‹ Muse populaireChapitre 7 sur 157 · LE SAUVAGE · texte numérisé non relu

LE SAUVAGE

Un jour, lassé de vivre solitaire , J'aventurai mes pas ambitieux Sur les chemins qui sillonnent la terre Et dont pas un n'aboutit jusqu'au! cieuxj

DE PIEURE DUPONT. 17

Je visitai ce qu'on nomme une ville.

Repaire immense où l'homme, mon pareil, Vit sans ombrage, à l'égal du reptile.

En des rochers calcinés au soleil.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle. Sous ses rameaux, dans ses doux nids !

Combien ton sort, ô frère 1 me chagrine. Ta nourriture est vile, un air malsain Râle brûlant dans ta sourde poitrine.

Où toujours dort quelque sombre dessein ; Le grand esprit qui me parle sur l'onde Est moins pour toi qu'un morceau de métal, Tu reconnais pour souverain du monde L'or que je pêche en mon ruisseau natal.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nidsl

L'amour en toi n'est qu'un instinct sauvage , Errant sans but comme une feuille en iair; Aussi ta vie est un triste veuvage Où le bonheur ne luit que par éclair.

Sais-tu qu'il faut, passager sur la terre. Aimer à deux pour revivre après toi,

Il CBiiBTS ET POÉSIES

En outre aimer dans tout homme ton frère? L'esprit nous dit : C'est là toute la loi.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

La terre est grande et la sève bouillonne En son flanc vaste au robuste contour.

Comme le vin fermente dans la tonne.

Comme en un cœur d'adolescent, l'amour : Elle a du lin pour filer une tente A tous ses fils, et des fruits savoureux Pour ceux qui, las d'une trop longue attente < En sont encore à s'égorger entre eux.

Quand la nature verra-t-elle

Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

Le jour se lève et déchire la brume Où notre globe était emmaillotté ; La vieille foi dans les cœurs se rallume. Tous les esprits tendent à l'unité :

Le matelot sur les vagues irarlanlcs Creuse tout droit son sillon vers le port^ Sans s'égarer aux étoiles filantes.

Les yeux fixés sur le pôle du Nord.

Quand la nature veira-t-elle

D£ PIEHAE DUPOST. 19

Ses nombreux enfants réunis , Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

L'onde, la flamme et déjà l'atmosplièie, Coursiers ardents que leur joug fait hennir. En un seul bond franchissant notre sphère, Vont rapprocher ce splendidc avenir.

Fils des cités, enfants des solitudes.

Ce jour serait demain, si nous voulions Mettre en commun , vous rêveurs, vos études, Et nous nos bras teints du sang des lions.

Quand la nature verra-t-elle

Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nids!

Car le temps vient d'oublier nos querelles, La faim, la soif, la guerre et tous les maux; 11 faut entrer en des routes nouvelles. Clairons en tête et mêlant nos drapeaux . Couples aimants, couronnez-vous de roses: Artistes saints, coupez le vert laurier. Plus d'envieux et plus de fronts moroses ; Allons au ciel par l'amoureux soutier.

Quand la nature verra-t-elle Ses nombreux enfants réunis.

Troupe joyeuse et fraternelle.

Sous ses rameaux, dans ses doux nldst

Page 1