‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 112 sur 153 · PATES, A CA · texte numérisé non relu

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La simplicité d'organisation de la plupart des espèces animales réunies dans cet Embranchement, et la disposition rayonnante de leurs organes, qui rappellent les pétales épanouies des fleurs, leur ont valu le nom de Zoophytes | animauxplantes). Ce nom ne peut caractériser que des rapports apparents et fondés sur une éphémère analogie; les Zoophytes jouissent, en effet, de la sensibilité, du mouvement volontaire et de fonctions nutritives qui, chez le plus grand nombre, s’exécutent dans un appareil digestif; ce sont done très-certaimement des animaux. Ce qui caractérise ces êtres organisés, c'est qu'ils ne peuvent être partagés en deux côtés similaires, situés à droite et à gauche de l’axe de leur corps; leurs organes sont, au contraire, disposés d’une manière plus ou moins régulière autour d'un point pris comme centre. C’est en tenant compte de cette disposition que Pallas les avait désignés sous le nom de Centrina, traduit, depuis, par les noms d'animaux Rayonnés et d’Actinozoaires.

L'examen des divers groupes entre lesquels se partage l'Embranchement des Zoophytes démontre que cette grande Division du Règne Animal est très-artificielle, et que ce nom n’est pas rigoureusement applicable à chacune des classes qui en sont les subdivisions. Quoi qu'il en soit, comme il ne peut entrer dans notre plan d'exposer les raisons anatomiques qui moliveraient peut-être de nombreux et importants changements, dans l'Embranchement dont nous voulons donner une idée générale, nous nous en tiendrons à la Classification proposée par Cuvier et adoptée par le plus grand nombre des naturalistes.

Les Zoophytes sont les animaux qui montrent, au moindre degré de développement, les facultés réumies de sentir et de se mouvoir, et soit que la mollesse de leur structure ou leur extrème peti‘esse les ait dérobés aux recherches anatomiques, soit que réellement ils existent privés d'organes, beaucoup d'entre eux n'ont laissé voir ni cœur, mi vaisseaux sanguins, ni système nerveux. Cependant il en est quelques uns dont l’organisation est très-complexe.

La nutrition des Zoophytes s'opère d’une manière extrémement simple; lear cavité digestive n’a le plus souvent qu’une ouverture qui sert également à l'in-

lroduchion de la nourriture et au rejet des excréments. Quelquefois même elle communique au dehors par plusieurs orifices, qui ont tous la propriété d’absorber les matières nutritives et d'en expulser le résidu, ainsi que les débris usés du corps. Chez les espèces les plus simples, même, on ne trouve plus aucune trace de canal alimentaire, leur nutrition s'opère de la même manière que celle des végétaux, par l'absorption de sucs en suspension dans l’eau.

La respiration, difficile à déterminer nettement, pour le plus grand nombre des Zoophytes, ne peut être constatée, ainsi que la circulation, que chez ceux de ces êtres qui appartiennent aux premiers groupes, tels que les Holothuries. Ils n'ont que des mouvements très-limités, qui consistent pour quelques-uns dans la propriété de s’allonger et de se contracter ; aussi vivent-ils, pour la plupart, dans l’eau qui leur apporte leur nourriture, incapables qu'ils sont de la chercher eux-mêmes. On en voit qui sont fixés sur des corps solides plongés dans les liquides ; d’autres existent flottants ou attachés dans l'intérieur du corps des animaux aux dépens desquels ils se développent.

L'infériorité organique de ces animaux se révèle encore par l’ état des organes de la sensibilité. Leur système nerveux, loin d'atteindre à un développement comparable à celui des autres animaux, n’a pas de centre commun pour recevoir les sensations ou pour présider aux mouvements; ils n'ont jamais de sens spéciaux pour la vue, l’ouïe, l'odorat et le goût; le toucher passif est le seul dont ils jouissent. Ainsi que nous l'avons dit, leurs mouvements ne sont pas plus développés que leur sensibilité; sauf un petit nombre d’exceptions, ils manquent d'appendices locomoteurs, et ne manifestent leur existence que par le déplacement de quelques-unes de leurs parties. Plusieurs demeurent fixés pendant toute leur vie à la place où ils sont nés, et y forment souvent des agrégations nombreuses d'individus, habitant la mème demeure et menant, en quelque sorte, une vie Commune.

Quant aux organes de la génération, certains Zoophytes ont les sexes séparés, tels sont, par exemple, les vers intestinaux; le plus grand nombre est hermaphrodite, et beaucoup sont privés de ces organes. De ces différences résultent divers modes de reproduction. Les Zoophytes pourvus de sexe sont, pour la plupart, ovipares. Dans d’autres, on voit pousser sur leur peau des espèces de bourgeons semblables à ceux des végétaux, ces bourgeons, suflisamment déve= loppés, se détachent du corps auquel ils adhéraient et deviennent des êtres vivants et animés comme lui.

Ces animaux sont les uns libres, les autres agrégés. L'épithète que l’on donne

à ces derniers indique qu'ils sont soudés plusieurs ensemble : e’est ainsi que

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les éponges, les coraux, les polypes à polypiers, se forment autour d’un axe calcaire ou corné, et s'offrent sous l'aspect d’une masse spongieuse ayant des branches avec un tronc commun, ce qui les a fait longtemps regarder comme des plantes marines.

Nous avons déjà fait remarquer que les Zoophytes étant, pour la plupart, des animaux très-mous, présentent beaucoup de variations dans leurs formes ; 1l en est même qui ont la faculté de se contracter tellement, qu'ils occupent à volonté dix fois mois d'espace dans certains instants que dans d’autres. Tous habitent nécessairement dans des lieux humides, et tous ont besoim d’être plongés dans des liquides pour mamifester l’action de la vie. Il est donc assez dificile de présenter des considérations générales sur les fonctions vitales de ces animaux ; leurs modes de nutrition, de reproduction, de sensations et de mouvements, présentent, en effet, un si grand nombre de changements dans les divers groupes qu’on pourrait avec raison les considérer plutôt comme des classes d'animaux que comme des ordres.

L'homme ne tire qu'un parti médiocre des animaux Zoophytes ; il en est peu qui servent à sa nourriture, et on n'a même cité à cet égard que des Oursins à l’état d’ovaire, des Holothuries et des Actimies. Quant à la partie sohde de certaines espèces, comme les madrépores, eile est employée, soit à faire de la chaux dans les pays où il n'y a pas de roches calcaires, soit comme pierres de taille. On sait aussi que de tout temps l'axe pierreux du corail à été employé à faire des bijoux, qui sont encore fort recherchés de nos jours, et qu'on fabrique dans des manufactures assez considérables à Marseille, en Italie et en Sicile. Il en est de même de l’axe solide des vieilles antipathes, qu'on emploie pour des bijoux de deuil.

Mius ce n’est pas seulement sous ces points de vue que les Zoophytes sont hés à l’ensemble général de la nature, et leurs rapports avec le Règne Minéral et la masse du globe terrestre sont aussi nombreux qu'importants. Les dépouilles des madrépores, des madréphyllies, des mmillépores, des coraux mêmes, entrent, en effet, pour beaucoup dans la composition des formations calcaires. Cette idée était autrefois tellement dominante, qu'on était arrivé à admettre que toute la chaux provenait des polypiers. C’est à MM. Quoy et Gaimard que l’on doit d'avoir considérablement modifié l'idée qu'on s'était faite de la rapidité et de l’étendue des effets attribués aux polypes coralligènes ; mais ces effets, quoique atténués, n’en existent pas moins. Il suffit, pour s’en assurer, de lire les détails que Forskal à donnés sur les madrépores de la mer Rouge, d'où l'on tire des blocs qui ont sept à huit mètres et qui servent à

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construire les maisons de Tor. D'après M. Botta, dans les îles de Sandwich, les maisons de la ville de Wawouo sont également construites, en entier, avec une pierre madréporique que les habitants taillent en pleine roche sur le rivage même, et dont l'étendue est considérable. Ainsi, il n’y à pas à douter que les polypiers coralligènes ne forment réellement encore, de nos jours, des masses d’une grande étendue, comme il s’en faisait anciennement. On à depuis longtemps remarqué sur les côtes de la Normandie, près de la vallée de la Touque, des blocs énormes qui étaient composés de madrépores fossiles.

La grande abondance des polypes coralligènes dans certaines mers, et la rapidité avec laquelle ces animaux se reproduisent de deux manières, par l'extension de la masse commune qui se forme et par la reproduction de nouvelles agglomérations, doivent contribuer pour beaucoup à la modification de la forme de la surface de la terre actuelle. Il est probable que ces effets ont également eu lieu dans des temps reculés.

La manière dont les madrépores constituent ces masses, ces bancs calcaires, qui entrent dans la composition des couches solides de la terre, est beaucoup plus simple que pour les dépouilles de mollusques. En effet, pour celles-ci, il est nécessaire qu'il y ait une grande accumulation de débris plus ou moins atténués, réunis par une sorte de gluten calcaire, provenant des eaux qui les auraient traversés, et ces accumulations ne sont presque jamais dans la place où les coquillages ont vécu. Mais pour les roches coralligènes, elles sont aux lieux où elles ont été formées, et cette formation consiste dans la diminution proportionnelle de la matière animale, dans la densité augmentée par la pression des couches supérieures, et dans l'introduction de nouvelle matière calcaire, par le fluide aqueux qui les traverse. Forskal, en parlant des carrières presque vivantes de la mer Rouge, dit que lorsqu'on enlève de la mer une masse de madrépores, la partie supérieure est molle, que le reste devient de moins en moins cartilagineux, et que le fond est tout à fait solide. On concoit donc comment, par la suite des temps, des roches calcaires ayant appartenu à des successions d'individus dont la dernière est encore vivante, sont déjà modifiées, par Ja réaction moléculaire de la substance calcaire, au point de perdre de leur texture ordinaire. Lorsque ces roches, étant depuis longtemps dans le sein de la terre, pressées, recouvertes par des détritus également calcaires, ont été traversées d’une eau calcarifère, toute la roche devient plus où moins cristalline, et le tissu originel finit par disparaitre complétement.

L'organisation plus ou moins compliquée des Zoophytes a servi de base à

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leur classement, dont le tableau ci-après résume les divisions principales, avec leurs caractères différentels :

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