TAHITI
M. HoerenlioMé.
Quelques îles des archipels nombreux parsemés dans l’Océanie orientale, ou Polynésie, ont été visitées, comme nous l’avons vu précédemment, par plusieurs naturalistes dans le cours de leurs longs voyages. M. J. -A. Moerenhout, consul général des États-Unis, aux îles océaniennes, et qui avait fondé aux îles de la Société un établissement très-étendu, a résidé pendant près de six années (jusqu’en 1854) à Tahiti, la plus importante des îles de cet archipel, ne la quittant que par intervalles pour des excursions dans son voisinage ou pour des voyages au Chili. 11 avait envoyé, en 1854, à Paris, une caisse de plantes récoltées par lui et par le docteur Bertero à Tahiti; malheureusement, une partie en fut distraite en route on ne sait comment ; mais, quoique incomplète, la collection qui en est restée est peut-être encore une des plus riches en espèces qu’on ait rapportées de Tahiti. Des exemplaires en ont été distribués à quelques personnes, et, entre autres, à M. Benjamin Delessert.
M. Moerenhout a visité Papéiti et le district de Papara, le plus opulent de l’île. Pendant un séjour à Papara, il fit des incursions botaniques en différentes directions, soit dans l’in-
teneur de l’île, soit à l’est et à l’ouest, dans les plaines et le long des rivages, et il alla plusieurs fois jusqu’à l’isthme, et même jusqu’à la partie orientale de Taïarabou.
Au commencement de novembre * 850, M. Moerenhout, qui était allé à Valparaiso, revenait à Tahiti. Il avait avec lui le docteur Bertero, que charmaient à la fois et l’aspect et la végétation de cette île baptisée par Bougainville du nom de Nouvelle Cythère. Nous avons raconté à l’article de Bertero par quelle fatalité il s’était embarqué sur un bâtiment appartenant à M. Moerenhout, et dont le sort devait être à jamais un mystère. Le docteur Bertero s’était occupé de la détermination botanique des espèces qu’il avait récoltées dans l’île de Tahiti avec M. Moerenhout, et ce dernier avait eu le soin de prendre note de leurs noms vulgaires dans le pays. Guillemin a compris toutes ces espèces dans son Zephijritis Tuïtensis , publié dans les Annalesdes sciences naturelles en \ 856 et 1 857.