L*ÉCURIE
J'éteins ma pipe et j'entre à l'écurie, Il ne faut pas incendier le foin ;
Comme en un bois, ou dans une prairie^ Je veux m'ctendre et rêver dans ce coiiu La paille luit; elle est dorée et fraîche, Jusqu'au fumier qui n'est pas déplaisant.
Le foin, le trèfle et la luzerne sèche, Embaument Pair d'un parfum bienfaisant.
Lieu de repos pour l'homme et pour la bête, Dont fut épris plus d'un peintre flamand, Je redemande à ton ombre discrète La paix du cœur et le recueillement.
J'entends le bruit régulier des mâchoires:
Lèvres et dents tirent au râtelier:
Naseaux ouverts font ronfler les mimgeoîref ^ Le sol s'ébranle au choc des coups de pied.
La queue aux flancs fouette et chasse la mouche; Oreille droite ou basse, œil trouble ou clair. Peignent la bête ou tranquille ou farouche^ Car les chevaux avant tout ont du flair.
Lieu de repos pour l'homme et pour la bête.
Dont fut épris plus d'un peintre flamand, Je redemande à ton omln*e discrète La paix du cœur et le recueillement.
De Taraignée, aux poutres, aux solives^ La toile brille ou pend en longs réseaux^ Pour épargner tant de blessures vives Que fait la mouche à ces pauvres chevaux; J'entends crier les becs des hirondelles Qui font ici leurs nids en sûreté :
Tête petite entre deux longues ailés.
De noir, de blanc, le corps tout velouté.
Lieu de repos pour l'homme et pour la bête. Dont fut épris plus d'un peintre flamand, Je redemande à ton ombre discrète La paix du cœur et le recueillement.
Le chat parait au seuil de Fécurie, Ëclairant tout avec ses yeux cuivrés^
Prêtant l'oreilld à la souris qui crie
Et détirant ses ongles acérés.
Sainte nitouche, il entre à pas de moine,
Guette sa proie et fond comme un limier ;
Pouieg et coqs cherchent iin grain d'avoine
Parmi la paille, et grattent le fumier.
Lieu de repos pour Thomme et pour la bête, Dont fut épris plus' d'un peintre flamand, Je redemande à ton ombre discrète La paix du cœur et le recueillement.
Au beau milieu pend un falot de toile, Noir de poussière, usé de vétusté, Le charretier y voit luire une étoile Quand les chemins sont dans Tobscurité.
De vieux harnais, des housses éclatantes, Sont pêle-mêle accrochés, entassés, £t le soleil, pénétrant par les fentes.
Dore le tout de rayons cadencés.
Lieu de repos pour Thomme et pour la bête, Dont fut épris plus d'un peintre flamand, Je redemande à ton ombre discrète La paix du cœur et le recueillement.
Un charretier apporte de Teau claire, Abreuve, lave, étrille les chevaux.
Je prends plaisir à le regarder faire, Tant de gaité nait des simples travaux.
Près de la porte, une fille regarde, Forte de hanche, avec un gros chignon ; Kien qu'à son air, on voit bien qu'il lui tarde Que ce garçon ne soit son compagnon.
Lieu de repos pour l*homme et pour la bête, Dont fut épris plus d'un peintre flamand.
Je redemande à ton ombre discvète La paix du cœur et le recueillement.