

Victoire !

Cet empire si haut muré N'était qu'un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire î La Russie a sombré.

Les czars, dans ce nid de pirates»

Amassant vaisseaux et frégates, Rêvaient l'empire universel :

D'abord, le trône de Ryzance, C'était le chemin de la France; Ils bâtissaient une Rabel.

Victoire!

Cet empire si haut muré N'était qu'un fantôme illusoire, La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

La Turquie a levé la tète; La France, toujours toute prête, La France, le soldat de Dieu, Joint son épée au cimeterre.

330 CHANTS BT POÉSIES

Et dit à sa sœur TÂngleterre :

De SiDope éteignons le feu !

Victoire !

Cet empire si haut muré N'était qu*un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire!

La Russie a sombré.

C'est une tache dans Thistoire Et dans les flots de la mer Noire, Que vengera le talion ; La flotte turque fut brûlée :

La flotte russe, au port coulée.

En sera 1 expiation.

Victoire !

Cet empire si haut muré N'était qu'un fantôme illusoire ; La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

Mais avant, quelle horrible guerre!

En maint combat notre bannière Se couronne de frais lauriers; Toute autre victoire est facile, Mais, pour emporter cette ville, Quatre peuples sont alliés !

Victoire !

Cet empire si haut muré, N*était qu'un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

En tête de la forteresse La tour de Malakof se dresse

Comme un formidable géant :

Zouaves, chasseurs et génie, Quelle patience infinie !

Ce siège est un gouffre béant.

Victoire !

Cet empire si haut muré N^était qu'un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

Tout un an couchés sur la dure.

Dans la boue et dans la froidure, Par le choléra décimés ; L*été, tombant comme des mouches.

Tiraillés par les escarmouches; Les cieux vont être désarmés !

Victoire î Cet empire si haut muré N'était qu'un fantôme illusoire; La Russie a sombré :

Victoire I La Russie a sombré.

En plein midi, le clairon sonne; A Tassant ! et que chacun donne !

Les morts aplanissent le sol :

Nos soldats sont comme une trombe; La tour de Malakof succombe, Et nous avons Sébaslopol !

Victoire !

Cet empire si haut muré

N'était qu'un fantôme illusoire;

La Russie a sombré :

Victoire !

La Russie a sombré.

;t33 CUÂNTS ET POÉSIES

ÉPITHALAMC

LÉGEHDB BKRBIGHOHHB

A l'occasion du mariage de mon ami Clément Laurier.

Sur les bords de la Creuse, Ilivière au flot doré, Une existence heureuse Sous un ciel tempéré, Telle fut votre enfance; L'horizon s'agrandit, Sur votre adolescence Le soleil resplendit.

Le chêne a plus d'ombrage, La vigne a plus d'essor; Oh ! le doux mariage D'où naîtront des fruits d'or !

De chênes et de vignes Le site est couronné, De verdoyantes lignes L'horizon est borné.

Le ciel, de bleu, de rose, D orange se revêt ; Le regard s'y repose Comme sur un duvet.

Le chêne a plus d'ombrage, La vigAe a plus d'essor ; Oh ! le doux mariage D'où naîtront des fruits d'or î

Là, deux enfants naquirent; L'aîné fut le garçon; Les Muses lui sourirent.

Il est leur nourrisson.

Pour couronner sa vie, La vierge vint après,

Naïve à faire envie Aux oiseaux des forêts.

Le chêne a plus d^ombrage, La vigne a plus d'essor; Oh ! le doux mariage D'où naîtront des fruits d'or I

Ces prés, ces bois, cette onde, Ont vu leurs premiers jeux, Et maintenant le monde Leur dit : Soyez heureux !

Que vos mains soient bénies Par le mystique anneau, Que vos tiges unies Ne soient plus qu'un rameau !

Le chêne a plus d'ombrage, La vigne a plus d'essor ; Oh ! le doux mariage D'où naîtront des fruits d'or I

L'époux, par sa parole.

Plus belle qu'un blason, Ajoute une auréole, père! à ta maison.

Sèche bien la rosée Suspendue à tes cils.

Mère ! pour l'épousée Ce sont de doux périls.

Le chêne a plus d'ombrage, La vigne a plus d'essor; Oh ! le doux mariage D'où naîtront des fruits d'or !

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S3I GBAIITS ET POÉSIES

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