‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 84 sur 153 · DORSIBRANCHES · texte numérisé non relu

DORSIBRANCHES

Dans cet ordre, les branchies et les autres organes sont distribués le long du corps. Les Arémicoles, longs quelquefois de trente-trois centimètres, vivent dans le sable, sur les bords de la mer. On les emploie comme amorce pour la pêche. Quand on les touche, ils répandent abondamment une liqueur jaune qui colore fortement les doigts. Les Amphinomes sont remarquables par de superbes sotes couleur jaune citron, et par des branchies qui sont pourpres. On en trouve dans la mer des Indes une espèce magnifique appelée Chevelue. Les Néréides vivent dans des trous de pierres ou dans de vieux bois plongés dans la mer. Quelquesuns ont des tuyaux cornés. On attribue à de petites espèces de Néréides un phénomène phosphorescent connu sous le nom de mer lumineuse. Viennent ensuite les Spio dont le corps grèle est placé dans de petits tuyaux membraneux. On les trouve en quantité dans les mers du nord. Enfin, les Aphrodites dont la forme est aplatie, et qui, ayant sur le dos deux rangées de larges écailles, sont plus courtes et plus larges que les autres Annélides. Au-dessus de ces écailles, et comme pour les cacher, sont des étoupes qui brillent de tout l'éclat de For.

ABRANCIES.

On ne voit à l'extérieur de ces animaux aucun organe de respiration. Les uns respirent par toute la surface de leur peau; les autres au moyen de cavités intérieures. On les divise en deux familles, suivant qu'ils ont des soies pour faciliter leurs mouvements, ou qu’ils en sont privés.

Dans la première fanulle sont les Lombrics, dont le corps est long, cylindrique, formé par un grand nombre d’anneaux. Ils manquent d’yeux, de tentacules et de branchies, leur bouche n’a pas de dents; leurs petits viennent au monde

vivants. Le Ver de terre, que tout le monde connaît, en est presque le type uni-

que ; sa longueur, qui peut bien atteindre trente centimètres, renferme plus de cent vingt anneaux. Ce Ver est mou, couleur de chair, à reflets métalliques: 1l se nourrit de terre végétale, de racines ou de substances animales. Les Naïades existent en grand nombre dans les eaux douces; une partie de leur corps plonge dans la vase, l’autre est continuellement agitée. Ces petits animaux ont un corps allongé, et les anneaux en sont moins marqués que dans les lombries. Les Clmènes, assez grosses, sont aussi enfermées dans un tuyau.

La seconde famille, caractérisée par l'absence des soies, comprend les Sang-

sues, qui, réunies à quelques autres espèces, forment, pan les Annéldes abranches, la petite famille des Hirudinées.

Cette espèce s'attache aux objets qui l'entourent, au moyen d'un disque aplau qui termine chacune de ses extrémités, et qui lai sert pour marcher. La bouche est au centre du disque antérieur, et se compose de trois petites mâchoires cartilagineuses, découpées en dents aiguës sur le bord hbre ; la morsure en est triangulaire. Celle que l’on préfère, comme saignée locale, est désignée communément sous le nom de sangsue verte; son corps est en effet verdàtre, marqué sur le dos de six bandes longitudinales, avee le ventre vert jaunätre au milieu, et voir sur les bords; on la prend dans les ruisseaux et dans les eaux dormantes, soit avec la main, soit à l’aide d’un petit filet de crin; les personnes qui font cette pèche se mettent ordinairement dans l’eau les jambes nues, et saisissent les sangsues à mesure qu'elles viennent s’y attacher.

On attribue tous les accidents qui surviennent quelquefois à la suite des piqures des sangsues à une autre espèce, de couleur plus foncée, connue sous le nom de Sangsue des chevaux; cette espèce s'attache sous la langue des chevaux et des ruminants, et les culüivateurs en débarrassent ces animaux avec du sel de cuisine. à

Les Sangsues jouissent d’une extrême vitalité; on peut en conserver une en vie, même plusieurs jours, après en avoir coupé les deux extrémités. On rapporte aussi que l’on en à vu quicontinuaient de vivre après ètre restées un mois dans un morceau de glace. On a fait un emploi si considérable de Sangsues depuis plusieurs années, qu'on n'a pas tardé à épuiser les marais du Berri et du Nivernais, où elles étaient en abondance. I a fallu en faire venir de l'Italie, de FEspagne, de la Bohème et mème des frontières de la Turquie. On en consomme à Paris plus de trois nullions d'individus par an; et comme l'Angleterre tire de chez nous ce précieux animal, le commerce des Sangsues a pris depuis quelque temps une grande extension. On a cherché le moyen de les conserver pour les employer de nouveau: on les met, à cet effet, dégorger dans de la cendre froide, mais elles ne peuvent servir que plusieurs mois après.

Une Sangsue toute hérissée de petits tubercules et désignée sous le nom de Verruqueuse, se trouve très-communément dans là mer.

Les Dragonneaux font aussi partie de cette famille ; leur corps, en forme de fil, n'offre ni pieds, ni branchies, ni tentacules. Ils habitent dans les eaux douces et dans les terres inondées qu'ils percent. dans tous les sens. L'espèce la plus connue est longue de plusieurs centimètres, presque délite comme un crin, brune ; elle à les extrémités notrâtres.

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