‹ Muse populaireChapitre 51 sur 157 · LE LAVOIR · texte numérisé non relu

LE LAVOIR

Tous les jours, moins le dimanche.

On entend {bis) le gai battoir Battre la lessive blanche Dans Teau verte du lavoir.

DE PIERRE DDi^OI^T. 150

Une rigole en vieux chêne, Au lavoir amène l'eau De la colline prochaine Où se tient caché l'ccho, L'écho qui jase et babille Et redit tous nos lazzis ; Car nous lavons en famille Tout le linge du pays.

Tous les jours, moins le dimanche, On entend (bis) le gai battoir Battre la lessive blanche Dans l'eau verte du lavoir.

La margelle est une pierre Aussi lisse qu'un miroir; Un vieux toit fourni de lierre Tient à l'abri le lavoir j De l'iris les feuilles vives Y dardent leurs dards pointus; Pour embaumer nos lessives, Sa racine a des vertus.

Tous les jours, moins le dimanche, On entend (bis) le gai battoir Battre la lessive blanche Dans l'eau verte du lavoir.

La vieille branlant mâchoire, Qui se souvient de cent ans,

160 (,HA!«iTS ET POÉSIES

Conte aux jeunes quelque histoire Aussi vieille que le temps.

C'est Satan qui se démène Dans le corps d'un vieux crapaud , Ou bien c'est quelque âme en peine Qui, la nuit, vient troubler l'eau.

Tous les jours, moins le dimanche, On entend (bis) le gai battoir Battre la lessive blanche Dans l'eau verte du lavoir.

Tout en jasant , la sorcière Tord son linge à tour de bras; Auprès fume une chaudière , C'est comme aux anciens sabbats.

Mais dans un coin la fillette Qui veut plaire à son galant, Mire dans l'eau sa cornette , Sa ceinture et son bras blanc.

Tous les jours, moins le dimanche, On entend (bis) le gai battoir Battre la lessive blanche Dans l'eau verte du lavoin.

I)K PIERRE DlJI'Oi\T.

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