ILES CANARIES
H. Webb.
Embarqué à bord du paquebot anglais qui va au Brésil, touchant à Ténériffe, M. Webb débarque le 5 septembre sur les rochers noirs du Puerto de la Orotava (île de Ténériffe). La saison était déjà avancée, et ne croyant pas rester longtemps aux îles Canaries, il gravit aussitôt le célèbre pic de Teyde ; il se rend ensuite dans les villes de Laguna et de Sainte-Croix (Santa-Cruz). C’est à cette époque qu’il s’adjoignit M. Berthelot, qui résidait à Sainte-Croix et qui, pendant huit ans, avait habité Ténériffe. M. Berthelot devait seconder M. Webb dans ses recherches d’histoire naturelle. Le 2 S mai 1829, après avoir mis en ordre les collections de plantes, d’insectes, de mollusques, d’oiseaux et de roches rassemblées dans les courses nombreuses qu’il avait faites depuis son arrivée à Ténériffe, M. Webb s’embarque pour l’île de Lancerote; il n’y arrive qu’après quatre jours de navigation, ayant été forcé de louvoyer constamment à cause des vents alizés. 11 parcourt encore le pays dans toutes les directions, et le 15 juillet il se rend dans l’île de Fortaventura, où il ne reste pas plus de quinze jours ; tout y avait été brûlé par la chaleur. Le 1er août, il s’embarque pour la Grande-Canarie et y continue ses explorations actives jusqu’à la fin de décembre; alors, chargé de toutes ses récoltes des îles orientales, il s’embarque pour Sainte-Croix de T énériffe, mettant deux jours et deux nuits pour accomplir ce petit trajet. Il passe plus de deux mois à Sainte-Croix, occupé à mettre en ordre ses col-
lections qui ne remplissaient pas moins de 52 caisses, et se disposa à visiter Palma, Cornera et l’île de Fer. Il se rendit en effet à la première de ces îles, où il fit quelques récoltes botaniques, mais il fut obligé de renoncer à visiter Cornera et l île de Fer, à cause d’une fièvre épidémique qui s’était déclarée à Gomera, ce qui aurait entraîné à son retour une quarantaine qu’il voulait éviter. Deux années bien remplies s’étaient écoulées depuis l’arrivée de M. Webb aux îles Canaries ; le 1 o août il se met en route pour Gibraltar et débarque à Àlboran. Arrivé à Cran, il y passe dix jours, visite Alger et s’arrête enfin à Villefranche, près de Nice.
il. Deipi’éaux.
Les plantes de M. le docteur J. -M. Despréaux, qui, dans l’herbier de M. Delessert, ont été jointes à celles de M. Webb, complètent , ou à peu près , la flore des îles Canaries. M. Despréaux a parcouru ces îles et la côte d’Afrique pendant six ans. Il a séjourné longtemps dans la Grande-Canarie, et fait quelques relâches sur d’autres points de l’archipel. En 1855, il avait parcouru les îles de Ténériffe, Fortaventura, Lancerote, l’île de Fer et Cornera. Il était à la Havane en 1841, d’où il se rendit au Mexique. En novembre 1842, il se trouvait dans la plaine deToluca, au sommet des Andes de Mexico. 11 y était arrivé après avoir séjourné quelque temps à Vera-Cruz. Il avait récolté de belles plantes à Mexico et devait commencer ses explorations dans les montagnes, mais il est mort avant d’avoir fait aucun envoi en France.