VOYAGES GÉNÉRAUX
B. Cobo.~~ Le jésuite espagnol Barnabas Cobo, pendant cinquante-sept années qu’il résida dans les Antilles, au Mexique, et particulièrement dans le Pérou (de 4 596 à 4 655), s’occupa de recherches sur les productions naturelles de ce pays.
W. Houston. — William Houston séjourna longtemps aux Antilles et à la Nouvelle-Espagne. Il a recueilli des plantes dans les années 4 728, 4 729 et 4 752 à la Jamaïque, à Cuba, à Venezuela et à Vera-Cruz.
T. Hæncke. — Thaddæus Hæncke, né en Bohême, botaniste du roi d’Espagne, devait en 1789 faire le voyage autour du monde avec l’expédition que commandait Malaspina ; mais ayant manqué le bâtiment qui avait levé l’ancre depuis vingt-quatre heures quand il arriva à Cadix , il s’embarqua pour Montevideo , où il espérait rencontrer le vaisseau ; mais ne l’ayant trouvé ni à Montevideo ni à Buenos- Ayres, il traversa l’Amérique et se rendit par les Cordillères à Santiago, au Chili. Après avoir exploré le Chili, le*Pérou et Quito, il se dirigea vers la partie septentrionale de la Californie en longeant la côte jusqu’au détroit de Noutka; de là le vaisseau sur lequel il s'était embarqué fit voile pour le port de San-Blas et puis pour Acapulco. De ce dernier lieu, Hæncke fit un voyage au Mexique; de retour à Acapulco, il s’embarqua pour Tinian et Guam (îles Mariannes) et enfin pourjl’île de Luçon. A son retour, i! passa par les îles de la Société et débarqua à la Conception au Chili, en 4 794. 11 fit de nombreux voyages dans l’intérieur du pays. En 4796 il s’établit à Cochabamba, dans la province de ce nom comprise aujourd’hui dans le Buenos-Àyres, et d’où il fît également plusieurs voyages dans l’intérêt de la science. On a appris sa mort en 4 84 7. Il n’est parvenu en Europe qu’un petit nombre de ses plantes, la plus grande partie de ses collections ayant été envoyée à Lima, en 4 84 8, par le gouvernement espagnol.
Louis Née. — - Don Antonio Pineda et Louis Née accompagnèrent le navigateur Malaspina dans son voyage autour du monde. Pineda mourut aux îles Philippines. Née, embarqué à Cadix le 50 juillet 4 789, commença ses herborisations à Montevideo, et se rendit à la colonie Del-Sacramento. Il visita la côte de Patagonie et les îles Malouines. Entré dans la mer du Sud, il débarqua à San-Carlo de Chiloé et aborda successivement à Talcahuano et Valparaiso. 11 se rendit ensuite à Callao et à Guayaquil. Arrivé à Acapulco, il traverse la Nouvelle-Espagne jusqu’à Mexico, voyage avec le docteur Thaddæus Hæncke aux Philippines, aux îles Mariannes, à la baie
Botanique, à 111e Babao, une des îles des Amis, et revient à Lima où les deux botanistes se séparent. Née passe à Talcahuano et à la Conception, voulant entreprendre par terre le voyage jusqu’à Buenos-Ayres. Il arrive à Santiago, se rend de là à Mendoza par les Cordillères de! Valle et del Portillo, et à Buenos-Ayres par les Pampas. 11 était de retour à Cadix en septembre 1794, rapportant environ 10,000 plantes, dont plus de 4,000 paraissaient nouvelles. L’herbier de Née, ses dessins et ses manuscrits appartiennent au jardin de Madrid.
MM. de Humbolclt et Bonplami. — Dans l'espace de cinq années (de 1799 à 1804 ) ces deux voyageurs célèbres ont parcouru des contrées dont une grande partie n’avait jamais été visitée par d’autres botanistes, et accompli une entreprise dont les résultats ont été des plus utiles aux sciences. Ils ont pénétré dans l’intérieur de l’Amérique méridionale depuis la côte de Caracas jusqu’aux frontières du Brésil ou du gouvernement du Grand-Para. Un grand nombre de plantes précieuses leur ont été offertes d’un côté par la chaîne calcaire de la Nouvelle-Andalousie, par les vallées de Cumanacoa, le Cocollar et les environs du couvent de Caripé, et de l’autre par les plaines immenses qui séparent des terrains cultivés des côtes les forêts épaisses de la Guyane, dans leur navigation pénible sur l’Orénoque, le Cassiquiare, le Rio-Negro, l’Amazone, etc. Us ont pénétré par les Andes de Quindiu, dans les provinces de Popayan et de Pasto, et visité dans ces régions les bords du Cauca et le haut plateau qui s’étend d’Almaguer jusqu’à la ville d’ibarra Une année de séjour dans le royaume de Quito leur a procuré les plantes qui se trouvent sur les cimes les plus élevées de notre globe. Au Pérou, ils ont été à l’est de la Cordillère des Andes jusqu’à la province de Jaen-de Bracamorros où, entre le Chinchipe et l’Amazone, Sa nature a étalé toutes ses richesses végétales pi).
MM. de Humboldt et Bonpiand, arrivés au Mexique dans le
(I) Préface des Plantes équinoxiales.
mois de mars 1805, y ont séjourné pendant un an. Revenus par la Havane, où déjà ils s’étaient rendus en 1800, et par les Etats-Unis, s’arrêtant deux mois à Philadelphie et à Washington, leur débarquement en France s’effectua au mois d’août 1804. lis en étaient partis en juin 17 99.
Le nombre des plantes équinoxiales recueillies par MM. de Humboldt et Bonpland dans les deux hémisphères montait au delà de 6,200 espèces.
M. James /I facrae. — Dans l’année 1824, la société d’horti-
culture de Londres profitant d’une occasion favorable qui se présentait de faire un voyage à la côte ouest de l’Amérique méridionale et aux îles Sandwich, y envoya un de ses collecteurs, M. James Macrae, jardinier intelligent. Il s’embarqua dans le mois de septembre, et revint en mars 1 826 ayant visité successivement Rio de Janeiro et Sainte-Catherine, au Brésil, plusieurs ports sur la côte du Chili et les îies Sandwich. À son retour il débarqua à l’île d’Albemarle, une des îles Galapagos, et se rendit ensuite à Santiago, où il observa la végétation de la Cordillère.
Docteur Scouler. — Le docteur Scouler a fait en 1824 et 1825 un voyage à l’île de Madère, au Brésil, à l’île de Juan- Fernandez et aux Galapagos. 11 était employé comme chirurgien à bord d’un bâtiment envoyé par la compagnie de la baie d’Hudson à la rivière Columbia. Parti de Gravesende le 2.5 juillet 1824, ayant pour compagnon de voyage M. Douglas, chargé par la société d’horticulture de Londres d’explorer la côte nord-ouest de l’Amérique septentrionale, le docteur Scouler arriva à Madère, où il fit plusieurs excursions avec M. Douglas. Ces deux botanistes visitent ensuite Rio de Janeiro, et se rendent, en passant le cap Horn, à l’île de Juan- Fernandez, et aux îles Galapagos, où ils arrivent dans le mois de janvier 1825, et qu’ils.quittent pour se diriger vers la côte nord-ouest,
M. A. (ïOrbigmj. — Les explorations faites par M. Alcide d’Orbigny en Amérique, dans le cours de huit années, offrent
un grand intérêt sous le rapport scientifique. Il partit de Brest en juin 1826 en qualité de naturaliste -voyageur, avec la mission d’explorer les États de Buenos-Ayres, du Chili et du Pérou, sous les divers points de vue de l’histoire naturelle et de ses applications. Arrivé à Rio de Janeiro au commencement du mois d'août, il ne put se rendre à Buenos-Ayres qu’en janvier S 827 ; il n’y reste que quelques jours, et s’embarque sur la rivière Parana pour gagner les frontières du Paraguay, il remonte cette immense rivière sur une étendue de plus de 550 lieues. Dans ce voyage, qui ne se prolonge pas moins d’une année, M. d’Orbigny parcourt successivement les provinces de Corrientes, des Missions, d’Entre-Rios et de Santa-Fé. Ne pouvant se rendre par terre au Chili et au Pérou à cause de la guerre civile, il se décide à partir pour la Patagonie, s’y rend par mer à la fin de 1828, et y séjourne huit mois. Revenu à Buenos-Ayres, il se dirige vers le Chili, et, dans l’impossibilité de gagner ce pays par le continent, il s’y rend en doublant le cap Horn. A peine arrivé au Chili, au commencement de 1850, la guerre civile, non moins animée qu’à Buenos-Ayres, lui fait prendre le parti de tenter un voyage dans la Bolivia (ancien Haut-Pérou); il débarque au port péruvien d’Arica, et observe d’abord le versant occidental des Andes et en gravit le sommet, visite l'immense lac de Titicaca, si fameux par les anciens temples du Soleil et de la Lune, ouvrage des Incas, dans les îles dont il est semé. 11 s’avance jusque dans les belles plaines boisées où se trouve la ville de Santa-Cruz de la Sierra, et arrive dans la province de Chiquitos, qu’il parcourt en tous sens jusqu’à la rivière du Paraguay et à la ville de Matto-Grosso du Brésil. Après une excursion dans la province de Moxos, il remonte le Rio Chaparé jusqu’au pied des derniers contre-forts des Andes; s'élève bientôt après, de ravin en ravin, jusqu’à Cochabamba, passant tour à tour d’une zone torride à une zone tempérée, et de cette dernière à celle des neiges. M. d’Orbigny revient à Moxos et à Santa-Cruz, et de là il passe à Chuquisaca, ca-
pitaie de Bolivia, distante de cette ville de i 50 lieues; il revient à la Paz après avoir visité Potosi, et de la Paz, enfin, repassant pour la dernière fois la Cordillère des Andes, après avoir exploré trois ans toutes les parties de la Bolivia, il se trouve sur la côte du Pérou, où il s’embarque le 25 juillet 1855 pour la France, en passant par les ports d’Aréquipa, de Lima et du Chili.
« Dans cette absence de huit années, » dit M. d’Orbignv, dans l’aperçu de son voyage, auquel nous avons emprunté les détails qui précèdent, « j’ai parcouru 14,780 lieues, y compris mes voyages par terre, sur les rivières et par mer, et j’ai vu l’Amérique snéridionaîe en sens divers, du I Ie au 45e degré de latitude australe. »
M. Otto. — En 1858 M* Édouard Otto, directeur du Jardin. Royal de botanique de Berlin, entreprend un voyage à Cuba et dans les deux Amériques, afin d’y recueillir des objets d'histoire naturelle, et particulièrement des plantes vivantes pour le jardin botanique, et des échantillons desséchés pour l’herbier royal. 11 se rend à Hambourg et s’embarque dans le mois d’oclobre, accompagné du docteur Pfeiffer, de Casse], qui allait faire un voyage scientifique à Cuba, et du docteur Gundlach, de Marbourg. Ils se rendent à la Itavanne, et font des excursions dans plusieurs parties de l’île de Cuba. En septembre 1859, M. Otto, resté seul, quitte la Havanne et s’embarque pour New-York. De cette ville, et avant de partir pour la Guayra, il fait un voyage à Philadelphie. Revenu à New-York, il part en novembre pour la Guayra, et se rend de là à Caracas ; il visite la petite ville d’Orituco, séjourne à Chacao, fait line ascension dans la Silla de Caracas, point le plus élevé de la Cordillère de Caracas, se rend à la vallée d’Aragua, à Maracay, Puerto-Cabello, etc. Le 50 août 1840 il quitte la Guayra et se dirige vers Cumana ; il fait des excursions botaniques dans les environs de cette ville, se rend à San-Antonio, à Caripé, à Barrancas sur l’Orénoque, visite les Missions, les bords de l’Orénoque, Angostura, chef-lieu de îa
province de Guayana, et s’embarque Se 4 mars 4 844 pour revenir en Europe.
M. de Castelnau. — M. le comte F. de Castelnau est parti dans les premiers mois de 4 845 pour un voyage d’exploration dans la portion centrale de l’Amérique du Sud. De Rio de Janeiro, l’expédition doit traverser toute l’Amérique méridionale, en suivant à peu près la ligne de partage entre les eaux qui se rendent au nord, et principalement dans l’Amazone, et celles qui coulent vers le sud, et se réunissent dans la Plata. Après avoir atteint Lima et exploré quelques contrées voisines, le retour aura lieu par un des affluents occidentaux de l’Amazone, par l’Amazone même, et enfin par la Guyane française. M. Weddel est attaché à l’expédition en qualité de botaniste.
M. de Castelnau était à Rio de Janeiro en juillet 4 845. H avait fait une excursion intéressante à Ténériffe, et une relâche au Sénégal,1 ret visité, à son passage sur la côte d’Afrique, le pays de Dakar, ou d’Àckar. Les dernières nouvelles de M. de Castelnau étaient datées de Goyaz le 22 mars 4 844. Partie de Rio de Janeiro, l’expédition avait traversé la Serra d’Estrella, une des branches de la chaîne des Orgues, puis, entrant dans la province des Mines, s’était dirigée sur Barbacena et Ouro-Preto. Ayant passé le Rio San-Francisco au port d’Abernard, elle était entrée par Santa-Anna dans la province de Goyaz, qu’elle avait traversée jusqu’à Villa-Boa.
AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE