‹ Musée d'anatomie pathologiqueChapitre 70 sur 87 · MOETE CHEZ LE CHEVAL · texte numérisé non relu

MOETE CHEZ LE CHEVAL

Lésions anatomiques.

1030. Caractères anatomiques de la morve chez le cheval avec boursouflement et inflammation de la muqueuse pituitaire, éruption pustuleuse s'étendant sur le cornet inférieur; de petites granulations pustuleuses, à sommet jaunâtre, se montrent à la surface et dans l'épaisseur de la muqueuse.

1031. Caraclères anatomiques de la morve chez le cheval, — éruption pustuleuse sur le bord de l'épiglotte et dans l'intérieur du larynx avec quelques petites ulcérations sur les ventricules de cet organe ; Torgane est représenté avec une incision longitudinale qui s'étend sur la paroi postérieure de l'organe , des arborisations vasculaires se montrent snr la muqueuse.

1032. Caractères anatomiques des abcès lobulaires dans le poumon du cheval ; portion du poumon présentant celte altération.

MUSÉE D'AMTOMIE PATHOLOGIQUE

ATBC USS A&TimATIOVS MOmSIDBS MM MBIiIBr.

L'anatomie est sans contredit la base essentielle de toute instruction médicale. Elle est nécessaire au médecin et au chirurgien qui doivent en connaître tous les détails : au médecin, parce qu'elle lui sert à analyser les phénomènes de la vie et à expliquer les fonctions de l'économie animale; an cbirurgien,parce qu'elle guide sa main dans les opérations. Mais, si Ton ne peut pratiquer la médecine sans Vanatomie, il est aussi une science, complément indispensable de la première, que le praticien ne doit pas négliger : c'est l'anatomie pathologique.

Longtemps la médecine se contenta de l'examen extérieur des symptômes. Certainement elle pensait que derrière ces phénomènes devaient se trouver des altérations , mais elle n'avait pas songé à les observer, bien tard seulement elle se décida à les recueillir pour en faire un corps de doctrine ; l'anatomie pathologique est donc une des acquisitions les plus récentes de la science médicale. Déjà , dans un travail publié depuis quelques années , Dous avons dit ce quo nous savions sur l'histoire de cette branche de la médecine. Cependant qu'on nous permette do rappeler en peu de mots l'origine de nos connaissances anatomico-pathologiques.

Le jour où l'on ouvrit un cadavre pour la première fois, on dut nécessairement remarquer la trace des lésions qui avaient causé la maladie et amené la mort ; mais on vit longtemps ces altérations sans y attacher d'importance. Jusqu'au seizième siècle quelques hommes seuls, à de longs intervalles, recherchèrent le siège et les causes des maladies: aucun n'a laissé de traces de ses observations. Vésaie, appréciant les secours que la médecine pouvait retirer de l'ouverture des cadavres, donna la pensée d'étudier les maladies par les dissections , et Eustachi, sur la fin de ses jours, exprima le regret de n'avoir pas consacré ses premières années à l'étude des lésions morbides. Mais si ces illustres médecins et anatomsstes ne purent faire connaître des travaux dont ils sentaient tout le prix, leur pensée ne fut pas perdue, et leurs disciples commencèrent dès lors à consigner dans leurs écrits tous les faits d'anatomie pathologique qu'ils purent rencontrer. Les médecins du dix>septième siècle suivirent cet exemple, et bientôt le savaot et laborieux Bonnet put recueillir et classer une foule d'observations rassemblées pendant cent ans de recherches et de persévérance.

Après Bonnet, Morgagnie, Lieutaud, Landifort, Vicq-d'Azir, viennent ajouter de nouvelles observations et combler les lacunes qui existent encore. Des critiques, des réflexions accompagnent leurs ouvrages , enfin une carrière nouvelle est ouverte aux praticiens et aux savants. Chacun apporte sa pierre au grand édifice, et au dix-neuvième siècle, l'anatomie pathologique a presque entièrement renouvelé la médecine.

Personne ne conteste de nos jours les secours que la médecine peut retirer de l'étude de l'analomie pathologique; si elle a trop longtemps été négligée , son importance et ses avantages ne sont plus douteux aujourd'hui. Par cette science , certaines affections obscures ont été éclairées d'un jour tout à fait nouveau , bon nombre de phénomènes ont été expliqués d'une manière rationnelle, et de nouvelles connaissances fondées sur des bases solides ont été acquises.

L'anatomie pathologique envisagée d'après notre système des altérations des solides ne sera toujours qu'une reproduction ; bien entendu que nous ne prétendons pas qu'il en soit toujours ainsi dans la marche des maladies, nous accordons aussi une

grande part aux différents états pathologiques des liquides sur la texture de nos organes. L'anatomie pathologique éclaire la médecine sur le siège et les causes des maladies ; Tanatomie, la physiologie et la pathologie lui doivent les plus utiles secours ; elle est le meilleur guide pour le diagnostic médical et Tune des bases les plus solides de la séméiotique.

Nous ne voulons pas ici nous étendre sur l'utilité de Tanatomie pathologique. Personne ne la conteste. Notre but n'est pas non plus de faire connaître Tinfluence qu'elle peut avoir sur les progrès de la médecine en général. Les classifications diverses adoptées par les anatomo-pathologistes de nos jours ne seront pas exposées par nous; car ce n'est point un traité que nous publions, ce n'est point une dissertation, c'est un moyen offert aux professeurs de mieux faire connaître dans leurs leçons les caractères anatomiques des maladies, ou les lésions organiques du corps humain. Les médecins auront de même la facilité de trouver dans cette collection les nombreuses altérations dont le souvenir leur ^happe non-seulement par le manque d'observations, mais aussi par l'impossibilité de rencontrer dans les amphithéâtres tous les iiiits cités et avancés par les auteurs qui, dans ces derniers temps, ont contribué puissamment à étendre le domaine de cette science.

Les élèves auront pareillement les moyens de se rendre mieux compte de tous les désordres fonctionnels en ayant à leur disposition les altérations organiques. Chaque médecin sait très-bien que, nalgré la lucidité et la facilité d'élocution des plus savants professeurs, les plus belles leçons oratoires sur la pathologie laissent parfois du vague dans l'esprit des auditeurs, même sur ceux qui sont regardés comme les plus intelligents et les plus studieux dès le début de leurs études médicales. Aussi peut-on regarder comme un axiome en médecine que ce n'est qu'après avoir vu, souvent dans les amphithéâtres des hôpitaux, les lésions des tissus que l'on arrive à la connaissance parfaite des maladies et à l'analyse rationelle de leurs nombreux symptômes. Nous saisirons avec empressement cette circonstance de pouvoir publiquement rendre justice au zèle infatigable des jeunes médecins attachés au service des hôpitaux, pour le soin et i'atteution qu'ils ne cessent d'apporter dans les autopsies qu'ils pratiquent journellement dans les hôpitaux , en relatant tous les détails anatomiques qu'ils rencontrent; nous ne

ifô BIBLIOTHitQUB DM MÉHCCOfE

doQtooa paB que ces travaux, quoique eu apparence isolés, pourroot uo jour, par la sâmilitude de leur rapprocbemeot et de leur développemeat, éclairer plusieurs points obscurs en médecine.

L'aoatomie pathologique, d'après notre système, n'aura pas toutes les applications que la science aurait désiré. On crompreadra bien que nous ne pouvions pas reproduire les altérations des liquides; mais cette branche intéressante ne nous échappe pas entièrement puisqu'elle laisse des traces sur nos organes^ il nous Sfsn toujours £au;ile de représenter leurs efiets matériels, ainsi pour le scorbut, le purpura, etc.

i.'anatomie pathologique est le compléoaent indispensable de Tanatomie. L'anatomie descriptive a pour objet l'examen de disque organe en particulier. Or, ce n'est que par une étude opiniâtre et souvent répétée des parties saines que l'on parvient à reconnaître facilement les organes lésés et la forme de la lésion. Pour parvenir à l'intelligeoce des ouvrages écrits sur l'anatonie pathologique, il faut ouvrir des cadavres, observer et revoir son** vent les mêmes objets ; il faut constater les faits, non les supposer.

Le grand ouvrage de notre savant maître, M. le professeur Crih veilber, a rendu d'immenses services à la science : les plancbei qui accompagnent ce beau travail sont très-remarquables par l'exécution artistique. Plusieurs traités spéciaux d'anatomie pathologique ont été publiés dans ces derniers temps; ceux de Portai, de Lobstein et enfin celui de M. le professeur Andral sont journellement consultés par les médecins. Les descriptions anatomiques des lésions morbides, malgré le mérite des autours, ne sont pas toujours comprises : la nécessité de représenter les altérations pai des dessins a trouvé de graves objections, vu que la forme, l'éten^ due et les profondeurs des tissus n'étaient pas saisissables par cette méthode. Nous avons nous-méme été frappé de ces difficultés, quand on se proposait ce grand et beau problème : perpétuer daofi les aiècles à venir les faits importants qui se rattachent à cette science.

On a pu se convaincre souvent qu'un grand nombre de praticiens sont encore détournés de l'étude de l'anatomie patho^ logiqae par le temps considérable qu'elle demande, par les difi^ oultés dont elle est environnée et surtout par le dégoût qu'elle inspire naturellement. L'odeur et l'aspect d'un cadavre epiputaé^

Et DE GRlRiniGIfe PRATIQUES. i83

faetkm sont maintes fois des motifs suffisants i^dur empécbër' f es médecins de se livrer à l'investigation des lésions morbides ; souvent lOflsi il n'est pas possible de revoir les mêmes objets , car rien n'égale la mobilité du tableau qui passe sous les yeux de TobseiVateur.

Si Futilité des planches ou das gravi^ves appliquées à l'anatomie a pu être contestée par d'habiles praticiens, certes if n'est personne qui conteste Futilité et la nécessité des modèles en anatomie pathologique. Les yeux oublient aisément ce qu'ils n'ont vu qu'une fois, et dans cette science où les faits fuient si vite qu'ils laissent presque toujours des souvenirs vagues et confus, où les images se retracent à Fesprit souvent, défigurées et incomplètes, il fallait se hâter de reproduire les lésions, afin de pouvoir se les représenter an hesoifi. De cette manière on évite les hypothèses et les descriptkNis qof peuvent toujours être rapprochées de l'observation.

Les preiAiers essais tentés depuis de longues années pour représenter les lésions morbides ont été dirigés sur !a gravure et les dessins coloriés ; puis on a préféré des modèles en cire. Nous avons étudié ces cRvers systèmes, et notre opinion s'est trowée en accord avec tous les corps savants appelés à juger notre innovation. Letf rapports qui ont été faits et rendus publics par l'Académie royale des .Sciences (Institut de France) , et par l'Académie royale cte' Médecine, ont d'un commun accord adtaois en principe la base et le hotde notre travail.

Le Conseil royal de l'Instruction publique a reconnu l'immense a^ntage pour les fticultés et les écoles secondaires de médecine de posséder ces collections; une somme a été accordée annùellemeiit pour Fâchât des pièces pathologiques de notre musée. Les cOBsells de santé des armées de terre, de la marfne et dès colonies ont compris cet ouvrage pour les placer dans; les hôpitaux d'inktrfeetioo. Les Universités de l'étranger et les collèges dé médecine ont adopté, dès le début , cette innovation , reconnu le mérite de cette création. C'est après avoir été encouragé par tous les corpè savants et enseignants que nous avons cru devoir contihuer ces travaux. Après quatre années d'études et d'efforts soutenus, nous veeens de soumettre de nouveau au monde médical nos nombreux faits d'anatomie pathologique ; nous espérons qu'ils seront utiles à tous les pays, puisque la nature humaine reste toujours la même. Heurem, mille foi» heureux d'atoir mérité en France là plus '

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haute aanctioD que l'homme paisse envier et s'honorer, celle d'à- Toir dhtenu , le 26 fémer, un prix Monthyoïi par l'Académie des Sciences, Institut de France, qui a jugé notre œuvre comme devant apporter un perfectionnement à Fart de guérir.

Avant de montrer les avantages d^ nos pièces d'anatomie pathologique , examinons les reproches que Ton peut adresser aux moyens employés jusqu'à ce jour. Nous transcrirons de nouveau ce que nous avons déjà dit dans Faperçu historique que nous avons publié sur Fanatomie pathologique.

C'est à l'aide de la vue et du toucher que l'on peut hien déterminer les lésions cadavériques, et ces conditions n'ont jamais été remplies.

i^ La gravure ne peut foire apprécier exactement le volume des organes, ni leur situation respective ; elle peut encore moins donner leur position superficielle ou profonde et les dimensions des intervalles qui les séparent. De plus, si l'on veut représenter les maladies qui envahissent le cœur, les poumons, le foie, les intestins, etc., combien faudra-t-il de planches pour les démontrer, el, par conséquent , de sections différentes qui seraient autant d'obstacles pour fjBdre connaître à l'observateur l'étendue des alténiions?

Le toucher ne peut jamais prêter son secours au sens de la vue dans l'étude d'un dessin, et celui-ci ne laisse, par cette raison, dans l'esprit, que des idées vagues et indécises.

2" Les dessins coloriés, qui, au premier abord, paraissent devoir surpasser la gravure simple, sont encore plus fautifs. En effet, aucun organe ne présente une surface plane. Pour vaincre cette difficulté on est obligé de donner du relief par des ombres et des clairs.

La teinte que l'on emploie pour porter une ombre n'est jamais celle de la lésion ; elle ne peut faire juger sainement de la profondeur, de la désorganisation des tissus. On voit que la couleur, réunie aux désavantages de la gravure en noir , peut induire le médecin dans une erreur fatale.

3* Les reliefs en cire sont toujours modelés , et par conséquent ils ne représentent jamais rigoureusement la nature. La préparation en cire d'une lésion organique demande beaucoup de temps. Par cette raison il est impossible de reproduire fid^ment la

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forme et la couleur : la forme, parce que TaltératioD oe peut résia* ter longtemps à l'action de Taîr sans éprouver de variations ; la couleur, puce que les liquides, de même que les solides , se décomposant très- rapidement, surtout à l'état morbide , varienf et prennent à chaque instant dea teintes différentes, dans doute les imitations en cire offrent des formes bien arrondies, une grande netteté dans les contours, une harmonie et une symétrie qui plaisentà l'œil, une vivacitéde couleur remarquable ; mais ces beautés sont autant de défauts. L'homme de la science veut étudier la nature dans sa laideur, ses irrégularités et ses anomalies; l'anatomîgte ne demande pas l'idéal de l'artiste, mais le vrai de la nature.

En outre, les reliefs en cire perdent, au bout de peu de temps, leurs couleurs, se déforment par la chaleur, se fendillent très-facilement et sont d'ailleurs si fragiles, qu'il serait impossible de les ftiire servir aux démonstrations dans les cours publics. Les prix de ces préparations artificielles sont si élevés, que très-peu d'élablisaednents peuvent se faire des collections pathologiques. Par cette même raison, les médecins sont dans l'impossibilité de se procurer des parties de cette science qu'ils désirent consulter dans leur pratique.

4« Les pièces d'anatomie pathologique en nature, celles qui sont conservées par dessication, se racornissent au point d'être méconnaissables.

5" Les pièces naturelles qui sont conservées dans des liqueurs appropriées ne peuvent être étudiées qu'à travers les parois des vases qui les renferment. Ici, Tune des premières conditions pour l'étude de l'anatomie pathologique, le toucher, est en défaut, ne pouvant pas retirer à volonté les objets afin d'en faciliter la connaissance. La .vue, elle-même , n'observe plus la nature , car tout le monde sait que les formes s'altèrent et que la couleur change au bout de peu de temps. Et alors même que, par un heureux procédéy on parviendrait à conserver aux pièces anatomiques et leur forme et leurs teintes, il serait toujours très-difficile de s'en procurer, puisque ce fait ne pourrait être répété plusieurs fois, dans l'intérêt de la science.

Après avoir réfuté les divers moyens dont on s'est servi jusqu'à présent pour reproduire l'anatomie pathologique, nous allons montrer ee que nous avons iliit pour arriver au perfectionnement

186 BnuoTti^ini de MteRiifir

cTime êàemee m utile à la médecine. Hearem, si noue aTons reiiH pli le but que nous noos sommes proposé !

Pendant plusieurs années nous ayons dierché à «nfoérir dei connaissances en dehors de notre profession par des études approfondies en tout genre; ce n'est qu'après avoir snrmonté des difQcuUés de toute nature, que noos avons pu représenter toute» les lésions morbides, telles qu'elles s'offrent à nos yeux, afin de pouvoir réveiller au besoin dans notre esprit lea mêmes sensations, les mêmes idées qu'au moment de l'observation. Ce n'est pas ià de l'imitation, mais c'est la représentation réelle; la cire, la griTure, ne peuvent être mises en parallèle, car noue offrons les mêoMS saillies, le même volume, les mêmes dimensions et les nêmes couleurs que la nature.

Pour parvenir à produire les lésions, il fellait, non-seulemeot une grande pratique, mais encore posséder des connaissances entièrement éiraiigères à la médecine. Â Taîde de ces études préK* minaires, nous sommes parvenus à saisir avec un très-grande pr^ cision les caractères pathologiques de toutes les maladies, qmoi' elles laissent des lésions matérielles sur nos organes , mettant d§ côté l'origine et la nature de l'altération anatomique, pour sirtoSr si eUe a son point de départ dans les solides ou dans les liquides.

Jusqu'à présent, les travaux publiés à l'aide des dessins on &Êê pièces modelées en cire ont été exécutés généralement pur des ai^ tistes étrangers à la science médico-chirurgicale; aussi ont-Us éprouvé les plus grandes diflicuités pour rendre, par le colorîBv te» cas pathologiques qu'ils avaient devant les yeux ; la décomposilfoii' si prompte des tissus au contact de l'air les a induits très-soaveot dans l'erreur, vu que, par des moyens habituels, on est obl^ de mettre plusieurs jours pour exécuter un dessin. Par nos procédés^ au contraire, nous avons un avantage immense, c'est une promflts exécution.

Les pièces en nature n'ont pas le temps de changer d^aspect Nos pièces anatomiques peuvent être exposées à l'humidité, à'ta' pluie, au soleil le plus ardent sans rien perdre de leur beauté m de leur forme. Une chaleur de cent degrés ne les altère pas.

Les avantages d'une matière inaltérable, joints à ceux d'une peânture indélébile pour la composition et la reproduction de nos piè^ ces, en permettront le transport dans tovtes les végîsBS do gibbe" et en assureront la conseryation aux siècles à venir.

Nousoe noua étendrons pas sur ce que nous avons déjà ditau sujet de la disposition de nos pièces. Elles sonl placées sur des cadres avec des dot mobiles simulant très-bien de grands atlas iiv-folio ou des volumes richement reliés. Notre musée pourra devenir bibliothèque , et par cela même occuper moins d'emplacement, et mee vend.

Toutes les altérations de forme, de texture, de décomposition, de transformation , les vices de conformation, les monstruosités, etc. , en un mot tout ce qui peut s'observer dans les hôpitaux et qui peut se classer dans le vaste domaine de la pathologie et de la clinique, viendra se grouper dans nos collections et former un tout qui sera dans quelques années une encyclopédie vivante de toutes les lésions morbides que Ton observe chez l'homme. Nous n'adopterons aucun système, voulant donner le libre choix à chaque établissement de classer nos collections d'après les classifications proposées. Notre mission, à nous , consiste à reproduire des faits pris sur la nature elle-même» non-seulement dans ce qu'ils présentent d'irrégulier pour notre organisation , mais encore toutes Içs fois qu'ils laissent percevoir par nos sens des désordres matériels sur nos tisius pris isolément ou réunis ensemble pour former dea altérations complexes.

Il est une source féconde à laquelle les pathologistes ont encore bien peu puisé, et que l'on doit à M. Otto : c'est l'anatomie pathologique comparée. Celui qui n'a wique les altérations du cœur, des poumons et des ulcérations, etc., de Thomme, n'a qu'une faible idée de ce que sont ces viscères dans la grande chatno des animaux à l'état pathologique ; c'est surtout dans l'étude des lésions morbides sur les animaux que Ton peut reconnaître facilement les limites de l'état normal et anormal des tissus , et quels sont les éléments mômes des organes primitivement affectés ; il restera toujours un voile impénétrable dans les recherches d'anatomie pathologique sur l'homme; les organes ne sont examinés que Tingt-quatre heures après la cessation de la vie, d'après les règlements établis par la police pour les ouvertures cadavériques; aussi il se passe dans cet intervalle un temps qui nous cachera toujours des désordres matériels qui pourraient nous mettre en évidence certaines lois dans la vitalité des tissus à l'état morbide. La circulation capillaire est interrompue , l'imbihition des liquides et les

effets des gaz, le séjour des matières propres à la natritîoD , les médicaments introduits dans l'économie, sont autant de questions qui resteront toujours dans le vague le plus complet.

Les plus belles découTertes en physiologie humaine nous viennent presque toujours des expériences pratiquées sor les animaux. Le savant et habile professeur du Collège de France, M. Magendie, a donné une grande impulsion à ce genre d'étude. Nous croyons qu'on arrivera à d'heureux résultats, pour la pathologie humaine, dans la recherche des lésions anatomiques sur les animaux. C'est surtout dans les éléments des tissus que l'on doit poursuivre avec soin les dissections des organes malades; plusieurs points d'anatomie et de physiologie pathologique humaine inconnus seront, noqs n'en doutons pas, éclaircis en suivant cette voie, et de nouvelles déductions pratiques devront suivre naturellement les progrès de celte science. C'est une mine qu'il faut exploiter et qui ne peut que fructifier entre les mains de nos savants. Aussi, toutes les fois que nous pourrons trouver quelques lésions des organes chez les animaux en rapport avec celles que nous aurons observées sur l'homme, nous nous ferons un devoir de les joindre à notre musée ; persuadé que de cette étude comparée H sortira des connaissances plus précises sur le siège, la nature et le traitement des maladies.

Notre musée d'anatomie pathologique, que nous avons enriebl d'un si grand nombre de faits dMs ces derniers temps, encouragera, nous osons l'espérer, les médecins à prendre une connaissance plus approfondie des lésions morbides. Nous croyons avoir rendu un grand service à la médecine, en cherchant à propager l'étude de cette science, qui doit contribuer plus qu'aucune autre à son perfectionnement, puisqu'elle doit conduire à découvrir des lois pathologiques d'après les désordres matériels de nos organes.

Mais il reste beaucoup à faire dans une science si vaste et dont les secrets sont encore en partie impénétrables. Cependant la route est frayée, et les hommes laborieux et instruits qui la parcourent et qui chaque année étendent son domaine, viendront nous aider, en nous prêtant leur concours, afin que nous puissions développer et appliquer cette vaste pensée sur toutes les branches médicales.

Chaque pièce reproduite dans notre grand musée d'anatomie pathologique se trouve représentée avec ses différents étata mor-

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bides, en suivant la lésion depuis son état primitif, jusqu'aux transformations et altérations profondes des tissus élémentaires et complexes en un mot, qui constituent la trame organique ; ces changements de texture sont autant de caractères essentiels à connaître, non-seulement pour l'explication des différentes phases d'une maladie, mais encore pour l'investigation de leurs symptômes concomitants. U en sera de même pour les variétés de forme : nous nous attacherons surtout à reproduire les pièces pathologiques dans leur entier, toutes les fois qu'il sera nécessaire d'avoir l'organe et ses dépendances, pour mieux comprendre l'ensemble des désordres matériels, les troubles fonctionnels, soit partiels ou généraux, qui dépendent de plusieurs lésions organiques.

On comprendra la difficulté pour nous de ranger par méthode les nombreuses altérations qui composent notre musée, car, chaque jour, de nouveaux faits devraient être placés avant d'autres déjà cités. Ne pouvant pas rencontrer certaines lésions-types dans les amphithéâtres des hôpitaux, des années entières se seraient ainsi écoulées sans augmenter nos collections ; nous avons donc préféré ajouter les pièces pathologiques sur le même organe, les unes à la suite des autres ; il sera toujojrs facile de les grouper par ordre et par méthode. Si nous nous sommes si peu étendu dans la description des altérations anatomiques, c'est que, nous devons l'avouer, nous avons éprouvé les plus grandes difficultés, car dans la couleur des tissus il y a une variété de nuances et d'aspects que l'œil saisit très-rapidement et que nous ne pouvons dépeindre par des mots.

Nous saisirons cette circonstance pour rendre publique la réponse que nous avons déjà faite plusieurs fois aux hommes de science et aux artistes du plus haut mérite qui , dans l'espace de quelques années, ont bien voulu visiter notre musée : tous, nous aimons à le dire , ont très-bien compris la vraie pensée de notre innovation et sur quoi elle reposait. En présence des peintres j'ai lu plusieurs descriptions des altérations-types qui servent à distinguer les maladies; je leur ai mis devant les yeux des dessins dont l'exécution artistique fait l'éloge de notre époque, ils ont tous reconnu le vague et la faiblesse de pareils moyens , car les saillies, les ulcérations, les ombres portées , les clairs « en un mot tous les effets de l'art ne faisaient que rendre la nature morbide

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faites seulement dans un demi-siècle, que ne doit-on pas attendre de nos successeurs qui auront pu secouer et bannir de leur esprit les vieilles idées et les futiles théories de nos devanciers. Ces courtes réflexions suffiront pour faire comprendre le but de notre œuvre et la pensée scientifique qui la dirige.

8i notre travail est appelé à produire d'heureux résultats dam les sciences médicales, ce seront les savantes leçons de nos anciens maîtres qui auront fécondé en nous ce germe producteur. A eux la gloire puisqu'ils ont su nous inspirer cette innovation ; car nous avons compris l'immense avantage pour renseignement et l'étude de la pathologie interne et externe d'avoir à sa disposition tous les faits pathologiques qui, malgré leur variabilité, sont toujours, au lit du malade, saisis et compris par les élèves, dès qu'ils les ont vus une fois sur nos organes. A Taide de notre musée , ces mêmes faits resteront encore mieux gravés dans l'esprit des jeunes médecins, puisqu'ils auront la facilité de les revoir souvent. C'est dans les Facultés de médecine de Strasbourg, de Montpellier, que nous avons pu juger par nous-mêmes des avantages pour l'enseignement d'avoir dans ces deux centres d'instructioa médicale des collections d'anatomie pathologique d'après ce nouveau procédé; les professeurs auront toujours à leur disp(h sition une série de faits qui , ne se rencontrent que très-rarement, à cause du petit nombre des hôpitaux des deux villes. Loin de nous la pensée de diminuer le mérite de ces deux Facultés, puisque c'est dans leur sein que nous avons entendu nos premières leçons et puisé nos goûts pour cette branche d'anatomie.

Les grandes collections d'anatomie pathologique, les belles préparations d'anatomie descriptive, en un mot tout ce qui compose les galeries anatomiques de la Faculté de médecine de Strasbourg, seront citées et admirées à juste raison par tous les médecins français et étrangers.

Parmi les corps savants et enseignants, nous aurons à citer la Faculté de médecine de Paris, dont l'accueil bienveillant pour ces travaux, dès leur apparition, a été pour nous le plus grand encouragement. C'est d'après les avis des membres de cette Faculté que nous avons persévéré dans cette voie, et que nous avons poursuivi cette nouvelle méthode d'envisager et de reproduire l'anatomie pathologique. Si un jour notre ouvrage peut être utile àkscienoe

et à rhiimanité , Téloge en reviendra à notre illustre Faculté dont le célèbre doyen et les savants professeurs ont tous puissamment contribué par leurs vastes lumières à facilKer et à perfectionner renseignement médical en France.

La création du Musée Dupuytren, si remarquable par ses précieuses collections d'anatomie pathologique, sera toujours une des plus heureuses inspirations de M. Orfila.

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