‹ Musée de l'Ermitage impérial. Notice sur la formation de ce musée et description des diverses collections qu'il renferme avec une introduction historique sur l'Ermitage de Catherine IIChapitre 276 sur 304 · SCULPTURE ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

SCULPTURE ÉGYPTIENNE

1. PASCHT ‘assise, vêtue de la sindone et tenant de la main gauche la croix ansée. Elle offre le beau style de la XVIII* dynastie et dans les deux cartouches, le nom et les prénoms du roi Aménophis III (Memnon) qualifié comme: l’aimé de Pascht, dame des avenues des palais. La figure qu'on voit représentée deux fois sur les côtés du trône et où on reconnaît deux plantes réunies, caractérise la réunion des deux parties de l'Egypte. Cette statue en basalte, fut acquise en Egypte par S. E. M' A. Noroff qui en parle dans la description de son voyage (Vol. IT. p. 130. 131). La qualification de Pascht, comme dame (domina) des avenues des palais, est très-curieuse, parceque l’on sait, qu’il y avait à Thèbes de grands pronaos, remplis de statues de Pascht, disposées en allées. Cette déesse y jouait probablement le rôle de gardienne, vu sa tête de lionne; car, suivant le témoignage d'Horapollon, le lion était un symbole de la vigilance. Des statues semblables se trouvent au Louvre, ainsi qu’au Vatican !).

1) M' le vicomte de Rougé, conservateur honoraire du Musée égyptien du Louvre, a bien voulu déchiffrer et expliquer les inscriptions en hiéroglyphes, décorant les objets de notre Musée.

2. GROUPE DU BASILICOGRAMMATE AMENEMEHES, de sa mère Konra et de sa sœur Taïseunofre. Ce petit monument du temps du roi Amenophis I, représente Amenemhès assis entre sa mère et sa sœur. Il est vêtu de la sindone qui laisse à nu la partie supérieure du corps. Dans l'inscription, décorant le pilier du dos de ce groupe, Amenemhès est qualifié comme fils de la dame Konra, comme Basilicogrammate, aimé du roi et chef des magasins d’'Ammon à Thèbes. Les mêmes titres sont répétés dans l'inscription du vêtement où Amenemhès est nommé aussi chef de la maison dans la demeure du roi Amenophis I. Amenemhès est assis entre deux femmes, vêtues de sindones, qui les couvrent entièrement. Celle à droite est Konra, sa mère, elle pose la main gauche sur l’épaule droite de son fils Selon l'inscription qui orne la sindone, Konra était vouée au culte d'Ammon (ræhXaxtç). La femme à gau-

. che est Taïseunofre, sœur d’Amenembhès et supérieure des femmes d’Isis et d’Athor, dames des deux pierres, Elle est vêtue comme sa mère et pose la main droite sur l'épaule gauche de son frère. Les hiéroglyphes du pilier de ce groupe renferment des invocations funèbres, adressées au soleil, à Osiris infernal, à Nout-fré et à Isis. Ces prières expriment clairement l'espoir de la résurrection du corps et de contempler le soleil face-à-face, but suprême de l’âme juste; elles indiquent la foi en une continuation de la vie dans les sphères célestes. Ce petit groupe est intéressant encore en ce que dans ces inscriptions on voit le dessein de supprimer la lettre N.

Donné par le Pacha d'Egypte, en 1852, à feu Monseigneur le Duc de Leuchtenberg et offert par lui à l'Empereur Nicolas I.

8. SARCOPHAGE D'AHMÈS (Amasis) fils de Séba Pascht. Le couvercle de ce grand sarcophage en basalté noir, offre la figure du défunt, ornée d’une barbe artificielle, attachée au menton au moyen d’un ruban. Au-dessous de la figure on voit un riche collier, orné de deux têtes d’épervier et Isis, ou la Vérité ( A\nSetc), accroupie, surmontée d’un globe et tenant dans chaque main une plume d’épervier. — A gauche, Isis, accordant à Ahmès le spiraculum vitae, en emplissant ses narines des souffles qui le diviniseront. A droite, Nephthys lui fait un don semblable. Les hiéroglyphes renferment un chapitre du rituel funéraire, une prière adressée aux juges de l’enfer. Le nom d’Ahmès même est toujours martelé par une main hostile à la mémoire du défunt. Sur le sarcophage même on voit une porte, gardée par Anubis, sous la forme d’un chacal, et par le personnage qui se nomme celui qui combat les méchants. Anubis adresse un discours favorable au défunt, qui doit entrer par cette porte. Du côté des pieds sont gravés Sev, père d'Osiris et l’Amenti, déesse de l'enfer; et sur Îles flancs, un grand nombre de divinités et de génies funèbres.

Ce magnifique monument est de l’époque saïte, et fut trouvé, en 1852, dans un caveau au pied de la grande pyramide de Chéops (entre la pyramide et Île sphinx) par feu Monseigneur le Duc de Leuchtenberg.

H. 1 a. 7 v. L. 3 a. 7!/, v. Larg. 1 à 11 +.

4. SARCOPHAGE DE LA REINE SÉBA PASCHT, mère d'Ahmès. Ce sarcophage fait pendant avec le précédent, tous les deux ont été trouvés sur la même place. Le couvercle offre la tête de Séba Pascht; et, au-dessous, le collier orné de têtes d’épervier, ainsi que la figure d'Isis (ou d’'’AXndetc) mais sans les plumes d’épervier. Dans les inscriptions le nom de la reine a subi

le même sort que celui de son fils; il a été martelé avec soin, probablement en suite de quelques prétentions au trône ou d’une révolte; une seule fois il a échappé aux coups de ceux qui eurent l'intention d’outrager la mémoire de la défunte. L'inscription du couvercle est adressée au dieu Sev, à qui on demande que la dame Sébu Pascht, entre dans le ciel, qu’elle voie le soleil et qu’elle reçoive la vie divine pour l'éternité. Sur le sarcophage même est gravé un discours d’Anubis à la défunte et l’Amenti perRonnRes qui la reçoit . avec faveur.

H. 1 a. 6 v. L. 3 a. 6!/, v. Larg. 1 a. 10!2 v.

5. PRÊTRE NAOPHORE, fragment de la figure agenouillée d'un prêtre, tenant devant lui la figurine d’une femme assise, mais dont la tête manque (probablement Isis). On reconnaît pourtant les traces du pschent, dont cette figurine était coiffée. De chaque côté de la petite figure, un horap (épervier), les jambes seules se sont conservées. Le pilier placé derrière le prêtre, le siége de la femme assise et le bord de la pièce entière sont ornés d’hiéroglyphes. Sur le dos, le nom du personnage: Tefnacht, fils de Peteharsoun. La légende du siége est une invocation à MNeith, la divine mère, dame du ciel, reine des dieux. Les petites légendes, à droite et

à gauche du siége, sont des invocations à Horus,

seigneur du Midi, et à Horus, seigneur du Nord. Leur

position respective indique comment la figure était

censée orientée, probablement la face tournée au le-

vant. Le bord renferme une autre prière à Neïth. Basalte. (Collection Laval.)

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