‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 63 sur 188 · LA FILLE DU CABARET · texte numérisé non relu

LA FILLE DU CABARET

Fichu croisé, simple chemise De toile rousse à grain 'serré, Jupon rayé : voilà sa mise, Et bonnet rond à peine ouvré.

Pendant que l'on boit elle file, Elle fait chanter son rouet; Et chacun vient voir à la file La fille du cabaret.

Dés le matm elle balaye De la cave jusqu'au grenier; Le buveur qui la voit s'égaye Comme au regard de son rosier.

Elle est gentille, elle est accorte; On boit le double de clairet Quand c'est elle qui vous l'apporte, ) .

La fille du cabareL

Tout buveur est son camarade Jusqu'à deux doigts de son corset Aussi volontiers qu'une œillade Elle vous aligne un soufflet ; Parfois son bras sert de béquille, Maint vieillard sans elle choirait ; C'est qu'elle est une bonne fille, ) ^ .

La fille du cabaret.

Sa mère, une grosse gaillarde A qui l'on sait plus d'un galant, D'un clin d'œil en dessous la garde Et surveille son corset blanc.

Franc buveur dit tout en goguette :

Craignez plutôt ce beau discret.

Qui voudrait tenir en cachette ) «-.

La fille du cabaret.

f/.3 CUANTS ET POÉSIES

Rose, soyez modeste et sage, N'imitez pas votre maman ; ReSpectez-]a, car à son âge On revient de l'égarement. Croyez à son expérience; On va plus loin qu'on ne voudrait, Quand on est, par droit de naissance, i ^.

La fille du cabaret. {

Rose est modeste autant que belle :

Ne la voyez-vous pas rougir Du moment qu'on a rœil sur elle?

Bientôt son cœur pourra choisir.

Il faudrait un garçon qui gagne, Un beau compagnon qui dirait :

Je vais emmener en campagne 1 p.

La fille du cabaret.

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