‹ Muse populaireChapitre 90 sur 157 · LE VOYAGEUR A PIED · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR A PIED

Au premier cri de l'hirondelle, Sitôt que la route blanchit.

Le voyageur que l'aube appelle S'éveille et saute à bas du lit; Guêtre, lavé, la tête fraîche, L'œil limpide comme un miroir, Le sac au dos: qu'on se dépêche!

Dame hôtesse ! bonjour; boDSoir.

272 GHANTS ET POÉSIES

Gai , chantant en route, Le joyeux piéton En marchant s'écoute, Et de son bâton Marque la cadence et le ton.

Son noueux bâton de voyage Marqué d'avance, il l'a coupé Au front d'un néflier sauvage , Et dans la flamme il l'a trempé j Ce n'est qu'une arme défensive Pour écarter les chiens errants Et les gens dont l'humeur trop vive Se prend de querelle aux passants.

Gai , chantant en route , Le joyeux piéton En marchant s'écoute, Et de son bâton Marque la cadence et le ton.

Au roulier il tient compagnie , Riant du scepticisme amer De ce vieux mécréant qui nie Le succès du chemin de fer.

Il lui répond : mais que sera-ce , Quand les ballons vont se frayer Un nouveau chemin dans l'espace , Emportant charrette et roulier ?

Gai , chantant en route,

DB PIERRE UUPONT. 273

Le joyeux piéton En marchant s'écoute.

Et de son bâton Marque la cadence et le ton.

Qu'une chaise de poste roule Laissant flotter un voile vert !

Son cœur bat , son gosier roucoule Et sa lèvre siffle un doux air; Dans sa tête un roman commence Dont il voit le dénoûment fuir, On en ferait une romance Mais il n'en reste qu'un soupir.

Gai, chantant en route.

Le joyeux piéton En marchant s'écoute, Et de sou bâton Marque la cadence et le ton.

A cette image fugitive Succède un tableau plus certain i C'est l'amoureuse plus naïve Qui l'appelle dans le lointain ; De sa fenêtre elle regarde , L'oreille ouverte au moindre bruit, Et , si le gai piéton s'attarde , Elle pleurera cette nuit.

Gai , chantant en route , Le joyeux piéton

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En marchant s'écoute , Et de son bâton Marque la cadence et le ton.

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