Missel, en latin
In fol. de 451 ff. vélin, écriture très-belle à longues lignes. Ce ms. parfaitement conservé, a été exécuté évi-
demment en France, en 1490, suivant la date indiquée sur le premier feuillet, en tête de la table paschale. C’est un des plus beaux et des plus complets missels qui existent en Europe. Calendrier; extraits de l’Ancien Testa-
NI
ment, des Evangiles et des Epiîtres destinés à être lus pendant le service, ainsi que les prières; musique des oraisons, — tout s’y trouve.
Le ms. est orné aux ff. 222 verso et 223 recto de deux grandes miniatures remplissant la page, offrant la première, le Christ crucifié entre les deux larrons avec les Saintes femmes au pied de la croix; la seconde, le Christ dans sa gloire ressuscitant les morts, et le Jugement dernier; dans le tour de page, orné richement, on lit en marge, en lettres d’or, Ave Maria gracta plena (ces mots sont répétés avec de beaux ornements dans d’autres tours de pages du ms.). Au verso du f. 223, est une grande initiale à miniature, offrant un prêtre célébrant la communion.
Les grandes initiales, en or et en couleurs, sont trop nombreuses dans le volume pour pouvoir être comptées. Elles diffèrent toutes dans leur ornementation qui varie dans chacune; le peintre y a déployé un soin extrême pour n’en point répéter les motifs qui offrent en général, sur un fond d’or, des semis de fleurs, des rosaces de fleurons en damier, des figures d'animaux, des oiseaux, etc. Il y a en outre une infinité d’autres initiales moius grandes où l’on remarque souvent des grotesques et des animaux fantastiques, qui se rencontrent aussi en grand nombre dans les tours de pages ornés.
Outre ces grandes initiales, il s’y trouve (indépendammens de celle du f. 223) 17 superbes initiales plus grandes, renfermant chacune une très-belle miniature. Les sujets méritent d’en être indiqués. F.28, apparition de l'étoile miraculeuse aux bergers. F.69, les mages devant l’Enfant-Jésus. F. 81, l’Enfant-Jésus présenté à Siméon. F. 218, un prêtre donnant la communion à quatre religieuses bénédictines; au bas du tour de page, des anges faisant de la musique. F. 235, la résurrection du Sauveur; au bas du tour de page, le chiffre J. M. lié par la Cordelière, ordre de chevalerie féminine institué par Anne de Bretagne (Voyez le ms. 5.2. 39. Epitres de S'Jérôme, dédiées à la reine Anne. 16€ siècle). F. 244, ascension du Sauveur dont l’empreinte des pieds est restée
sur le tertre autour du quel les Apôtres sont agenouillés, les : |
yeux levés au ciel, où l’on ne distingue plus que les pieds de Jésus-Christ. F. 260, Descente du Saint-Esprit. F. 268, le Christ assis, tenant la croix et de la main gauche le Saint Livre sur lequel un pape, la tiare en tête, appuie la main droite, en tenant de ja gauche le globe, surmonté de la croix. F, 277, institution de la Pâques. F, 302, la légende du Juif voulant détruire l’hostie dans l’eau bouillante, sur laquelle elle suroage et d’où s'élève le Sauveur crucifié; au bas du feuillet, le mème chiffre J. M. avec la Cordelière en or, sur un écusson d’azur suspendu à un arbre chargé de fruits. F. 303, le baptêème du Sauveur. F. 326, S' Pierre et St Paul tenant les clés et le glaive. F. 837, la Vierge entourée d’une gloire. F. 349, le Sauveur, tenant l’agneau pascal, entouré de saints, de martyrs et d’anges. F. 364, le cimetière d’un monastère où deux religieuses bénédictines sont debout, au pied du crucifix. F. 375, martyre de S'® Catherine; au bas du tour de page, la roue surmontée d’une couronne, le glaive et les palmes de son martyre; de chaque côté, les mêmes religieuses agenouillées. F. 439, S! Roch, il semble, dans un paysage; un ange vieut au devant de lui; à ses pieds, un faon. Cette dernière initiale est en tête de l’oraison intitulée De St Roch antiene.
Dans le tour de page du f. 38, le même chiffre J. M. en or avec la Cordelière, figure sur un écusson ovale d’azur, suspendu à un arbre. On pourrait croire d’abord que ce chiffre offre les initiales de Jesus Maria; mais, vu la présence de la Cordelièrel) et la nature de l’écusson, il est plus à supposer que c’est le chiffre d’une dame de grande famille, peut-être de la cour d'Anne de Bretagne qui lui avait conféré cet ordre de chevalerie féminine, et pour qui ce beau ms. a été fait. Il ne porte d’ailleurs aucune autre indication.
Reliure du temps; en bois, couvert de peau de truie. Les ais étaient garnis de coins en métal qui manquent, mais le volume a encore ses fermoirs.
Acquis, en octobre 1860, par SA MAJESTÉ.
Vitrine 6.
42,30. Psalterium cum musica.
Petit in 4° de 53 ff. vélia.
Reliure en bois, couvert de peau d'âne, avec un seul
1) On peut cependant admettre aussi que la Cordelière d’or est un lacs d'amour,
termoir en cuivre, s’agrafant sur un des plats. Spécimen de reliure des bibliothèques de couvents.
(Weiss.) | Vitrine C.