CLASSIFICATIONS
Notre but n'étant pas, dans ce travail, de combattre les arguments en fàyeur de telle ou telle doctrine, puisque nous ne voulons que présenter les caractères anatomiques et les modifications de texture de nos organes par le principe morbiûque généralement admis dans tous les symptômes de la syphilis, nous croyons utile d'exposer succinctement les différentes manières d'envisager, de classer et de reconnaître les maladies rangées dans cette branche importante de l'art de guérir. En ne citant pas toutes les opinions émises Jusqu'à ce jour et rapportées dans plusieurs ouvrages mo dernes et anciens, nous n'avons pas voulu pour cela accorder la priorité des idées aux traités dont nous exposons les doctrines principales. Nous prenons au hasard ; que l'on parcoure les autres ouvrages et l'on se convaincra facilement que toutes les divergences entre les auteurs ne sont pas aussi grandes et aussi fondées qu'on pourrait le supposer dès le prime abord.
Jeune encore dans la carrière médicale, nous préférons nous abstenir, espérant qu'avant peu toutes les grandes divisions disparaîtront, et qu'à Taide de nouveaux faits bien observés et surtout envisagés en dehors d'idées préconçues, on découvrira la vérité sur toutes les questions encore en litige. Notre innovation démontre les caractères distinctifs et tous les symptômes des différentes périodes de la syphilis, et nous osons espérer qu'elle sera d'un grand secours pour un observateur judicieux, qui pourra toujours comparer et rattacher ce qu'il voit à nos types pris sur nature.
43 UaUÙTBtQVK DE MÊDECIXE
bans son traité des maladies vénériennes, Fauteur n'admet pas que la contagion provient d'un virus particulier; il attribue tous les désordres que l'on désigne généralement sous le nom de syphilitiques, à une irritation spéciale.
Nous croyons utile d^exposer brièvement les idées de M. Desruelles, puisque sa doctrine reconnaît pour base les lois posées par l'illustre auteur de la médecine physiologique.
M. Desruelles divise les maladies vénériennes en trois grandes catégories, primitives^ secondaires et consécutives,
f Les maladies vénériennes primitives sont celles qui résultent d'une contagion récente et immédiate.
2* Les maladies vénériennes secondaires sont odles qui, provenant d'une contagion récente et immédiate, n'arrivent qu'après la manifestation des lésions primitives ou pendant leur durée, ou enfin peu de temps après leur cessation.
3^* Les maladies vénériennes consécutives sont celles qui résultent des contagions éloignées.
Siège. Toutes les maladies vénériennes sont primitivement locales.
Nature. Les maladies vénériennes sont produites par l'irritation. L'irritation n'est pas spéciale.
Formes et caractères. Les maladies vénériennes se présentent sous quatre formes principales : érythémateuse, ulcéreuse, phlegmoneuse, végétative. La forme érythémateuse est l'origine des trois autres.
Contagion. Il faut certaine disposition organique. Les formes des maladies primitives et secondaires proviennent du mode d'introduction de la matière contagieuse.
0) Detrueiles. Traité pratique des maladies vénériennes, in-8o Paris,
BT DB CHIRURGIB PRATIQUES. 43
MALADIBS YÉRteUiniBS PRIMITITBS BT 8BCOHDAIRB8 CHEZ
l'homme.
Maladies à forme érythémateuse : urétrite aigu6> — balaDite, — posthite.
Première variété. Urétrite de la portion balaniqae.
Deuxième variété, Urétrite de la portion droite.
Troisième variété. Urétrite de la portion bulbeuse.
Quatrième variété. Urétrite de la portion membraneuse, rétrite chronique.
Maladies qui succèdent à Turétrite négligée ou mal traitée : rétrécissement du canal de Furètre.
Maladies qui se manifestent pendant le cours de Turétrite : otite, — oorysa, — ophthalmie, — stomatite, — cystite.
Maladies vénériennes à forme érythémateuse chez la fenmie : TOhrite, — urétrite, — vaginite.
Maladies vénériennes primitives à forme ulcéreuse : ulcères.
Différentes espèces d'ulcères : ulcères ordinaires au pénis, — ulcères sans bords, — ulcérations, — excoriations.
Ulcères du derme cannelés, — pustuleux, — à la peau de la verge.
Ulcères creux à bords plus ou moins épais, — à bords saillants, à fond excavé, —-à base dure.
Ulcères phagédéniques, — complication des ulcères avec la posthite» Turétrite, la phlébite, les irritations viscérales.
Ulcères aux parties génitales chez la femme : les grandes et les petites lèvres, — le clitoris, — la fourchette, — les alentours du canal de Turètre, — rentrée du vagin et le col de l'utérus*
Ulcères vénériens primitifs sur différentes parties du corps : aux lèvres, — à la bouche, — à la langue, — au nombril, — et à l'anus.
Maladies vénériennes à forme phlegmoneuse : adénite, — adénites inguinales, — sous-aponévrotiques, — épididymite, — orchite aiguô, -^ orchite chronique.
Maladies vénériennes secondaires à forme végétative, consécutives à une irritation érythémateuse : pustules muqueuses.