Grandes chroniques de Saint Denis
3 vol. in fol.
Ce recueil curieux fut rédigé, en latin, par les religieux de l’Abbaye de Saint Denis qui étaient, à vrai dire, les bistoriographes des rois de France. Cette rédaction contipua jusqu’à la fin du règne de Louis XI. C'était, en quelque façon, l’histoire officielle de France, comme le Moniteur universel de nos jours.
On eut l’idée de traduire en français ces chroniques vers le 13° siècle; mais la translation authentique fut faite par les ordres de Charles V. Le beau ms. que fit exécuter ce roi de France, avec des miniatures, existe à la Bibliothèque impériale à Paris, et peut être considéré comme le véritable texte de la version française. M° Paulin Pâris, de l’Institut, qui a publié une nouvelle édition des Chroniques de Saint Denis, avec des notes (Paris, Techener. 1836—1839. 6 vol. 8°), d’après les mss. de la Bibliothèque impériale et de la bibliothèque de Sainte Geneviève, n’a pas suivi le texte de l’édition imprimée en 1496, mais a conservé le texte original, tel qu'il fut écrit par ordre de Charles VI et présenté à ce roi. Dans l'édition de Pasquier Bonhomme (Paris, 1476. 3 vol. in fol. à 2 col. goth.) le texte avait été rajeuni et modifié; il subit encore des changements de langage et d'orthographe dans les éditions de
Verard et de Guillaume Eustace imprimées, la première en 1493 et la seconde en 1514.
Au reste, les mss. des Chroniques de Saint Denis en français sont très-nombreux; on en trouve dans toutes les grandes bibliothèques en France et ailleurs. La Bibliothèque impériale à Paris en a plusieurs dans lesquels le texte varie sans cesse, ainsi que les noms propres et les noms de lieux. Sous Charles VI on fit beaucoup de cas de ces mss. divisés en trois volumes in fol. et semblables à celui de l’Ermitage, sauf les variantes de texte, résultant du fait seul des copistes qui modifiaient le langage en copiant, suivant qu'ils étaient ou Normands ou Picards ou Blesois ou Bretons.
Nous devons ces renseignements à notre ami M' Paul Lacroix à qui nous avions communiqué des remarques que nous avions faites dans le ms. de l’Ermitage. En le feuilletant à nouveau, nous y avons trouvé un écusson armorié répété treize fois, et toujours le même, dans l’initiale ornée en tête des principaux livres.
Cet écusson est le suivant: d'argent à la croix denchée (ou engrèlée) de sable, cantonnée de quatre merlettes du même, qui se trouve être celui de la famille Sanguin de Meudon.
L’écusson n’est figuré ni chez d’Hozier, ni chez Menestrier, ni chez Dubuisson, ni dans le Dictionnaire héraldique de l’abbé Migne, mais nous l’avons trouvé indiqué dans l’A4rmorial Universel de Jouffroy d’'Eschavannes. Tome 2. p. 383, et chez Magny (La science du blason) qui dit de la croix, dentelée.
L'ancien château de Meudon devint la propriété de la maison de Guisc; et il est à croire que notre exemplaire dont la reliure est fleurdelysée d’or, provient peut-être de la bibliothèque d'Henri IIL où il serait arrivé par achat ou par confiscation, et où il aurait reçu sa reliure actuelle qui, d’ailleurs, à en juger par la forme des fleurs de lys, peut aussi bien indiquer la bibliothèque d'Henri IV. |
Comme nous l'avons dit, page 54, un des tomes de ce ms. intéressant est exposé ouvert (dans la Vitrine 5) à un des feuillets où se trouve peint dans l’initiale cet écusson; et un autre volume est exposé fermé (dans la Vitrine B) pour que le visiteur puisse juger de la reliure.
Atin de donner au lecteur une idée du texte et des variantes du texte de ce ms. voici l’en tête du tome 1°" de celui de l’Ermitage:
Table.
Cy commence la table des tables contenant les livres et les fais des roys qui sont es cruniques de france si que on pourra savoir en regard et le nombre mis sur chiüin (chacun) on quel feuillet les [ais des roys seront situez et mis (rubriqués). Feuillet 8 recto. Cy commence le prologue des cronigues de france {rubriqués).
Cil qui ceste œuvre commence. A tous ceulx qui ceste hystoire liront salut en nre (notre) seigneur.
(Dans l’initiale, l’écusson décrit plus haut.)
Dans le ms. de la bibliothèque de l’Arsenal, à Paris (coté 142. Histoire), qui offre en 1 vol. fol. le même texte que le ms. de l’Ermitage en 3 vol. fol.:
Cy commencent les croniques des roys de nes translatees du latin en francois.
Cil qui ceste œuvre commence a tous ceulx qui ceste histoire liront salut.
Ermitage. F.4 verso. Sous une grande miniature à quatre compartiments, à mi-page:
Le premier chapitre parle comment les francois sont de troye la grant de la lignie au roy priant (Priam) descendus (rubriqués).
Quatre cens et quatre ans avät que romme fut fondee regna priant en troye la grant. Il envoia paris ainsne (aîné) de ses filz & grece pour ravir la royne helaïine la femme au roy menelaus pour soy venyier dune honte q. les grieux (Grecs) lut avoient faite (Dans l’initiale, le même écusson.)
Arsenal. Le premier chapitre comment les francois des troiens de troye la grant et de la genealogie des roys, etc.
Ermitage. F.18 verso. Après le récit de la mort de Clovis:
Cy fenist le premier livre des croniques de france et commence le second (rubriqués)..
F.19 recto. La table du second livre.
— verso. Sous la miniature, représentant les quatre fils de Clovis, la couronne en tête, vêtus chacun d’une longue robe dont l’une est bleue, fleurdelysée d’or; la seconde (à gauche), bleue, ornée de fils d’or; la troisième, lilas, parsemée d’ornements d’or; tous les quatre entourés de leurs conseillers, vêtus de longues robes, de différentes couleurs. Le fond
de la miniature est rouge, à ornements en damier, fleurdely- .sés d’or.
Le premier chapitre parle comment le royaume fut departi aux LIII filz a roy clovis et de la mort clodomitres (rubriqués). Le fort roy clovis ot (eut) quatre filz de la royne crotilde clodomires childebert theodorich et lothaïre tous ces quatre furent roys et deviserent le royaume en quatre parties, theodorich le siege de son royaume a mets (Metz) clodomires a orliens Ms clotairc a soissons et childebert a paris comme le pere. (Dans l’initiale, le même écusson.) Arsenal. Le fort roy clodoe ot quatre filz de la royne crotilde qui ainsi furent nommez clodomire childebert theodorich et lothaire, etc.
Ermitage. F.36 recto. Cy finent les chapitres du secôd livre des croniques de france et commencent les chapitres du tiers livre (rubriqués).
F.38 verso. Sous la miniature, en tête d’une des colonnes de la page, représentant le mariage du roi Chilpéric:
Le IIII* (chapitre) comment le roy chilperich espousa la seur bruneheust (la sœur de Brunehaut) mais en ce teps (temps) tenoit il plusieurs femmes en concubinage dont il advint que lune de ses sougnaus (?) fist tant envers le roy dessô dit quil estrangla en son lit sa femme en dormant quil avoïit espousee.. (rubriqués).
Chilperich le roy de soissons estoit si habandonne a luxure que tousiours menoit il grans tuurbes de femmes avec ques lui contre lonnestete (l'honnêteté) de son estat.
Dans l'édition de Pasquier Bonhomme, il y a:
Le premier chapitre comment le roy chilperich espousa la seur Bruneheust, mais en ce temps tenoit il plusieurs femmes en surgantaige dont il advint que lune des surgans fist tant envers le roy dessus dit quil estrangla en son lit sa femme espousee et dormant.
Arsenal. Le premier chapitre comment le roy chilperich estrangla sa femme et comment il laissa la segonde de par la malice fredegonde, etc.
À ]la fin de notre ms. on lit, au f. 187 verso: Cy fine lystoire du roy charles le cinguiesme. Au-dessous: Sensuit listoire du roy charles VI* de ce nom (rubriqués). Au f.188, sous la miniature à deux compartiments, formant l’en tête du recto, et offrant le couronnement de Charles VI, on lit:
Du couronnement du roy charles VI (rubriqués).
Lan de grace mil IIIC 111114 (1380) devant diz fut le dit roy charles nôe si° (notre Sire) couronne a reins le dimenche LILI jour de nonnembre en la fin de son XIFan (Dans l'initiale, le même écusson).
Le verso du feuillet (qui est le dernier) n’est écrit que jusqu’à la moitié de la 1" colonne, et manque d’une fin. Arsenal. Dernier chapitre du ms.
Le 111144 et X° chapitre du commencement dugger chorles V°.
Derniers mots du chapitre:
Et feust tout le royaume gouverne par luy et en son nom lequel avis fut raporte aux dits ducs lesquels le consenttrent el orent agreable.
Nous avons abrégé les citations, qui ne pouvaient entrer, trop en détail, dans notre Notice. Nos lecteurs en Russie pourront apprécier par celles que nous avons faites, du style de ce ms. intéressant qui donne une idée de la vieille langue française, si remarquable par ses expressions pittoresques et naïves.
Nous avons décrit, pages 194, 195, les objets sassanides trouvés en 1859, sur les frontières de la Transcaucasie.
Une lettre que nous avons reçue de Tiflis de notre savant ami M' le général J. de Bartholomaei, nous permet d'ajouter à notre description les notes suivantes:
Le Zend-Avesta mentionne comme l'oiseau de Sérosch l’étourneau rose, l'ennemi de la sauterelle, qui se nomme en persan de nos jours sér, en arménien sériak, dérivé sans doute de sérosch.
La réunion du corps de l'oiseau avec le buste d’Ardouissour (source pure, eau vivifiante) est d’autant plus rationnelle que l’on trouve dans le Zend-Avesta: que je s0ts izeschné (que j'adore) à l’eau qui vient au secours de l'oiseau qui combat les div. Le mythe est donc complètement exprimé par cette réunion de deux figures qui se trouvent bien convenir à un seau destiné à contenir l’eau consacrée aux ablutions, dans un temple pyrolâtre.
Cette intéressante particularité sur les restes d’un monument qui nous semble offrir une grande importance dans ce qui se rapporte au culte des anciens Perses, nous a engagé à poursuivre nos investigations; et nous nous sommes adressé à notre ami M le baron Desmaisons, l’habile orientaliste, pour avoir quelques autres renseignements sur l'expression désignant l'oiseau figuré sur la pièce en bronze dont il est question.
Les mots sér, sdri, sdrék, sdridÿ et sériche sont traduits dans le dictionnaire Bourhân-1-qât par: oiseau noir, avec de petites mouches blanches du genre de l’oiseau appelé malakh-khär, c'est-à-dire otseau qui dévore les sauterelles.
Le sdr est plus petit que la colombe, et il a une voix agréable. L'auteur du Bourhân -1i-qâti raconte que l'on trouve dans le Kouhistan une source appelée A6--mourghän, c'est-à-dire eau des oiseaux, et tchechmé-1-sér, c’est-à-dire source des sdr. Un peu d’eau de cette source portée dans n'importe quelle localité, y est aussitôt suivie d’une quantité de sér qui dévorent et détruisent toutes les sauterelles qui ravagent cette localité.
D’après le dictionnaire Férhen qui - chououri, le sdr se nomme en arabe zourzour, c'est-à-dire éfournenu; et en turc, sighirdÿiq.
Le mot sdridj ressemble beaucoup au mot sérosch; et le sériak des Arméniens n’est autre que le sdrék des Persans.
À page 202.
Armoire L.
Tablette 2 (3° compartiment).
43a. Edole mexicaine.
Serpent à sonnettes, roulé sur lui-même, en deux anneaux, et dardant la langue.
Pièce en basalte, d’une boune exécution. Diamètre 5!/
sur 5%, verchoks.