LE PATURAGE
Dans les grands prés qu'on voit s'étendre
Entrecoupés de saules bleus,
Au long du fleuve il faut entendre
Mugir les vaches et les bœufs.
De nuances tachant la plaine,
De roux, de gris, de noir, de blanc ;
Leur queue avec son bout de laine
Chasse les mouches de leur flâna
Pendant que berger et bergère Se font des nidies pour se plaire Sous les saules du bord de l'eau, Un autre en prolite pour traire Leur plus belle vache laitière, En se cachant dans le troupeau.
L'œil vague, les cornes tordues Ne prennent un air menaçant Que si les oreilles tendues Annoncent un danger pressant.
Le mufle est luisant, la mâchoire Broute, rumine et va toujours.
Si ce n'est au moment de boire ; Le fanon pend, les pieds sont courts.
DE PIERRE DUPONT. liGD
Pendant que berger et bergère Se font des niches pour se .plaire Sous les saules du bord de )'eau» Un autre en profite pour traire Leur plus belle vache laitière.
En se cachant dans le troupeau.
Autour des grands troupeaux qui paissent
On ^voit les oiseaux voleter ;
Les dents des ruminants leur laissent
De petits vers à becqueter.
Un essaim de bergeronnettes
Naît des pas de chaque animal»
Comme si de ces nobles bètes
Elles ne craignaient aucun mal.
Pendant que berger et bergère Se font des nidies pour se plaire Sous les saules du bord de Teau, Un autre en profite pour traire Leur plus belle vache laitière, En se cachant dans le troupeau.
Le veau fait une cabriole ;
Le taureau, les yeux pleins de sang,
A cru voir une banderole
Dans la cravate d'un passant. '
Il se jette sur la génisse;
Pendant que F herbe au bœuf déplaît,
la vache, tous les ans nourrice,
Traîne ses pis gonflés de lait.
Pendant que berger et bergère Se font des niches pour se plaire Sous les saules du bord de Teau, Un autre en profite pour traire Leur plus belle vache laitière, En se cachant dans le troupeau.
Quand la bête a son poids de graisse.
Elle tombe aux mains du boucher,
Qui la tue et qui la dépèce, Ayant eu soin de Técorcher.
Les os, les nerfs, la corne, utiles^ Entre les mains des ouvriers, Se façonnent en ustensiles, Et du cuir on fait les souliers.
Pendant que berger et bergère Se font des niches pour se plaire Sous les saules du bord de l'eau.
Un autre en profite pour traire Leur plus belle v-ache laitière, En se cachant dans le troupeau.
Apprenons de ces belles bêtes Le calme à l'heure de mourir; Quand la masse brise leurs tètes, Elles ne semblent point souffrir.
Le soir couvre le pâturage, Le troupeau sort de Tabreuvoir, Et Jeanne en son rouge corsage Le chasse à Tétable : bonsoir'
' Pendant que berger et bergèrt Se font des niches pour se plaire Sous les saules du bord de Teau, Un autre en profite pour traire Leur plus belle vache laitière, En se cachant dans le troupeau*