LE RÉVEILLON DES ÉTUDIANTS
C'est le vingt-cinq décembre , Qu'il fait bon dans la chambre Avec la bûche de Noël, Qui , dans la sombre cheminée , Trace une roule illuminée D'autant d'étoiles que le ciel.
Ce vieil amant de nos grand'môres , Le Réveillon survit toujours , Malgré les cancans des commères , Aux vieilles bandes des amouia.
Il ramène toujours les fées Avec le saucisson à l'ail , Avec les poulardes truffées Ou tout autre friand bétail.
C'est le vingt-cinq décembre, Qu'il fait bon dans la chambre Avec la bûche de Noël , Qui, (Jar.s la sombre cheminée, Trace une roule illuminée D'autant d'ttoiles que le ciel.
La fée est parente du mage ;
Ce soir-là, chaque petit roi
Avec la dignité d'un sage
Fait souper sa fée avec sui.
Allons bourgogne, allons Champagne,
Vieux sonneurs, sonnez à grand bruit,
Mettez votre monde en campagne
Pour qu'il arrive avant minuit.
C'est le vingt-cinq décembre, Qu'il fait bon dans la chambre Avec la bûche de Noël , Qui, dans la sombre cheminée, Trace une route illuminée D'autant d'étoiles que le ciel.
Eh ! quoi ! mesdames , on vous grise ! Quel scandale , quand il faudra Que vous entriez à l'église !
Le bedeau vous en chassera.
Ah ! il vous faudrait une messe Où Musard , d'un air solennel , Ferait signe à la grosse caisse D'accompagner l'air du Noël.
C'est le vingt-cinq décembre, Qu'il fait bon dans la chambre Avec la bûche de Noël , Qui , dans la sombre cheminée, Trace une route illuminée
1>B PIERRE Ol'POiNT. 61
D'autant d'étoiles que le ciel.
Mais je vois vos yeux de pervenche, Devenus doux et triomphants, Solliciter la messe blanche, La messe des petits enfants.
La bûche s'écroule en fumée, Nous sommes seuls restes brûlants; Allons ! l'alcôve parfumée Nous montre de loin ses draps blancs.
C'est le vingt-cinq décembre,
Qu'il fait bon dans la chambre Avec la bûche de Noël , Qui , dans la sombre cheminée , Trace une route illuminée D'autant d'étoiles que le ciel.