D COSMOGRAPHIE
entier; de mème on ne saurait porter les yeux vers un endroit, sans trouver à cet endroit même une partie de l'Univers.
« Si l’on me demande ce que c’est que le temps, disait saint Augustin, je ne le sais plus ; et si l’on ne me le demande plus, je le sais. » Il en est ainsi de l'Univers.
Quand par un beau soir d'été on considère la voûte étoilée du ciel, et qu’on voit ces milliers d’étincelles célestes rouler dans l’espace leur éclatante lumière, comme autant de phares au milieu d’un océan d'azur; marcher , marcher sans cesse, sous le doigt de Dieu , non par des mouvements spontanés, capricieux et incertains , mas par des routes certaines et inflexibles ; quand on songe que ce globe d’où nous voyons tant de merveilles planer au-dessus de nous est luimème un monde, une planète qui réfléchit aussi dans l’espace la Tunuère qu'elle emprunte aux autres corps environnants... l'idée de l'infini s'empare de nous.
Ces mondes ne se bornent pas, en effet, là ou notre œil s'arrête. Élevonsnous par la pensée jusqu’à ces globes lumineux que nous apercevons, aussitôt nous en concevrons d’autres, en plus grand nombre; élevons-nous encore , et toujours nous en trouverons de nouveaux ; encore, toujours ; encore, toujours. C'est l'infini dans l'infini...
La question de l’origine et de la formation du monde à été de tout temps l'une des préoccupations les plus graves et les plus ardues de lesprit humain, l’on peut dire, sans crainte d’être taxé d’exagération, que nul problème n’a reçu des solutions aussi divergentes que celui qui a eu pour objet d'expliquer l’ordre et arrangement des parties qui composent l'Univers.
Nous n'avons mi le devoir ni l'intention d'exposer longuement ces divers systèmes. Il nous suffira de dire ici que le système astronomique de Ptolémée, suivant lequel le soleil, les planètes, les astres décrivent leurs orbes autour de la terre qui reste immobile, système conforme à l'apparence, mais contraire à la réalité, à été renversé par le système de Copernic. Ce célèbre astronome, après avoir soumis à un nouvel examen toutes les hypothèses émises jusqu'à hu, s'arrèta au système qui fait tourner toutes les planètes autour du soleil, d'occident en orient, et qui donne à la terre deux mouvements, l’un de rotation sur elle-même, l’autre de circonvolution autour du soleil.
Le système de Copernic, confirmé par les travaux de Galilée, de Képler, de Newton et de Laplace, règne aujourd’hui sans opposition, et il est devenu le principe et la base de la géographie mathématique.
Nous avons exposé dans une planche de cet ouvrage une représentation de
COSMOGRAPHIE. à
l'Univers avec les étoiles a, les nébuleuses b, les comètes €, le soleil d, et les planètes avec leurs satellites.
On partage les planètes en zodiacales et en extra-zodiacales. Les premières, qui sont les principales, ne sortent jamais de la zone céleste d'environ 18»; tandis que les autres ne sont jamais visibles à œil nu, s’écartent sensiblement de la zone zodiacale, et semblent n'être que les débris d’une planète unique.
Les planètes principales sont désignées ainsi : e, Mercure; f, Venus ; g, Terre; h, Mars; t, Vesta; j, Junon; #, Cérès; {, Pallas; m, Jupiter; n, Saturne; 0, Uranus. Tout cet ensemble de planètes tournant autour du soleil, de satellites
tournant autour des planètes, forme le système planétaire. On y ajoute les comètes, qui appartiennent sans doute aussi au système planétaire, et non aux autres astres. Les corps suspendus dans l’espace sont de deux sortes : les étoiles fixes et les planètes.
Les étoiles fixes sont des astres qui brillent de leur propre lunuère et paraissent garder la mème situation; ils sont probablement de la même nature que notre soleil, qui est aussi un astre fixe et lumineux par lui-même.
Le nombre des étoiles est mfini; M. Littrow a pourtant calculé que le nombre des étoiles de première grandeur est de 1%; celui de la deuxième de 70; celui de la troisième d'environ 300; celui des étoiles visibles à l'œil nu, c’est-à-dire comprises entre les six premières classes, d'environ 5,000 ; celui des étoiles des neuf ou dix premières classes, d'environ 70,000. Ce n’est pas par leur diamètre apparent, mais par leur intensité que ces grandeurs se manifestent à nos instruments. Quant à leur distance, il n’est pas possible de l'indiquer par des lieues, les nombres seraient trop grands, on ne les apprécierait pas. Mais on peut espérer se faire comprendre si, prenant pour échelle la vitesse de la Tumière, et se rappelant qu’elle parcourt quatre-vingt mille lieues par seconde, on expose qu'il n’y à pas une étoile dont la lumière nous vienne en moins de trois ans: qu'il en est quelques-unes dont la lumière ne nous vient pas en moins de trente ans; et que, suivant toute apparence, certaines étoiles pourraient être visibles plusieurs millions d'années après avoir 6té anéanties, car la lumière qui en émane emploie plusieurs millions d'années à franchir l’espace qui les sépare de la terre. Afin de reconnaître les étoiles on les a classées en différents groupes appelés constellations. Les anciens, dépourvus d'instruments convenables, disünguaient déjà quarante-huit constellations ; les astronomes modernes en comptent cent huit. Douze de ces groupes, disposés de façon à présenter en apparence une bande circulaire, que la terre semble suivre dans sa course annuelle, ont été nommées constellations zodiacales, parce que chaque signe détermine une divi-
l COSMOGRAPITE.
sion correspondante dans le zodiaque. Ces douze signes ont reçu les noms de Bélier, Taureau, Gémeaux, Écrevisse, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons.
D’autres corps célestes qui changent de situation les uns à l'égard des’autres, et par rapport aux étoiles fixes, sont nommées planètes (du mot raavnrns errant). Ces derniers astres ne brillent pas de leur propre lumière et reflètent celle des étoiles fixes.
Les étoiles fixes sont inhabitables ; 11 ne serait pas impossible que les planètes fussent habitées, comme le globe terrestre que la Providence nous à assigné pour demeure. S'il était vrai que chaque étoile fût, comme notre soleil, le centre d'une sphère céleste, le nombre des planètes serait Imcalculable; mais nous ne connaissons que celles qui font partie du système auquel la Terre appartent, et qu'on nomme d’une manière absolue le système solaire, parce que le soleil qui nous éclaire en est le point central.
Le soleil, centre de notre système planétaire, est un corps sphérique lumineux qui envoie la lumière et la chaleur à tous les astres qui sont autour de lui; son diamètre est de 110,000 fois, et son volume environ 1,400,000 fois celui de la Terre. Il exécute sur lui-même un mouvement de rotation en vingtcinq jours et douze heures. Sa lumière nous arrive en huit minutes et treize secondes.
Le noyau du soleil est-1l opaque ? est-ce une masse incandescente? W. Herschell a admis, le premier, que le soleil est un noyau solide, obscur, entouré d’une atmosphère assez dense, d’une grande étendue, qu’enveloppe la substance lumineuse et calorique. On en est réduit à des conjectures, pour expliquer la puissance lumineuse et calorifique des rayons solaires ; cependant on l’attribue à une cause indéfinie, telle que le frottement ou l'excitation produite par une décharge électrique, plutôt que par une véritable combustion.
Pour les anciens qui supposaient la Terre au centre du monde, il y avait sept planètes : le Soleil, la Lune, Jupiter, Mars, Mercure, Vénus et Saturne. Les découvertes récentes de l'astronomie ont porté le nombre connu jusqu'à dixhuit, savoir : le Soleil, Mercure, Venus, la Terre, Mars, Vesta (découverte par Olbers en 1807), Junon (découverte par Hardimg en 1803), Cérès (découverte par Piazzi en 1801), Pallas (découverte par Olbers en 1802), Jupiter, Saturne, Uranus (découverte par Herschell père, en 1781), Neptune (annoncée par M. Leverrier, le 12° jum 1846 et vue par M. Galle, en Prusse, le 23 septembre suivant), Flore, Iris, Métis, Hébé, Astrée. ;
Les planètes exécutent simultanément un double mouvement, l'un de rotation