ANTILLES
Hans Sloane. — Le chevalier Hans Sloane, attaché en qualité de médecin au duc d’Albemarle, qui venait d’être nommé gouverneur de la Jamaïque, s’embarque pour cette île le 12 septembre 1 687, et touche à Madère, à la Barbade, à Névis et à Saint-Christophe, dont il observe les productions naturelles. ü arrive à la Jamaïque le J 9 décembre, et resté bientôt sans fonctions par la mort du duc d’Albemarle survenue peu après son arrivée à la Jamaïque, Hans Sloane quitte les Antilles le J 6 mars J 688, rapportant environ 800 espèces de plantes sèches et des notes sur leurs qualités et leurs usages.
Charles Plumier. — Le père Plumier, religieux de l’ordre des minimes, fut chargé une première fois par le roi Louis XIV d’entreprendre un voyage aux îles Antilles pour y examiner les établissements français et faire la recherche de tout ce que la nature produit de plus rare et de plus curieux dans ces parages. Accompagné de M. Surian, botaniste de Marseille, très-versé dans la connaissance des plantes, le père Plumier partit en 1690 et se rendit à Saint-Domingue. M. Surian y forma un herbier assez considérable qui appartient
aujourd’hui, comme nous bavons vu précédemment, page 516, à M Adrien de Jussieu. Surian et le père Plumiez revinrent l’année suivante. Le père Plumier s’était acquitté si bien de sa commission, que dans la suite il fut envoyé deux fois aux frais du roi de France pour compléter l’histoire naturelle des Antilles. 11 partit d’abord en 1695, revint dans la même année, et s’embarqua une troisième fois en 4 695.
Pendant les années 1690 et 4 695 qu’il a employées à ses deux premiers voyages, le père Plumier a dessiné, autant que possible dans leur grandeur naturelle, et décrit près de 600 plantes différentes.
Poiippé Desportes. — En 4 752 Pouppé Desportes (Jean- Baptiste- Réné) est envoyé, comme médecin du roi, à Saint- Domingue et réside au Cap-Français. Il a publié le catalogue de toutes les plantes qu’il a découvertes dans cette île pendant son séjour de seize années. C’est la première liste qui ait été donnée de ces plantes, dans laquelle Desportes n’a fait entrer cependant que les espèces officinales.
P. Browne. — Le docteur Patrice Browne, médecin et naturaliste irlandais, réside pendant plusieurs années à la Jamaïque, ne perdant aucune occasion de rassembler les matériaux les plus authentiques pour l’histoire civile et naturelle de cette île qu’il a publiée en 1756. Browne a décrit environ 4,200 espèces de plantes croissant à la Jamaïque. 11 fit un second voyage aux Antilles, en 4 760, et resta principalement à Montserrat et Antigua. SI y forma, pendant son séjour, un herbier qu’il donna, àson retour (4 784 ),au docteur Ed. Bill.
Le baron de Jacquin. — Le baron Nicolas-Joseph de Jacquin, envoyé par l’empereur d’Autriche, partit de Vienne en 4 754, accompagné du jardinier Van der Schot, pour se rendre dans les Antilles et dans le continent de l’Amérique méridionale, afin d’enrichir le jardin royal de Schœnbrunn des productions végétales de ces contrées. Après avoir visité la Martinique, la Grenade, Saint-Vincent, Saint-Eustache, Saint- Ghristophc, Saint- Martin , Saint-Barthelemy , Aruba, la
Jamaïque, Cuba, Curaçao, il revint à Vienne dans le mois de juillet 1759.
NicoUon. — Le père Nicolson, religieux dominicain, séjourne pendant près de quatre années à Saint-Domingue. Il a donné, en !776, l’histoire naturelle de cette île.
O. Swartz. — Olaf Swartz quitte la Suède en 1785, passe une année dans l’Amérique septentrionale et se rend ensuite à la Jamaïque. Il va à Saint-Domingue et dans quelques autres îles des Antilles. En 1786 il revient à Kingston dans la Jamaïque, s’embarque pour l’Angleterre, reste quelque temps à Londres et retourne en Suède en 1789.
De Rohv. — J. -P. -B. de Rohr, directeur et inspecteur de l’agriculture dans l’île de Sainte -Croix , employa les années 1784 et 1785 à parcourir plusieurs points importants de l’Amérique, tels que la Jamaïque, la Martinique, les environs de Surinam, de Carthagène, l'île de Cayenne, celles de Sainte- Marthe, de Sainte-Croix, etc. 11 avait été chargé par Christian Yïï, roi de Danemark, de voyager en différentes parties de l’Amérique pour y faire des recherches relatives à l’amélioration de la culture du coton dans les colonies danoises. II recueillit avec soin toutes les plantes qu’il rencontra dans ses différents voyages, et en fit passer un grand nombre à Vahl.
DeTussac .• — M. de Tussac a séjourné pendant près de seize années dans les Antilles, et particulièrement à Saint- Domingue. Il est resté dix mois à la Jamaïque, où il a rencontré un grand nombre de plantes qui avaient échappé à Patrice Browne.
M. Turpin. — P. -J. -F. Turpin, connu par ses travaux si remarquables d’iconographie végétale, parti en J 794 avec l’expédition de Brest, arrive à Saint-Domingue en même temps que M. Poiteau, qui avait suivi l’expédition organisée à Bochefort. Ces deux botanistes herborisent ensemble aux environs de Cap-Français. M. Turpin revient en France avec le bataillon du Calvados dans lequel il était incorporé. Quelque temps après il demande à retourner à Saint-Domingue ; il
prit part au siège de Jaemel et parvint ensuite à se faire réclamer comme dessinateur par M. Sorel, ingénieur en chef au Port-au-Prince. Après un séjour de quelques mois dans cette ville, M Turpin revint au Cap-Français où il retrouva M. Poiteau, qui le mit en relation avec M. Stevens, consul des Etats-Unis. C’est aux frais de ce dernier que MM. Turpin et Poiteau s’installèrent dans l’île de la Tortue, où ils espéraient trouver des plantes plus intéressantes ou plus rares qu’aux environs du Cap. Ils restèrent près d’un an dans cette petite île et revinrent ensuite au Cap avec une assez riche collection de plantes et de dessins. M. Poiteau ayant quitté Saint-Domingue pour se rendre aux États-Unis, M. Turpin resta au Cap et continua de se livrer à l’étude des plantes* mais la position de la colonie devenant de plus en plus critique, il s’embarque pour les États-Unis, arrive à New-York et se rend de là à Philadelphie. M. Alexandre de Humboldt aborda à cette époque à Philadelphie en revenant de son voyage de l’Amérique méridionale, et M. Turpin s’embarqua avec lui pour revenir en France, à la fin de 1 802.
Ledru et Riedlê. — Dans le mois de juin 1796, le capitaine Baudin, à la suite d’une expédition qu’il avait entreprise de 1795 à 1795, et dans laquelle il avait visité la Chine, les îles de la Sonde, la presqu’île de l’Inde, le cap de Bonne- Espérance, etc., s’était vu, à son retour, forcé par une tempête de relâcher en Amérique à l’île espagnole de la Trinité. Il y avait déposé les restes d’une collection d’histoire naturelle sauvés du naufrage, et les offrit, à son retour, au gouvernement français qui les accepta. Le capitaine Baudin partit le 50 septembre 4796 pour aller chercher lui-même ces collections, accompagné de quatre naturalistes désignés par le Muséum d’histoire naturelle de Paris, savoir MM. Maugé et Lcvillain pour la zoologie, et pour la botanique MM. Ledru et Kiecllé, ce dernier jardinier du Muséum. Une tempête jeta l’expédition sur les îles Canaries. Après une relâche de quatre
1797 pour se rendre à la Trinité. Arrivé à cette île, le capitaine Baudin ne put obtenir la permission d’enlever les objets d’histoire naturelle qu’il avait, en 1795, confiés à plusieurs Français qui y résidaient. Ne voulant pas revenir en Europe sans avoir justifié la confiance du gouvernement, le capitaine Baudin se détermina à relâcher successivement aux îles danoises de Saint-Thomas et Sainte-Croix et à Porto-Rico. Il appareilla de cette dernière île le 45 avril 4 798 et entrait le 7 juin dans le port de Fécainp.
Les naturalistes employés à cette expédition rapportèrent un grand nombre d’objets d’histoire naturelle recueillis tant à Ténériffe qu’à la Trinité, Sainte-Croix et Porto-Rico. On y comptait particulièrement 200 échantillons de bois, environ 400 espèces de graines et 8,000 plantes desséchées en herbiers, formant 900 espèces.
j Euphrasèn. — Euphrasen, Suédois qui publia la description de Saint-Barthelemy, ainsi que des îles Saint-Eustache et Saint-Christophe (Stockholm 1798), décrivit 107 espèces de plantes.
L’Herminier. — L’Herminier (Félix-Louis), longtemps pharmacien à la Guadeloupe où il s’était rendu en 1798, a fait dans ce pays des excursions botaniques, minéralogiques et zoologiques. En 4 815 il se rend dans l’île de Saint-Barthelemy, une des petites Antilles, et visite successivement Antigoa, Saba, Saint-Thomas, Saint-Eustache, etc. Il fait un voyage aux États-Unis et se rend à Charleston dans la Caroline du Sud.
M. Simmoncls. — Thomas-William Simmonds, botaniste et naturaliste ardent, accompagna lord Seaforth à la Barbade vers l’année 4 804, et mourut bientôt après, alors qu’il était occupé à explorer l’île de la Trinité.
M. Ritier. — M. Charles Ritter, attaché aux jardins delà cour de Vienne, part en 4 819 et se rend à Saint-Domingue chargé de recueillir pour les collections impériales des plantes vivantes et des objets d’histoire naturelle. Il s’embarque pour
i’Europe le Ier mars \ 821, rapportant avec quelques plantes sèches une collection importante de bois, de végétaux vivants et de graines.
A. Plée. — Plée (Auguste), voyageur naturaliste du Muséum d’histoire naturelle de Paris, partit pour Saint-Thomas et pour les États-Unis en \ 820, à l’époque où l’on venait d’établir les élèves-voyageurs du Muséum. Il visita la Martinique, Porto-Rico, Sainte -Lucie dans les Antilles, Maracaybo dans la Colombie, etc., et mourut à la Martinique au moment où, après sept années de voyage, il se disposait à revenir en France.
Voyageurs divers. — M. Parker (C.-S.), après avoir visité une partie de la Guyane hollandaise et quelques-unes des Antilles et fait plusieurs collections de plantes, eut le malheur de les perdre en 1824 dans le naufrage du bâtiment qui les rapportait. Il n’a pu sauver que quelques herbiers récoltés à la Barbade, à la Trinité et à Saint-Vincent.— -Le baron de Schack, mort en 1824 à la Guayra (Amérique méridionale) , a longtemps résidé dans l’île de la Trinité, d’où il a envoyé des plantes aux jardins botaniques de Glasgow et de Liverpool. — Le docteur James Macfadyen, appelé, il y a quelques années, à la direction du jardin botanique du gouvernement, qu’on avait voulu établir à la Jamaïque, a collecté pour la flore de cette île de nombreux matériaux qu’un séjour de plus de douze années lui a permis de compléter. — M. J. -G. Breutel a fait (de décembre 1840 à juin 1841 ) un voyage botanique aux îles de Saint-Thomas, Sainte-Croix, Saint- Jean, Saint-Christophe et Antigua.