‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 196 sur 257 · COLOMBIE · texte numérisé non relu

COLOMBIE

Pihl. — Un chirurgien suédois nommé Pihl a visité, il y a longtemps, Porto-Beîlo, dans la province de Panama, et recueilli là environ 50 espèces de plantes. Le professeur Bergius, auquel ces plantes furent remises, en trouva plusieurs nouvelles qu’il a nommées dans son herbier.

P. Loefling. — Le Suédois Pierre Loefling s’embarque à Cadix le 4 5 février 4 754 comme botaniste d’une expédition envoyée en Amérique par le roi d’Espagne. Il arrive à Cumana, capitale de la province de la Nouvelle-Andalousie, et qui maintenant fait partie de la république de Venezuela. Pendant les six mois qu’il résida à Cumana, il fit une excursion dans la Nouvelle-Barcelonne, aux missions de Piritu, vers la rivière Guayana, où il continua ses observations pendant deux ou trois mois ; il se rendit ensuite à la mission de Curoni. et retourna à Cumana. Au commencement de l’année

1 755, il voulut aller visiter la mission de Merercuri ou Murucuri. 11 y mourut en 4 756.

Mutis. — Don Joseph-Célestin Mutis s’embarque en 1760 avec le marquis de la Vega, nommé vice-roi du royaume de la Nouvelle Grenade, et arrive à Santa-Fé de Bogota. Ayant porté son attention vers les mines d’argent de la Montuosa et de Ve ta, dans les districts de Pamplona et Giron, il y résida quelques années, et trouva le moyen de s’occuper de l’histoire naturelle de ces districts. Quelque temps après, il résida près des mines de Sapo, au pied de la chaîne occidentale de montagnes du gouvernement de Mariquita, à peu de distance de la ville d’îbague. Environ vers 1778, Mutis fut chargé par le roi de diriger une expédition botanique entreprise dans le but de reconnaître les richesses végétales du royaume de la Nouvelle-Grenade. 11 choisit pour son aide don Éloi de Valenzueîa, créole très-intelligent, et, accompagné de quelques dessinateurs habiles, il se mit en route en 1785. Mais la santé de Valenzueîa s’étant altérée, celui-ci fut obligé de revenir seul à Santa-Fé. Mutis, privé de son aide, se trouvait alors dans la ville de Mariquita. Là, il consacra une partie de son temps à l’examen des différentes espèces de quinquina qui croissent dans la province. Le climat de Mariquita étant contraire à la santé de Mutis, il ne put continuer à recueillir des matériaux pour sa Flora Bogotcnsis , et il retourna à Santa-Fé.

Don Francisco Zea, son élève, natif de la province d’Antioquia, fut chargé, en 1791 ou 1792, de poursuivre l'œuvre commencée par Mutis, et de voyager en différents lieux pour recueillir des échantillons de plantes et des graines; mais quelques années après (en 1797), accusé d’une prétendue conspiration, Zea fut dirigé en Espagne, où il fut bientôt honorablement acquitté. Il obtint ensuite, par l’entremise de Mutis, la permission de quitter Madrid et de se rendre à Paris pour consulter les botanistes de cette ville sur la flore de Bogota Zea revint en Espagne dans l’année 1801.

M. Justin Goudoi. — En 1822, M. Justin Goudot partit pour l’Amérique avec plusieurs autres Français que le gouvernement de la Colombie appelait à Bogota pour y fonder différents établissements scientifiques ; il était attaché au muséum d’histoire naturelle de Paris, et spécialement chargé des collections zoologiques et botaniques.

M. Goudot était en 1825 sur les côtes de Venezuela, parcourant les bois des environs de Porto-Cabello, encore au pouvoir de l’Espagne ; cette môme année, il se dirigea sur Santa-Marta, d’où, remontant la Magdalena, il arriva à Bogota. En 1824, il traversa la Cordillère à î’est ; arrivé aux plaines du Meta, il parcourut les terres au sud, en traversant l’Ariari et le Guayabero, grands affluents du haut Orénoque, et explora la partie encore non visitée de ces plaines qui s’étendent jusqu’au pays insoumis des Andaquis.

En 1825, de Bogota, où il était revenu, M. Goudot se dirigea au nord sur les Cordillères, et visita la profonde vallée de la riche mine d’émeraudes de Muzo et ses environs ; il explora l’année suivante les montagnes au sud- ouest de la capitale, où se trouve situé le célèbre pont naturel d’Icononzo ou Pandi. En 1827, il traversa la vallée de la Magdalena, à

l’ouest de Bogota, afin d’observer la riche végétation dn Quindiu; à cette époque, M. Goudot cessait d’ôtre au service de la république de la Nouvelle-Grenade.

M. Goudot fut assez heureux pour pénétrer, en 1829, et après plusieurs tentatives, jusqu’au Pic majestueux, appelé Pyramide de Tolima . montagne couverte de neiges et de glaces, la plus élevée, au nord de l’équateur, de toute la Cordillère, el dont le nom est encore à peu près ignoré en Europe. Ces régions de difficile accès, entièrement inconnues aux indigènes avant que M. Goudot les y conduisît, et d’où, plus tard, ils retirèrent en abondance du soufre, ont été depuis lors, à différentes reprises, le point de ses recherches. En 1850, il traversa la Cordillère centrale, visita la fertile vallée du Cauca, se dirigeant à la partie nord. Deux ans après il revenait de

cette vallée, traversant la même Cordillère, mais plus au nord, dans la montagne d’Hervé. En 1 855, il explora la vallée de la Magdalena, au sud de Honda, jusqu’à sa partie supérieure.

Son retour pour l’Europe n’ayant pu avoir lieu à cette époque, M. Goudot fut obligé de se livrer à d’autres travaux, employant toujours le temps qu’ils lui laissaient à observer les richesses naturelles des contrées qu’il habitait. Ce n’est qu’en mai 1842 qu’il put entreprendre son départ pour l’Europe, en descendant la Magdalena, se dirigeant sur Santa-Marta, où il mit à profit son séjour en visitant les montagnes de l’intérieur. Les circonstances l’obligèrent aussi de passer à Carthagène, ce qui lui permit d’examiner la végétation entre ce point et Turbaco. La saison trop avancée ne lui permit de faire aucune recherche aux États-Unis ; il arrivait enfin au Havre dans le mois de décembre 1842.

MM. Biltberg et Dali-Lin . — Le docteur Billberg, parti de Stockholm à bord d’un bâtiment suédois qui se rendait à Carthagène, dans la Nouvelle-Grenade, recueille des plantes dans le cours de son voyage. 11 débarque d’abord à Arendaî, en Norvège, et ensuite à Belfast, en Irlande ; il herborise dans ces deux localités, et le 20 novembre 1825 il arrive à Carthagène ; il fait de fréquentes herborisations aux environs de cette ville, surtout sur la montagne la Popa et dans l’îïe Tierra-Bomba, et recueille environ 500 plantes. 11 se rend ensuite à Porto-Bello, et pendant quatorze jours qu’il emploie à des courses botaniques, il récolte 200 espèces.

i\L Dahlin, attaché à la même expédition comme chirurgien, a fait également un herbier de plantes de Carthagène et Porto-Bello.

MM. Jameson et Mali. — MM. William Jameson, professeur de chimie et d’histoire naturelle à l’université de Quito, et le colonel Hall, du même lieu, ont collecté plusieurs plantes nouvelles sur les parties les plus élevées de la Cordillère de la Colombie. Dans le mois de juillet 1851, accompagnés de

M. Boussingault, qui venait d’arriver à Quito pour examiner quelques points du pays, sous les rapports volcanique et minéralogique, ils font une excursion au sommet du volcan Pichincha, aux rochers de Quisca, situés près de la ferme de Sicsipamba, sur la chaîne orientale de la Cordillère. Le colonel Hall et M. Boussingault visitent ensuite le pic d’Antisana, le volcan de Cotopaxi, la vallée de Banos, le volcan de Tunguragua* Arrivés à Rio-Bamba, ils se rendent au Chimborazo, et explorent le sommet de cette haute montagne. En 1832, le colonel Hall fait un voyage à Pajta, sur la côte du Pérou.

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