‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 185 sur 257 · AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFRIQUE

A. du Petit-Thouars. — Les voyages du chevalier A. Aubert du Petit-Thouars, dans les îles de l’Afrique méridionale, ont duré de 1792 à 1802. Il s’embarquait pour l’île de France le 2 octobre 1792. Forcé de relâcher à l’île Tristan d’Acunha, M. du Petit-Thouars y reste cinq jours, s’arrête pendant deux semaines au cap de Bonne-Espérance et arrive à l’île de France après six mois de traversée. Pendant deux années, il parcourt cette île dans tous les sens et se rend ensuite à Madagascar, où il séjourne six mois. De retour à l’île de France, il songeait à revenir en Europe, son passage même était arrêté sur une frégate, mais il ne voulut pas quitter ces parages sans avoir vu Bourbon. Il se rend dans cette île et y reste trois années. Rappelé à l’île de France par le désir de mettre ses collections en ordre, il y reste encore un an et revient dans sa patrie. Au commencement de J 802 il était arrivé à Bochefort après dix ans d’absence , rapportant un herbier de 2,000 plantes, 600 dessins, etc.

M. Lichtenstein. M. Henri Lichtenstein, professeur à Berlin, a recueilli quelques notions sur la flore de l’Afrique méridionale dans le voyage qu’il a fait en \ 805-1 806.

Docteur Rûppel. — Le docteur Édouard Rüppel est bien connu par ses voyages en Égypte et en Nubie. En J 81 7 il avait fait, jeune encore, un voyage en Égypte ; plus tard il pensa qu’on pourrait entreprendre avec fruit des excursions dans ce pays et concourir aux progrès de l’histoire naturelle et de la géographie, et il repartit accompagné de M. Hey, que la société d’Histoire naturelle de Francfort lui avait envoyé à

sa demande pour l’aider dans ses explorations scientifiques. Arrivé pour la seconde fois en Égypte en 4 822, M. Rüppell fit, dès le printemps, une excursion dans l’Arabie-Pétrée, puis revenant en Égypte il visita le Fayoum. En novembre il remonta dans la Haute-Égypte et alla jusqu’à Qoceyr. 11 passa les premiers mois de 1825 au camp turc du:Nouveau-Dongolah et visita les ruines de Napata, près de Barkal, vers la fin d’avril. Pendant ce temps, M. Hey faisait sa première excursion dans le désert d’Àmboukol, où M. Riippel passa aussi en octobre pour se rendre, avec son compagnon, au camp turc, près de Chendy, d’où il alla plus tard au camp de Gourkab, tandis que M. Hey remonta le Fleuve-Blanc ou Bahr-el- Abiad et explora une seconde fois le désert d’Amboukol. M. Rüppell retourna au Caire pour mettre en sûreté ses collections d’histoire naturelle. Revenu en Nubie vers la fin de septembre 1824, il fit la chasse aux hippopotames, dans la province de Sokkot et se rendit à la fin de l’année dans le Kordofan. 11 arriva en janvier à Obéid, capitale de ce pays, fit, pendant un séjour de deux mois, une ample récolte d’objets d’histoire naturelle et revint, à la fin de mars 4 825, au Nouveau-Dongolah. Ayant rétabli sa santé au Caire, il partit en 4 826 pour un voyage aux golfes de Suez et d’Akaba et au couvent de Sainte-Catherine du Sinaï, aux environs duquel il fit plusieurs excursions. Épuisé de fatigue, M. Rüppell revint en Égypte et s’embarqua en mars 1827 pour l’Europe.

M. Bowdick. — Bowdich (T. -Edward) se rend en 184 6 au Cap-Corse (Cap Coast-Castle), et se trouve bientôt après chargé d’une mission dans l’intérieur du royaume d’Achanti ou Ashantee (Guinée). En 4 825, il forme le projet d’aller à Sierra- Leone, et de Lisbonne il s’embarque le 50 septembre pour Madère. Il fait plusieurs excursions botaniques dans cette île, ainsi qu’à Porto-Sanlo, et se livre à des recherches zoologiques, météorologiques et à des observations de géographie botanique. Ne trouvant aucun bâtiment qui le mène directement à Sierra-Leone, il forme le projet d’aller à Boa-Vista,

et de là dans quelques autres îles du Cap Vert, espérant se rendre à sa destination par la Gambie. 11 part de Madère le 26 octobre, arrive à Boa-Vista et se rend ensuite à Santiago. Ayant atteint la Gambie, il remonte ce fleuve jusqu’à l’établissement anglais de Bathurst. Il séjourne dans cette ville, fait des excursions sur les rives du fleuve, et dans l’espace de trois semaines il complète la botanique de Banjole (île Sainte-Marie, sur laquelle est située Bathurst), et visite le cap Sainte-Marie, où il recueille une collection de plantes. M. Bowdich est mort en janvier 1824, lorsqu’il se livrait à des opérations trigonométriques, et en même temps à des recherches d’histoire naturelle au fort James, et avant qu’il ait pu atteindre Sierra-Leone.

Denham , Ciapperton et Ouclney. — Le major Denham, le capitaine Ciapperton et le docteur Oudney ont visité, de 4 822 à 4 824, les parties septentrionale et centrale de l’Afrique, voyage qui s’est étendu dans une partie du grand désert et de Kouka, dans le royaume de Bournou, jusqu’à Sackatou, capitale de l’empire des Fellatah.

Les plantes recueillies dans le cours de cette expédition ont été décrites par M. Robert Brown. Sur près de 500 espèces, formant le total de l’herbier, et rapportées principalement par le docteur Oudney, environ 4 00 appartiennent au voisinage de Tripoli; 50 ont été recueillies sur la route de Tripoli à Mourzouk, 52 dans le Fezzan, 55 entre Mourzouk et Kouka, 77 dans le Bournou et 4 6 dans le Haoussah, contrée du Soudan ; ces dernières proviennent du capitaine Ciapperton.

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