ÉTATS-UNIS MEXICAINS
La flore des États-Unis mexicains ou des départements qui composent aujourd’hui la république mexicaine a été étudiée avec soin par plusieurs botanistes intelligents, et la collection de M. Delessert renferme plusieurs herbiers récents des États mexicains et surtout de ceux de Mexico, d’Oaxaca, de Vera- Cruz, de Chiapa, etc. MM. Berlandier, Hartweg, Galeotti, Ghiesbreght, le baron de Karwinsky, Andrieux, ont amplement moissonné dans le champ de cette végétation riche et brillante ; mais avant d'arriver à ces divers voyageurs, nous ferons mention de trois botanistes mexicains dont les plantes, autrefois la propriété de M. Lambert, de Londres, font aujourd’hui partie de l’herbier général de M. Delessert.
Moeiiio, Sesse et Cervantes.
Joseph Mariano Mocino, Martin Sesse et don Vincent Cervantes ont recueilli les plantes que nous voulons indiquer ici, pendant la durée de l’expédition botanique envoyée par le roi d’Espagne Charles IV pour faire des découvertes au Mexique. Sous la direction du professeur Sesse, l’expédition a parcouru pendant huit années, de 1795 à 1804, un espace d’environ 1 ,000 lieues, c’est-à-dire depuis le cap d’Arena, sur la côte méridionale de Nicaragua, jusqu’à l’embouchure du Rio-Vliaqui, dans le golfe de Californie. Comme, au lieu de suivre la ligne droite nord-sud, les savants qui composaient l’expédition ont fait plusieurs détours est-ouest pour visiter le Mexique, le Guatemala et plusieurs provinces intérieures de ces deux royaumes, on peut compter que leur voyage dans cette partie a été de plus de 5,000 lieues. Ils ont poussé leurs excursions jusqu’à l’entrée du Prince-Guillaume, la baie de
Bucarelli, l’ÎIe de la Reine-Charlotte, Noutka, le détroit de Juan-de-Fuca et la presqu’île de Californie, dans l’Océan Pacifique, enfin aux îles de Cuba et de Porto-Rico dans l’Atlantique.
Les plantes de ce voyage n'ont guère été publiées, et encore en très petit nombre, que par M.De Candolle dans son Prodromns, et à l’aide des dessins apportés en France par Mocino, que la tempête politique avait exilé de son pays et forcé de se réfugier à Montpellier. Il avait laissé entre les mains de M De Candolle cette collection qui ne comportait pas moins de 500 dessins originaux faits au Mexique d’après nature, par Echaveria, célèbre peintre mexicain; mais le travail deM. De Candolle était loin d’être achevé, que déjà Mocino, au moment de rentrer dans sa patrie devenue plus calme, reprenait ses dessins qu’il devait remporter. Quel regret pour M. De Candolle de voir s’échapper de ses mains tant de matériaux précieux, désormais peut être perdus pour la science! « A cette nouvelle, dit M. Flourens dans son éloge de M. De Candolle, à cette nouvelle Genève s’émut. M. De Candolle songeait à peine à faire copier quelques espèces parmi les plus rares. On résolut de lui copier la flore entière : plus de cent dames prirent part à ce travail ; en dix jours la flore du Mexique fut copiée. » Ces dessins, au reste, n’ont pas été publiés jusqu’à présent, on ignore même ce qu’ils sont devenus.
Mocino est mort à Barcelone en 4 84 9.
Don Vincent Cervantes, ancien professeur de botanique du jardin royal de Mexico, fut le premier qui enseigna publiquement la botanique en Amérique avec un grand succès» 11 est mort à Mexico en juillet 4 829. Il était directeur du muséum de cette ville et membre de plusieurs sociétés savantes d’Europe. 11 s’est livré à de pénibles recherches pour compléter la flore mexicaine, et il a entretenu des correspondances avec plusieurs sociétés botaniques d’Europe, notamment avec celle de Londres.