‹ Musée de l'Ermitage impérial. Notice sur la formation de ce musée et description des diverses collections qu'il renferme avec une introduction historique sur l'Ermitage de Catherine IIChapitre 111 sur 304 · Le Jeu d'Amour · texte numérisé non relu

Le Jeu d'Amour

Grand in 4° de 15 ff. vélin, avec ornements en or et en couleurs. C’est un jeu de hasard très-singulier, où chaque nombre amené par le jet de trois dés, donnait un sens de galanterie, exprimé par le poète en vers français.

Une note de Dubrowsky dans le volume nous apprend qu’il possédait déjà ce ms. en 1780, c’est-à-dire 15 ans avant l'incendie de la bibliothèque de l’Abbaye de St Germain des Prés, à laquelle le ms. a peut-être appartenu.

On lit au verso du dernier feuillet, un sonnet très-injurieux contre Henri III et ses mignons.

Reliure moderne en maroq. rouge.

(Dub.) Vitrine 4.

Nota. Le ms. porte un ancien numéro 2295 qui manque dans le catalogue de la bibliothèque Colbert (Montf., Tome 2. p. 959).

Ce poème paraît être le même que: Le Dodechedron de Fortune, livre non moins plaisant et recreatif, que subtil et ingenieux, entre tous les jeux et passetemps de fortune, autrefois compose par Jan de Meun pour le roy Charles V, et mis en lumière par F. G. L. (François Gruget). Parts, Vincent Sertenas (ou Gilles Robinet), 1556, petit in 4° (Voyez Brunet. T. 3. p.377). Cet ouvrage est la publication du ms. N0 2734 de la bibliothèque Colbert (Montf., Tome 2, p. 973).

Ce jeu astrologique se joue avec un dé à douze faces appelé dodechedron, lesquelles correspondent aux douze maïisons du ciel; chaque face offre un numéro qui renvoie à un horoscope ou un conseil exprimé en distique français, exemple:

Ne sois jaloux dessus ta femme Qu'on ne t'en donne plus grand blasme.

‘a 7M6 maison du ciel appelée Angle d'Occident:

Ceste maison haute l'usage De se soubsmettre en mariage.

On demande:

Si aucun que l’ Amour tourmente A chef viendra de son attente?

Ce qui renvoie à ce distique:

Cestuy sera comme j'entends Remis partout dans certain temps.

Ce jeu, très-compliqué, correspond évidemment au Jeu d'Amour.

5.2.33. Instructions du doge Agostino Barbarigo à Gradenigo, amiral des galères de Venise.

In 4° de 60 ff. vélin, écriture cursive; portant la date de 1492, au f. 43.

dh

Sur le premier feuillet, une miniature offrant le doge remettant à Gradenigo agenouillé, le livre de ces instructions, avec entourage orné, et au bas du feuillet, l’écusson des Gradenigo.

Reliure du temps; en veau fauve. . (Dub.) Vitrine 5.

9. 2.30. Les Evangiles des Dimanches et fêtes de l’année, en latin.

In 4° de 112 ff. vélin, à 2 col; 9 grandes miniatures, remplissant la page presque entière, et 76 petites, sur une seule colonne; initiales et ornements en or et en couleurs. On remarque au bas du premier feuillet, l’écu de France couronné.

Les miniatures paraissent être françaises et exécutées de 1535 à 1550, celle du f. 33 porte le millésime de 1546.

Reliure du temps; en maroq. rouge, avec couronne

d'olivier sur les plats. (Dub.) Vitrine 6.

5.2,39. Epistres de SaintJherome. translatées du latin en françois par frère Anthoyne du Four docteur en théologie de l’ordre des frères prescheurs, evesque de Marseille; dédiées à la reine Anne de Bretagne.

Petit folio de 64 ff. vélin, écriture de 1505; 12 grandes miniatures avec encadrements ornés; grandes initiales €n or et en couleurs.

Ce maguifique ms. a été exécuté pour Anne de Bretagne par les mêmes artistes qui peignirent depuis le ms. des Epitres au roi Louis XII (voyez plus loin).

La 1° des admirables miniatures qui ornent ce ms. de dédicace, représente l’auteur offrant son livre à la reine. Ce sont des portraits de la plus grande beauté. On remarque

dans les ornements la Cordelière, ordre de chevalerie féminine que la reine avait institué pour les dames de sa cour. Cette cordelière est répétée au feuillet 2 où elle forme une majuscule d’une rare élégance.

Au-dessous de quelques miniatures, qui sont autant de tableaux, on lit la devise en espagnol de la reine Non mudera (ne changera pas). Les bouts de lignes des pages sont remplis d’ornements en or et en couleurs.

. La onzième miniature offré la cofimunion de Saint Jérôme. Dans la douzième il est représenté venant d’expirer, couché sur la cendre; l’âme du saint, dégagée de son corps, paraît, sous la figure d’un enfant (symbole d’innocence) porté par les anges, devant Jésus-Christ qui la reçoit en la bénissant; et au bas du tableau, une petite miniature offre cette âme, pure et radieuse, toujours escortée par les anges, apparaissant à un moine assis devant un livre, qui est peut-être celui de la vie du Saint. On lit vers la fin du ms.:

Ces choses finies le glorieux Sainct reçoit le corps de Nostre Seigneur Jésus Christ en une douleur telle que langue ne plume ne sçauroient dire en escript.

Ce ms. et celui des Epîtres à Louis XII sont tous les deux incomparables, et on doit les considérer comme les chefsd'œuvre de la peinture française. \

La 1° miniature est gravée dans les Monuments de la Monarchie françoise (Montfaucon, Tome IV, p. 98) où il est dit que ce précieux ms. faisait partie de la bibliothèque du roi.

Reliure moderne; en velours rouge, avec garde en drap d’or.

Nota. Ce ms. porte un ancien numéro 201. D’après une citation de Montfaucon, il est bien évident que c’est le ms. dont il fait mention sous le N° 188, dans la bibliothèque de St Germain des Prés, sous le titre: Lettres de St Jérôme présentées à la reine Anne de Bretagne par Antoine du Four, dominiquain. (Bibl. Coislin. 2° liste p. 1088).

(Dub.)

Vitrine 6.

5.3.26. Somme abrégée de théologie. par Albert le Grands translatée du latin en français.

In fol. de 215 ff. vélin à 2 col., écriture du commen-

cement du siècle; une grande et belle miniature à mipage en tête, représentant un chevalier, à genoux devant la Sainte Vierge.

On voit sur la cotte d’armes du chevalier les trois fermaux d’or qui se retrouvent dans les armoiries, au bas de la page, sur un écusson de gueules porté par deux anges. Cet écusson est peut-être celui de la famille de Kaerbout. Un listel déroulé devant le chevalier, offre cette légende:

Qui de Théologie Dame le sentier estes et l’adresse

Venez et gardez ma poure (pauvre) ame que de péché ne

soit l'adresse.

Reliure du temps; en bois, avec velours violet.

(Dub.) Vitrine 6.

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