JAMAÏQUE
M. lewarcS.»
M. Robert Heward, qui a résidé à la Jamaïque pendant les années J 825-4826, et y a récolté plus de quatre-vingts espèces de fougères qu’il a décrites, en 1858, dans le Magazine of nalural history , a bien voulu envoyer, en 1845, quelquesunes de ces plantes à M. Delessert,
MM. Wîlesu Brown* I®©iifliieii , docteur Dance r.
Plusieurs petites collections, provenant de M. Lambert, de Londres, ont fourni des plantes de la Jamaïque et d’autres fies des Antilles, récoltées par Wiles, collecteur à la Jamaïque; Brown, chirurgien à la môme lie; par Ponthieu, qui a herborisé pendant plusieurs années dans les Antilles, et qui est cité souvent dans la Flora Indiœ-Occiclentalis de Swartz, par te docteur Dancer, de la Jamaïque, etc.
SAINT-DOMINGUE, il. Poileau.
En 179L le gouvernement français avait décidé d’envoyer des troupes et une flotte à Saint-Domingue pour y rétablir l’ordre. André Thouin, alors membre du comité d’instruction publique, demanda et obtint en faveur de M. Poiteau (1)
(I) M. Poiteau offre un exemple frappant de ce que peut produire un grand désir d’instruction réuni à beaucoup d’intelligence. Il entra au Jardin des Plantes de Paris en 1788 en qualité de jardinier. Son éduca- • iion avait été celle d’un villageois. Lorsqu’il eut dans les mains pour la première fois une grammaire française, il resta fort étonné de ne savoir rien, lui à qui le maître d’école de son village avait dit: « Mon garçon,
une commission de botaniste pour cette île ; mais cette commission ne lui parvint pas ; seulement, l’agent maritime de Rochefort reçut, du ministre de la marine, l’ordre d’embarquer M. Poiteau. Le 12 germinal an iv, l’escadre mit à la voile, et un mois après elle mouillait dans la rade du Cap- Français. ÎN’étant pas porteur d’une commission pour Saint- Domingue, M. Poiteau fut considéré comme suspect et emprisonné; mais il fut bientôt mis en liberté. 11 ne lui fut pas permis, cependant, de se livrer à la botanique comme il l’avait espéré; un des commissaires du gouvernement s’y était opposé en disant : « S’il portait de la poudre et des boulets, à la bonne heure. » Ayant obtenu une place de commis dans fadministration de la marine, il consacra à la botanique tous les moments dont il pouvait disposer; il devint ensuite dessinateur à la direction des fortifications, et ce nouvel emploi lui permit de donner plus de temps aux herborisations. Enfin un grand amateur, M. Edward Stevens, consul américain, qui arriva dans la colonie, donna à M. Poiteau les moyens de se livrer entièrement à la botanique, pendant plus d’une année. 11 récoltait des plantes pour lui-même, et formait des herbiers pour M. Stevens. En \ 801 , le consul américain fit partir sur un bâtiment de sa nation, et pour Philadelphie, M. Poiteau, qui emporta toutes ses collections, et qui, de là, revint en Pi ance. Il débarqua à Bordeaux en mars 4 802.
M. Poiteau a parcouru les différents quartiers du nord de Saint-Domingue, et plus particulièrement l’île de la Tortue, où il est resté près d’une année, occupé à des herborisations.
Ses collections renfermaient \ ,500 espèces de plantes sèches
va-fen, je ne puis plus rien t’apprendre. » Nommé chef de l’école de botanique à la place du jardinier Lahaie, qui partait avec d’Entrecasteaux à la recherche de la Pérouse, cette distinction que M Poiteau n’osait espérer
combla tous ses vœux et fixa sa destinée : il se mit à étudier les langues française, latine et grecque, conjuguant des vérités et déclinant des noms tout en portant ses arrosoirs et labourant la terre. Il reçut en même temps des leçons de dessin du célèbre peintre Van-Spaendonck,
en 6 à 7,000 échantillons, 1 ,200 descriptions de ces mêmes plantes, 700 espèces de graines et de fruits, 600 dessins et un volume d’observations manuscrites.
Les plantes de Saint-Domingue, recueillies par M. Poiteau, sont entrées dans Pherbierde M. Delessert en 1805.