EXPOSITION D'UNE BIBLIOTHEQUE
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MtOECINE ET DE CHIRURGIE PRATIÛUBS
Awtt Icf altëratîoiis morbidef en reUef.
L'ouvrage que nous annonçons aujourd'hui n'est point un traité de médecine et de chirurgie pratiques, mais plutôt un perfectionnement à notre Musée d'Anatomie pathologique , et une amélio • ration dont nous venons soumettre le résultat à tous les membres du corps médical. Le plan de bibliothèque que nous proposons est le fruit de quatre années de recherches et de travail , et nous serons heureux si nous pouvons , comme par le passé, obtenir l'assentiment des médecins distingués qui ont bien voulu encourager nos premiers travaux.
Lorsqu'on 1839 nous publiâmes notre Analomie pathologique [i)^ elle était accompagnée de modèles en relief. Ces modèles, exécutés par un nouveau procédé (2) qui reproduisait la nature, devaient remplacer avec avantage les tableaux et les dessins qui laissaient
(1) Voyez mon Anatomie pathologique avec modèles en relief, Paris,
(S) Ce procédé, composé d'une matière inaltérable et d'une peinture indélébile, reproduit a vecla plus grande exactitude les lésions telles qu'elles souffrent aux yeux. (Voir à ce sujet le Bapport de V Académie royale des Sciences du 13 juillet ISiO, et celui de V Académie royale de Médecine du Si octobre 1839.)
toujours le praticien dans Tincertitude, car il ne pouvait jamais bien apprécier le mal devant une image froide et inanimée. En faisant connaître notre invention, nous espérions que les médecins, jaloux de contribuer à tous les perfectionnements de la science, nous prêteraient leur appui. Notre attente n'a point été trompée. Les Sociétés savantes , frappées de l'utilité de cette innovation pour l'étude des lésions organiques , ont été d'un avis unanime , et elles ont adopté cet ouvrage pour l'enseignement et la pratique de la médecine. En outre , les Facultés de médecine ont manifesté le désir que cette nouvelle reproduction pût être appliquée à la représentation des principales affections utiles à connaître dans la pratique médicale, afin que les médecins eussent constamment sous les yeux des signes certains de diagnostic, seul moyen d'arriver à une bonne thérapeutique.
C'est cette tàcbe, imposée par nos savants et habiles professeurs, que nous nous sommes efforcé de remplir. Les peines « les sacrifices, les nombreuses difficultés ne nous ont point arrêté , et nous croyons avoir mis enfin les praticiens éloignés des hôpitaux dans la possibilité de se représenter souvent les caractères anatomiques des grandes classes de maladies.
En publiant notre premier ouvrage , nous avions nous-même senti l'inconvénient qu'il y aurait à représenter les altérations organiques sur des fonds unis et nous avions cru y remédier en les mettant dans des cadres faisant saillie , qui permettaient de placer les pièces les unes sur les autres sans les endommager. Cependant, nous devons avouer que notre travail avait été envisagé plutôt sous le point de vue de renseignement que sous celui de la pratique. Depuis, il nous a été facile de nous convaincre que nous n'avions pas entièrement atteint notre but; qu'il faudrait un vaste emplacement pour contenir cette collection, et que le maniement des pièces deviendrait de plus en plus difficile. De là est venue la pensée de transformer notre Musée en Bibliothèque.
Les reproductions anatomo-pathologiques ne sontplusencadrées, elles sont renfermées dans des volumes in-4<>. Toutes les altérations morbides du corps humain, pouvant être journellement d'un grand secours pour l'investigation des faits qui se rencontrent dans la clinique médicale, seront ainsi réunies et formeront une véritable BMiothèque de Médecine et de Chirurçie pratiques.
ET DE CBIKOECIfi PRATIQUES. 3
Ct simple perfectionnement facilitera Hntroduction de cette importante création, non-senlement dans les Facultés et les Ecoles seeondaires, mais encore dans les Bibliothèques publiques. Dé cette manière, les étudiants en médecine et les praticiens pourront toujours coDSUlter de nombreux faits de pathologie interne et externe, dont les vrais caractères ne peuvent être saisis que par une obseryation continuelle.
Chaque volume de notre Bibliothèque, avec les altérations morbides en relief, représente les types, les variétés et tontes les phases d'une maladie. En outre, ses différents états sont indiqués par des numéros correspondants à ceux des descriptions qui accompagnent chaque pièce. En réunissant tinsi les diverses périodes d'une maladie, nous avons voulu rappeler aussitôt à l'esprît les observations décrites séparément dans plusieurs traités et abréger, pour les praticiens, la perte d'un temps qui leur est si plirécieux. C'est dans ce dessein qu'une partie de cette collection est particidièrement destinée aux médecins et aux chirurgiens.
Dans notre Bihliolhêquê de Médecine et de Chirurgie pratiques , nous nous attacherons principalement à représenter les maladies dont la nature et l'investigation se rattachent presque toujours aux altérations organiques, puisque c*est surtout d'après leur aspect extérieur que1e médecin observateur arrive à un diagnostic cer^ tain, à un traitement rationnel et à une guérison rapide.
Si nous avons voulu restreindre dans un volume chaque grande série de maladies avec leurs caractères distinctifs, nous avons aussi jugé de la plus haute importance pour la science et l'humanité de traiter par ce nouveau procédé plusieurs branches spéciales d'une manière très-étendue.
Nous traiterons successivement les maladies de la peau. Us maladies syphilitiques dans les deux sexes ^ les maladies du col de tutérus^ les maladies des yeux, et plusieurs parties de pathologie interne et externe utiles aux praticiens.
A l'aide de cette division , les médecins pourront trouver réunies, dans quelques volumes, les principales affections, et en cela nous croyons rendre service aux hommes qui se sont attachés à l'exercice d'une seule branche de Fart do guérir. Â côté de Taltération , ils auront un abrégé des écrits et des travaux de leurs prédécesseurs sur la même matière.
k BIBLIOTHÈQUE DE MÉDECINE
Les bibliothèques publiques des villes de province pourront g'euricbir de ces grandes classes de maladie, afin que les médecins éloignés des hôpitaux où ces affections sont souvent observées, soient à portée de les étudier et de les consulter. Par ce moyen, ils remplaceront la pratique des écoles et ils obtiendront cette précision et cette sûreté de diagnostic dont Timportance est généralement sentie et dont les effets se font de plus en plus connaître de nos jours.
Personne ne pourra contester Timportance d'un travail tel que celui que nous offrons aujourd'hui, quand on saura que nous joignons aux caractères anatomiques des maladies leurs dénominations anciennes et nouvelles. Nous donnons, en un mot, Thistorique de chaque affection, par la synonymie et les descriptions des lésions morbides placées dans chaque volume, en regard des pièces. Ainsi les ouvrages classiques d'une époque reculée ne différeront plus de ceux de FEcole moderne ; on établira l'accord de plusieurs traités récents avec quelques descriptions anciennes, et l'on se convaincra que cette divergence n'existe, le plus souvent, que sur le nom de la maladie.
Parfois aussi il arrive que l'interprétation de plusieurs faits de pratique actuelle devient très-difficile pour le médecin, qui cherche à s'éclairer avec les observations rapportées dans les journaux de médecine, dans lesquels les classifications nouvelles ne sont jamais accompagnées des anciennes dénominations.
Tout le monde sait le grand abus de noms nouveaux que l'on a fait dans ces derniers temps, pour désigner les classes et les variétés de maladie, qui se trouvent parfaitement décrites et exposées avec tous leurs signes extérieurs dans plusieurs traités connus. Avec le secours de nos pièces anatomiques, le médecin, qui croit augmenter ses connaissances, en voyant certaines dénominations inusitées, reconnaîtra souvent des maladies dont les vrais caractères lui sont déjà familiers, et il pourra aussitôt les retrouver dans des ouvrages qui ont pris rang dans la science depuis longtemps et qui n'ont que le défaut de ne pas dater d'hier,
Sans doute personne ne peut mettre en doute l'influence de la presse médicale à notre époque ; elle a pris un développement prodigieux. Aussi, nous le répétons, nous croyons avoir rendu un véritable service, en donnant aux médecins la facilité de reconnaître
que plusieurs affections dont ils ont suivi la marche pendant leurs études médicales ont toujours conservé les mêmes caractères anatomiques, et qu'en résumé la science n'a pas fait de progrès en raison du grand nombre d'écrits qui se publient de nos jours.
Il ne nous est pas permis de blâmer en ceci nos jeunes confrères, mais qu'on nous pardonne do dire que leur trop grande ardeur, loin d'enrichir la science, l'entravera peut-être un jour. Certes nous aurions pu, nous aussi, publier de longs traités sur les grandes classes de maladies dont nous donnons les modèles, mais nous ne ferions que répéter les bonnes et savantes descriptions de nos anciens maîtres; nous nous bornerons donc à desimpies exposés de leurs caractères anatomiques ; et toutes les fois qu'il sera nécessaire, nous renverrons avec plaisir aux traités de iM professeurs , en avouant que c'est à leurs travaux que nous devons les faibles connaissances qui nous dirigent dans l'accomplissement de notre œuTre.
La plupart de ces ouvrages figurent dans toutes les bibliothèques; il sera donc facile avec nos volumes d'avoir une clinique complète des maladies qui peuvent se rencontrer journellement dans la pratique d'un médecin.
Nous pourrions encore citer bien des arguments en faveur de notre innovation, mais nous laissons aux médecins praticiens, seuls juges en pareille matière, le soin d'apprécier notre œuvre. Déjà nous avonsreçutousles témoignages d'encouragement quel'homme dévoué à la science peut envier, et nous sommes heureux de trouver cette occasion d'exprimer notre reconnaissance au corps médical entier, aux savants de la France et de l'Étranger, et à nos anciens maîtres, pour l'accueil bienveillant qu'ils ont accordé à notre premier travail, qui, d'un avis unanime (1), doit rendre plus complet l'enseignement de la pathologie et de la clinique internes et externes.
Qu'on nous permette donc d'adresser nos remerciements aux diverses Sociétés qui, chaque jour, viennent nous prêter leur appui. Nos efforts tendront constamment à mériter leurs suffrages, comme nous serons heureux de pouvoir justifier le choix des Âca-
(1) Voyez les rapports déjà cités au sujet de TAnatomie pathologique avec modèles en relief.
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demies de Vienne, de Bruges, de Hambourg, de Marseille, etc., qui ont bien voulu nous honorer du titre de Membre correspondant.
Si nous avons acquis de nouvelles connaissances, si nous avons perfectionné Tœuvre que nous avions commencée, le bien. doit en retourner aux hommes qui nous ont aidé de leurs conseils et de leur science. Aussi c'est à eux que nous dédions notre Bibliothèque de médecine et de chirurgie pratiques.
Comme il nous a paru important et utile de faire connaître Topinion des savants sur les modèles en relief, nous avons cru devoir ajouter à la fin de cet écrit les rapports des Académies royales des Sciences et de Médecine, ainsi que celui de la Société d'encouragement.
Ils feront iqiiprécier, mieux que nous ne saurions le dire, Timportance de notre procédé, et ils justifieront les encouragements qui nous ont été accordés par diverses Académies et par le Conseil royal de Flnstruction publique, qui vient de décider qu'une somme annuelle serait allouée aux diverses Facultés, pour Facquisition de nos volumes. De cette manière, les Ëcoles de provinces seront , comme le Musée Dupuytren à Paris, enrichis de notre Bibliothèque de Médecine et de Chirurgie pratiques.
Si maintenant ce nouvel exposé des principales maladies du eorps humain peut contribuer à soulager l'humanité, si cet ouvrage obtient encore l'assentiment du corps médical, ce sera pour l'Auteur la plus belle récompense et le plus grand dédommagement à ses longs travaux et à ses nombreux sacrifices.
ET DE CHIKUHGIE PHATIQUES.
IQiiMlDIIIKS M M IPSUi.