LE TONNEAU
Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan, Chasse les cercles du tonneau,
Maillet sonore.
Pour enfermer le vin nouveau.
Fils de l'aurore !
De la vigne le bois tortu
Festonne les collines, Mais, que deviendrait la vertu
De ces grappes divines !
Si, pour conserver la liqueur
Qui chasse tant de peines.
Il ne croissait sur la hauteur
Châtaigniers et grands chênes.
Pan, pan, pan, pan, pan, pan,, ptn, pan, Chasse les cercles du tonneau^
Maillet sonore, Pour enfermer le vin noviTtsau,
Fils de Taurore !
Le bûcheron, la hache au poing,
Abat rarbre et Técorce; Les doleurs y mettent leur soin r
Le calcul suit la force.
Le bois est prêt, gai tonnelier.
Mets à jour ta science ; L'apprenti fait tremper Tosier
Et le tonneau commence.
Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan.
Chasse les cercles du tonneau^
Maillet sonore, Pour enfermer le vin nouveau»
Fils de Taurore !
L'osier en trois joint le cerceau.
Chaque douve affûtée.
Mise au point, se courbe en arceau ;
La futaille est voûtée :
Qu'on la flambe dans un feu clair!
Elle est ventrue et ronde ; Foncez-la, qu'il n'entre pas. d'air ;
Enfui, percez la bonde!
Pan, pan, pan, pan, pan^pa», pan» pan.
Chasse les cercles du tonneau,
Maillet sonore.
Pour enfermer le vin noitveaiif
Fils de l'aurore!
Ce fût, que va-t-il eonkemrt
La joie et l'espérance, Les songes d'or de l'aveair.
Le baume h h s&àBrauco*
Soleil, qui t'en vas loin de nous,
Au déclin de Faulorane, Que de tes rayons le plus doux
Dans ce fût s'emprisonne!
Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan»
Chasse les cercles du tonneau.
Maillet sonore, Pour enfermer le vin nouveau,
Fils de l'aurore !
£sl-il plus fier qu'un tonnelier
Dans Tombre d'une cave, Sa lampe accrocliée au pilier.
Travaillant d'un air grave !
Dégustant, transvasant, collant.
Ou mettant en bouteilles Les bons crus de vin rouge (m blaiie,
Des dates les plus vieilles !
Pan, pan, pan, pan, pan,^ pao., pan, pa% Chasse les cercles du to^aiieauy,
Maillet sonore.
Pour enfermer le vio nouveau^
Fils de l'aurore !
Un tonnelier, vieux riverain
De la côte du Rhône, A fait le voyage du Rhin,
En s'arrêtait à Beaune^ Sans perdre une fois la raison,,
Ëtant octogénaire,.
Et n'a qu'une Uà& par saison
Battu sa oaénagère.
Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pail, pan, Chasse les cercles du tonneau,
Maillet sonore.
Pour enfermer le vin nouveau»
Fils de l'aurore !