‹ Muse populaire (volume 2)Chapitre 52 sur 94 · LA SIBÉRIENNE · texte numérisé non relu

LA SIBÉRIENNE

nF.:iIEMBnEMEXT DE LA POLOCKE.

Nous rentrons dans l'âge de fer :

Bourreau, fais l'apprct du supplice!

Liberté, bon droit et justice Ne sont plus que des mots en l'air.

Nos pères croyaient voir l'aurore D'un à?p libre et florissant ; Ils ne voyaient qu'un météore Cliaryé d'une vapeur de sang.

Adieu patrie Et liberté!

Ce qui n'est pas décapité Est fouetté Vers la Sibérie.

Eh quoi ! tout un peuple oserait

Se dire libre sur la terre!

11 faut le contraindre à se taire,

Il faut étouffer son secret.

A cetie horde vagabonde

Refusez le pain et le sel ,

Qu'il ne soit plus en lieu du monde

D'asileà ce grand criminel.

DE PIERRE Dl'POMT. 137

Adieu patrie Et liberté !

Ce qui n'est pas décapité Est fouetté Vers la Sibérie.

Si quelqu'un s'avise ici-bas De redresser un peu la tête, Son front attire la tempête, L'embûche rampe sous ses pas.

Socrale n'est plus qu'un impie , Galilée est cliarsé de fers ; Sur une croix Jésus expie La rédemption des pervers.

Adieu patrie Et liberté!

Ce qui n'est pas décapité Ej.t fouetté Vers la Sibérie.

Tyrannie! ô monstre géant!

Ta faim n'est jamais assouvie,

Il faut que toute noble vie

S'abime en ton posier béant.

Agneaux, taureaux, boucs et colombes ,

Par centaines sacrifiés,

Sont tes plus humbles hécatombes;

Il te faut des peuples entiers.

Adieu patrie

1S8 CHAKTS ET POÉSIES

El liberté!

Ce qui n'est pas décapité

Est fouetté

Vers la Sibérie.

Au moins n'avons-nous pas baisé Le pied fourcFiu de cette idole; Nous lultons de notre parole, Notre glaive s'étant brisé.

Frères! notre cause est la vôtre 1 Que le plus petit d'entre vous Se lève et se change en apôtre Pour annoncer les droits de tous!

Adieu patrie Et liberté!

Ce qui n'est pas décapité Est fouetté Vers la Sibérie.

L'homme , sitôt qu'il vient an jour, A tout le genre humain pour frère , Et dès le ventre de sa mère, A droit à la vie, à l'amour.

En prenant sa part dans l'ouvrage.

Il a , pourvu qu'il aime un peu , Un coin libre dans l'héritage.

Et ne doit de compte qu'à Dieu.

Adieu patrie Et liberté !

DE PIEARB DUPOIIT. 130

Ce qui n'est p<is décapité Est fouetté Vers la Sibérie.

Tous ces droits sacrés nous sont pria Par la tyrannie... Analhéme!

Entendez notre cri suprême, Hommes libres de tous pays.

Qu'un hurra lointain nous réponde Quand nous allons nous engloutir ; Dieu doit la liberté du monde Au râle d'un peuple martyr.

Adieu patrie, Et liberté!

Ce qui n'est pas décapité Est fouetté Vers la Sibérie.

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