LES PLATANES
A l'heure où l'étoile du soir Jette ses lueurs diaphanes,
1^0 CHA:VTS et POESIES
0 ma divine! quel espoir Vous attire sous les platanes?
Mon cœur suit vos pas cadencés.
Oh! qu'allez-vous faire à la biune, Sans moi , dans l'ombre ou vous glissez , Blanche comme un rayon de lune?
Des lutins malins et cruels
Ne craignez-vous pas les surprises.
Ni la rosée aux pleurs mortels, •
Ki la froide haleine des brises ?
J'ai l'oreille et les yeux craintifs ; Mon sang dans mes veines se glace Lorsque dans l'ombre des massifs Votre forme blanche s'efface.
Une lueur, le moindre bruit, Un rien fait que mon cœur se trouble; Je crois ^oir des yeux dans la nuit , Je crois que votre pas se double.
Des lutins malins et cruels Ne craignez-vous pas les surprises, Ni la rosée aux pleurs mortils, Ni la froide haleine des brises?
Vous revenez , et vos cheveux Humides comme les corolles Des lis arrosés parles cieux, Semblent emplis de lucioles.
DE PIEnnS DITPOIVT. 171
Sur votre cou , sur vos bras blancs Qui sont restés ù l'air sans voiles, Je veux de mes baisers tremblants Sécher les larmes des étoiles.
Des lutins malins et cruels Ne craignez-vous pas les surprises, Ni la rosée aux pleurs mortels, Ni la froide haleine des brises?