‹ Muse populaire (volume 2)Chapitre 38 sur 94 · LES TAUREAUX · texte numérisé non relu

LES TAUREAUX

Voyez paître aux bords des marais Ces taureaux dont les rudes traits.

Le fanon superbe, Attirent plus d'un voyageur Qui les regarde , tout songeur.

Des prés tondre l'herbe.

On voit s'agiter les roseaux Partout où leurs larges naseaux

Souillent leur baleine; Leurs \eux ont des reflets sanglants , Leur poil flotte sur leuis fronts blancs

En touffes de laine.

Dans ces taureaux à l'œil de feu, L'Egypte aurait choisi son Dieu.

Pour ses sacrifices , Rome eût pris le plus argenté.

Le plus fier, qui passe en beauté

Les blanches génisses.

DE PIF.RRF. DtPO!1T. Iff

Leurs cornes menacent le ciel Et perceraient d'un coup mortel,

Eu rase campagne, Le plus vaillant toréador Qui moissonne la gloire et l'or

Aux cirques d'Espagne.

Qu'il vienne à passer par hasard Une génisse au doux regard,

Vers leur marécage.

Ils feront, sauvages amants.

Retentir de mugissementa

Rivière et pacage.

Restez libres dans le désert, Bioulez le pâturage vert.

Fuyez nos entraves !

Loin des tyrans et des bourreaux , Paissez en liberté , taureaux :

Les bœufs sont esclaves.

LES BOr.DS DE LA SAONE.

Briller dans les cités N'est point ce que j'envie ; Mais aux bords enchantés Où j'essayai la vie

100 CHAIITS ET POÉSIES

Comme un oiseau, sa voix, Qu'un soir ma vie éteinte Tombe comme la plainte D'un oiseau dans les bois :

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime , et tes ombrages

De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers?

Oh ! comme j'aimerais , Sous tes vertes saulées , Goûter l'ombre et le frais, En entendant mêlées Au bruit de leurs troupeaux Les chansons des bergères Que ces lieux solitaires Invitent au repos.

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombrages

De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers ?

Hélas ! loin de tes borJs La fortune m'exile.

Que n'ai-je ses trésors !

DE PIERRE Dl'POKT. 107

Pour ton eau si tranquille.

On verrait mon esquif Fuir l'océan du monde Qui cache sous son onde Le dangereux récif.

Oh ! qui me rendra tes rivages, Saône que j'aime, et tes ombragea

De peupliers, Où les colombes si fidèles Appelaient en battant des ailes

Leurs doux ramiers?

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