DE PIERRE DUPONT
Visant à la fauve prunelle.
Fait jaillir l'àme en ûots pourprés.
Rois chasseurs, faites vos bourriches Avec les plus nobles gibiers; Éventiez les daims et les biches , Les renards et les sangliers.
Tenez-vous à l'écart des tentes Où sont à l'abri nos colons, Ne guettez pas en nos vallons Les bœufs et les vaches criantes.
Mes beaux lions aux crins dores, Du sang des troupeaux altérés, Halte-là! je fais sentinelle, Et ma caraljine mortelle, Visant à la fauve prunelle, Fait jaillir l'àme en flots pourprés.
Quand le lion, quand la lionne, Ont rôdé près d'une maison.
On me héle, mon arme est bonne Et mon œil perce à l'horizon.
Comme un boa j'aitends, je guette, Ma balle , horrible guet-apens, Siflle , cl mort comme le serpent , Tantôt le cœur, tantôt la tcte.
Mes beaux lions aux crins dorés, Du sang des troupeaux altérés , Halte-là ! je fais sentinelle ,
iôll CHAMTS ET PUICSIES
Et ma carabine mortelle ,
Visant à la fauve prunelle.
Fait jaillir l'àme en flots pourprés;
Je veux à ma mère chérie , Avec la hampe d'un drapeau, D'une lionne d'Algérie, En Hercule, apporter la peau , Près du bois où ma soif guerrière S'allumait à tuer les loups, Je veus clouer avec six clous.
Ce grand trophée à ma chaumière.
Mes beaux lions aux crins dorés , Du sang des troupeaux altérés , Halte-là! je fais seulinelle, Et ma carabine mortelle, Visant à la fauve prunelle, Fait jaillir l'àme en ûots pourprés.