MADAGASCAR
If. Gondot
L’herbier possède des collections importantes, envoyées par M, Goudot, qui réside à Madagascar, et dont le premier voyage dans ce pays remonte à l’année 1829. Ce sont des plantes recueillies par lui à Tamatave, ancien établissement français sur la côte orientale de cette île, et chez les Ambanivoules, dans la chaîne des hautes montagnes qui s’étendent du nord au sud de l’île, à 20 ou 25 lieues de Tamatave. Il a herborisé, en 1852, dans les environs de la petite rivière de Manaarez, qui prend sa source dans les montagnes des Ambanivoules, ainsi que sur les bords et dans les épaisses forêts qui suivent le cours d'Yvondrou, rivière qui sépare le territoire des Bétanimènes de celui des AmbanivouSes En juillet 1855, il recueillait quelques plantes dans une baie que le capitaine Owen, dans son dernier voyage, regarde comme une des plus belles du monde, celle de Diego Suarez, sur la côte nord-est
• de Madagascar. C’est dans cette localité que M. Goudot a trouvé une plante peu connue, figurée dans le tome 5 des icônes selectœ de M. Benjamin Delessert, Y Ouvirandra feues tralls, remarquable par la configuration singulière de ses feuilles qui, dénuées de parenchyme, laissent à découvert un réseau d’une grande régularité, imitant les mailles d’une dentelle. Cette plante croît dans l’eau, et ses feuilles à jour, portées par de longs pétioles, flottent à sa surface. Ses racines sont, dit-on, bonnes à manger.
Le dernier envoi de M. Goudot. reçu en i 842, se composait déplantés de Tannanarivou, capitale de la province d’Émirne.
MM. Bernier et Pervillé.
M. Bernier a envoyé en 1855 des plantes qu’il a récoltées dans les pays au nord de Madagascar.
M. Pervillé (Auguste), ancien jardinier attaché au Muséum d’histoire naturelle de Paris, et actuellement fixé à Bourbon, s’est mis en route vers 1857 dans le but de visiter et les îles Seychelles et les parties nord et nord-ouest de Madagascar, et principalement l’île de Nos-Béh, dans le canal de Mozambique. Il a fait parvenir des plantes de son voyage au Muséum, qui a bien voulu en détacher une petite collection pour l’herbier de M. Delessert.
Ferdinand Noronlia.
Les plantes de l’île de Madagascar dont nous venons d’indiquer les diverses origines sont venues s’ajouter aux plantes, fort rares d’ailleurs dans les collections et en petit nombre, provenant du docteur Noronha, et qui, depuis longtemps, font partie des herbiers de M. Delessert.
Ledocteur Ferdinand Noronha était un naturaliste espagnol qui entreprit un voyage botanique à Manille, où il recueillit un grand nombre de plantes. De là il se rendit à Java, et
obtint du gouverneur général Alting la permission de visiter • l’intérieur de l’île. C’est pour reconnaître ce service et en témoignage de sa gratitude, que le docteur Noronha dédia un genre de plante au gouverneur Alting sous le nom d'Altingia excelsa , nom qui malheureusement n’a pu être conservé, la plante qu’il désignait ayant été reconnue, depuis, appartenir au genre Liquidambar , de Linné. Cette plante est un grand arbre qu’on rencontre dans Ses forêts à l’ouest de Java et qui fournit le suc résineux, connu sous le nom de Rosa-Malla .
Désirant revenir dans sa patrie et publier le résultat de ses recherches botaniques, Noronha s’embarqua pour l’île de France, où il arriva, mais il y mourut bientôt après, en 1787, des suites d une maladie qu’il avait contractée à Madagascar.
11 s’est occupé des plantes de cette dernière île et a herborisé* particulièrement à Foulpoint, village et chef-lieu du pays des Bestimmessaras, autrefois principal etablissement des Français dans l’île.
Le docteur Noronha avait légué ses dessins et ses manuscrits à M. Charpentier Cossigny, qui les remit à l’Académie des sciences. Ils furent confiés, pour les publier, à M. de la Billardière, que ses voyages et ses travaux empêchèrent de se charger de ce soin.
Toutes nombreuses qu’elles soient en échantillons de plantes, les diverses collections que nous venons de mentionner ne représentent sans doute pas encore la flore complète de Madagascar, de ce pays que Commerson annonçait comme la terre de promission pour les naturalistes, et si riche, ajoutait il, que Linné y trouverait de quoi faire dix éditions de son Système de la nature .
ILE GALÉGA.
M. Auguste Leduc.
Galéga, située au nord est de Madagascar et au sud-est des Seychelles, a été étudiée, quant à sa flore, par M. Auguste
Leduc. Pendant un séjour de plus de douze années dans cette île, M. Leduc a pu l’observer complètement ; il a présenté à M. Delessert, en 1859, une collection des plantes qu’il y a recueillies et préparées lui-même.