‹ Muse populaire: chants et poésiesChapitre 98 sur 188 · LE BON CHEMIN · texte numérisé non relu

LE BON CHEMIN

A Taube de Tadolescence, Â cet âge où tout semble beau.

Un fils, ivre d'impatience, Quitte le nid comme un oiseau; Entraîné par une chimère Qui lui sourit dans le lointain :

Adieu, mon fils ! lui dit sa mère, Et suis toujours le bon chemin !

En sa nalye étourderie.

Il va des ailes s'ébattant, Parcourant la lande fleurie, Gomme une abeille s'arrètant A toute fleur ou blanche ou rose, Fleur de pommier, fleur de sainfoin.

Fleur d'aubépine ou d'autre chose; É^it-ce là le bon chemin?

Un paysan d'humeur gauloise.

En le voyant tout interdit

Devant un chemin qui se croise

Et qui fait la fourche, lui dit :

Jeune homme ! as-tu peur que la terre

Manque à tes pas? Elle va loin.

La terre est grande : comment faire

Pour y trouver le bon chemin?

Le bon chemin est-ce la route Où les humains vont se foulant, Moutons de Panurge en déroute, Troupeau craintif toujours bêlant? Est-ce le portique où se presse Et bourdonne comme un essaim La foule avide de richesse?

Est-ce bien là le bon diemin ?

Est-ce le grand chemin de Flnde, L'Océan, plein de noirs secrets?

Est-ce le vert sentier du Pinde, Où croissent lauriers et cyprès?

Est-ce le chemin de la gloire, Tant abreuvé de 'sang humain?

Écartons ce rêve illusoire :

Non, ce n'est pas le bon chemin.

Est-ce la route de Cythère,

Où Vénus préside aux amours t

Non, c'est le sentier solitaire

Où Ton s'aime à deux pour toujours,

Pendant que l'aïeule caresse

De beaux enfants daas le loiiitain*

Voilà l'image enchanteresse

Du vrai bonheur, du bon chemin.

Page 1