COLLECTIONS SPÉCIALES
Mousses et lichens*
Plusieurs jolis herbiers de mousses sont conservés de la même manière dans le musée de M. Delessert; telles sont : les Mousses de la Normandie de M. de Brébisson, la Bryologie européenne (. Bryologia Europœa) de MM. Bruch et W.-P. Schimper, les Mousses d’Amérique ( Musci Âmericani) recueillies par Thomas Drummond, nommées par M. Wilson et sir W.-J. Hooker, celles d’Angleterre et d’Irlande ( Musci Britan-
(1) Voici le titre que porte cette collection : Herbario seco de varias plantas que se crian en Espana , en las dos Americas, en Africa y Italia, recogidas y dispuestas en sus respectivas classes y generos , eon sus descripciones, nombres facultatives ; por Don Joseph Quer, etc.
nici,e te.), par M. Walker-Arnoti, les Musci frondosi de Blandow et de MM. Kneiff et Mærcker, YHerbarium vivum muscorum de Hose, ies Deutschlands Lebermoose de MM, Hübener et Genth, les Musci Mediolanenses de MM. Balsamo et de Notaris, les Cryptogamisclie Gewâchse de M, H.-C. Funck.
Les lichens sont représentés séparément dans cette partie de l’herbier de M. Delessert par un fascicule des Lichens de France de Delise, et par la publication de M. Schærer, intitulée Lichencs Helvetïcï exsiccati.
Plantes marines.
Plusieurs recueils consacrés aux plantes marines font partie de l’herbier, et l’on pourrait dire de la bibliothèque botanique de M. Delessert. On y trouve la Cryptogamie marine , ou collection d’algues, préparée et classée par le colonel marquis A. DuDresnay ; les Aigues de la Normandie , recueillies et publiées par M. J. Chauvin; celles d’Ecosse (Algœ Scolicœ) de J. Chalmers ; les Hyclrophytes marines du Morbihan , par MM. Lelièvre de la Morinière et Prouhet; YFjSsai d’une Néréide française par Delise.
Les plantes marines sont celles qui se prêtent le mieux peut-être à l’arrangement dont nous venons de parler. Un grand nombre d’espèces, disposées de cette manière, présentent l’aspect le plus agréable à l’oeil. L’extrême délicatesse du tissu de quelques-unes, les ramifications élégantes, les légères découpures de quelques autres donnent une apparence et un attrait tout particuliers à ces collections, quand elles sont du reste préparées avec le soin convenable. On s’étonne de voir telle plante légère, qui ne se compose que de filaments les plus déliés, étalée avec grâce sur une feuille de papier, et simulant tellement un dessin, que le doigt qui cherche à s’assurer que c’est bien la plante elle-même n’est arrêté par aucune aspérité sensible. La Centurie d’Hydrophytes du Morbihan de MM. Lelièvre de la Morinière et Prouhet, et
les échantillons répandus dans l’herbier et provenant de M. Gilgencrantz offrent plus particulièrement des exemples remarquables de ce genre de préparation, dont nous donnerons une idée en quelques mots, les procédés employés pour y parvenir étant des plus simples.
On remplit d’eau un vase peu profond, capable de recevoir la feuille de papier sur laquelle on veut fixer l’échantillon de la plante. On place dans ce vase cet échantillon après l’avoir lavé avec de l’eau douce pour le débarrasser du sable qui peut le recouvrir, et aussi pour faire dissoudre le sel marin qu’il contient ; on l’y laisse flotter et se développer naturellement pour que ses ramifications s’y étalent à l’aise. On introduit la feuille de papier au fond du vase, et on enlève par son moyen la plante qui s’y étend convenablement, sauf à modifier avec un pinceau ou avec un instrument aigu la disposition qu’elle a prise sur la feuille, si elle n’est pas conforme à sa position naturelle, ou si quelques portions de la plante se trouvent ou entassées ou trop rapprochées. On la fait un peu sécher, et puis on la met en presse pour la faire adhérer dans toutes ses parties et empêcher les plis que formerait le papier en séchant librement. Au moyen du mucilage dont la plante est naturellement pourvue, elle se trouve fixée sur le papier sans qu’il soit nécessaire d’employer aucune préparation gommeuse.
Les plantes ainsi disposées forment quelquefois des tableaux charmants, variés de couleur, et qui ne laissent rien à désirer pour l’exactitude, puisque ce sont les plantes ellesmêmes qui les produisent. Les unes apparaissent avec la niasse de leurs nombreux filaments, souvent plus déliés que la soie (1); les autres déploient leurs lanières allongées, étroites et flexibles (2); celles-ci, élégantes miniatures, étalent leurs innombrables ramifications arborisées (5) ; celles-là , leurs
(1) Les conferves. — (2) Asperococcus echinatus , Dumontia filiformis, Chorda lomentaria. — (3) Delesseria plocamium ; les Ceramium ..
feuilles larges, ondulées, d on rouge éclatant (1) ou teintes d’un beau violet (2). De tels dessins sont de véritables herbiers bien mieux que les figures imprimées avec les plantes ellesmêmes, par un procédé particulier, et dont nous parlerons avec quelque détail quand nous nous occuperons de la bibliothèque botanique de M. Benjamin Delessert.