MON ANE
L'autre jour, à cheval sur l'Ane, La télé en l'air, je m'en allais Quérir des navets pour ma Jeanne, Serrant la bête des mollets.
Fleurissait au bord de la roule.
Plein de piquants, un gros chardon; Mon âue l'avise et le broute.
Mâchant l'herbe avec le bridon.
DE PIERHE DUPONT. M
Eue donc, mon ânel (Bû.)
Si je baguenaude en chemin, Momiffletle! il fera vilain: Au retour, dame Jeanne ) g^.^
Me garde un revers de main. j
Vient à passer fleur de bourrique, , A longue oreille, à Tœil bleu-noir ; L'àne brait, d'honneur il se pique, 11 est tout aise de la voir.
Sur ses deux jambes de derrière, En renâclant, il se tient droit :
J'étais bien près de baiser terre, 11 s'en fallait juste d'un doigt.
nu6 donc, mon àne 1 (Bis.)
Si je baguenaude en chemin, Mornifflette l il fera vilain :
Au retour, dame Jeanne | ^^
Me garde un revers de main. J
Après, lui prend une fringale; L'âne sentimentalement Les quatre fers en l'air s'étale Avec musique et tremblement.
Je criais entre l'âne et terre, Comme quand on saigne un pourceau ; Quand on m'a péché dans l'ornière.
Je buvais à même au ruisseau.
llug donc, mon âne! (Bis.)
Si je baguenaude en chemin, Mornifiletle ! il fera vilain :
Au retour, dame Jeanne \
Me garde un revers de main. )
EnCn j'arrive à la verdure, De navets j'arrache un arpent, J'en charge à crever ma monture, Nous revenons clopin, dopant.
Bis.
Bts.
L*âne, en chemin, tournant la tête.
Du bout des dents mord au navet :
Un bouchon de houx nous arrête A la porte du cabaret.
Eue donc, mon âne! (Bis.)
Si je baguenaude en chemin, Mornifflette ! il fera vilain :
Au retour, dame Jeanne Me garde un revers de main.
Je bois, laissant Taulre à la porte,
Quelques brocs avec les amis,
Tant que sur l'âne on me rapporte
A moitié saoul, à moitié gris.
Au retour, jugez la surprise, *
Plus de navets dans le panier !
Jeanne d'un soufflet me dégrise ;
Il en cuit de sô marier.
Eue donc, mon âne ! (Bis.)
Si je baguenaude en chemin, Mornifflette ! il fera vilain :
Au retour, dame Jeanne I ^ .
Me garde un revers de main. )
Si Ton sait dans le voisinage Que ma Jeanne m'a soufileté, Au mardi gras, c'est un usage, Sur l'âne je serai monté.
Lié d'une corde solide, Coiffé de deux cornes au front ; Tenant la queue au lieu de bride, Et tous les enfants nous suivront !
Hu^ donc, mon âne! {Bis,)
Si je baguenaude en chemin, Mornifflette ! il fera vilain :
Au retour, dame Jeanne ) n-.
Me garde un revers de main.