IX
iiKuix ainsi ropréscntos sur les objets li'ouvcs jiiS(iu'ici en France sont principalement des rennes, ("t comme il n'en existe plus dans nos climats depuis un temps qui remonte bien au delà des plus anciennes traditions, on peut juger à (pielle antiquité il faut reporter l'origine des aris du dessin.
On n'a pas lieu de penser que l'apparition de l'art ait été très-postérieure aux premiers essais de l'industrie. Les peuplades les plus sauvages ont leurs fétiches grossièrement sculptés. L'art est l'expression d'une faculté intellectuelle inhérente à l'espèce humaine, et son développement, comme celui de toutes les autres formes de l'activité sociale, se rattache à la fois à des conditions de sol et de climat, aux aptitudes inégales des différentes races, et par-dessus tout à l'influence des idées morales et des formes politiques.
Le long des grands lleuves de l'Egypte et de l'Asie, sont nées les antiques monarchies qui répondent à l'enfance de la civilisation. Plus tard, autour du bassin de l'Archipel et do la Méditerranée, se sont développées les sociétés républicaines (]ui ont porté l'art à un si haut degré de perfection, cl auxquelles se rattache toute la civilisation de l'Europe moderne.
L'Egypte, qui paraît avoir été le siège de la plus ancienne des sociétés civilisées, est couverte encore aujourd'hui de l'uines imposantes, el la connaissance des caractères hiéroglyphiques permet désormais de distinguer les phases successives du développement de l'art égyptien. Malheureusement, à l'exception des pyramides que leur masse énorme a préservées de la drsiruction, il reste peu de monuments des premières dynasties. Ces monuments ne contiennent ni bas-reliefs, ni peintures symboliques, mais on possède des statues isolées de bois ou de pierre, qui datent de cette
('poqiio [irimilivo, et doul quelques-unes ont ligure ù l'exposilion universelle de 1867. Il y a dans l'exécution de ces statues une grande recherche de la réalité, et rien n'annonce encore les types hiératiques des monuments de la haute Egypte, qui appartiennent à une époque postérieure.
La sculpture égyptienne n'a donc pas commencé, coniuie on l'a cru longtemps, par le symbolisme religieux, mais par l'étude et l'imitation des formes réelles. Son développement s'arrêta quand elle l'ut parvenue à traduire chaque ordre de fait par un type, c'cst-ù-dire par une formule générale exprimant les caractères distinctifs de chaque chose. Ces types généraux furent consacrés par l'autorité et fixés par la tradition. La sculpture fut, pour la caste sacerdotale, une sorte de langue visible, destinée à fixer la pensée sur la pierre. C'était moins un art qu'une écriture monumentale et symboli(iue dont les mois sont des formes, et où chaque représentation d'une même forme semble avoir été exécutée d'après un modèle unique. Dans cette période qui répond au second empire égyptien, et qui commence à l'expulsion des pasteurs, la sculpture fut employée principalement à traduire des symboles religieux, ou à consacrer lo souvenir des actions des rois. Des bas-reliefs polychromes, relevés en bosse dans le renfoncement de la pierre, ornent à profusion les murs et les colonnes des palais et des temples. Les statues, exécutées en pierre très-dure, ont un caractère archilectonique et des dimensions souvent colossales. La proportion des membres est observée avec une précision mathématique, les détails sont sacrifiés aux grandes lignes, mais les formes sont plutôt géométriques qu'organiques. Les figures d'animaux sont rendues avec plus de vie et de profondeur que la ligure humaine. Dans les sphinx et
autres créations liyl)rides, fornicos par l'associalion de types hétérogènes, on reconnaît moins un produit de l'imagination que l'expression symbolique d'une idée.
Si de l'Egypte, qui offre le type complet de l'art sacerdotal, on passe à l'Assyrie et à la Perse, on y trouve les monuments d'une civilisation puissante, mais ce n'est plus une monarchie théocratiquc, c'est une monarchie militaire et féodale. Dans les has-reliefs qui décorent les immenses palais de Tcliil-Minar et de Nascki-Roustam, comme dans les sculptures du même stylo qu'on a retrouvées récemment à Mossoul et à Khorsabad, la symbolique religieuse tient très-peu de place. Les sujets qu'on y voit le plus souvent reproduits sont des expéditions guerrières, des chasses royales, et d'interminables processions de courtisans solennels. Le roi, beaucoup plus grand que les autres figures, comme dans les bas- reliefs égyptiens, terrasse gravement ses ennemis, ou combat des griffons ou des bêtes féroces. Les nombreux monuments qui nous restent de la sculpture assyrienne et persane, appartiennent à un art très-avancé ; le dessin en est ferme ; les figures d'animaux sont rendues, comme en Egypte, avec une remarquable netteté. Mais la dureté des lignes, les formes trapues et accentuées, attestent partout que chez ces races, à la fois guerrières et serviles, c'est le culte de la force qui domine et non le vrai sentiment de la beauté. Ce sentiment ne peut se produire que chez un peuple libre. Kn Grèce, la religion n'était pas, comme en Egypte, le patrimoine d'une caste, le gouvernement n'était pas, comme en Asie, une autorité extérieure. Les Grecs seuls ont su rendre la forme humaine dans sa perfection idéale, j)arce que, chez eux, la religion et la poliiiipie avaient pour base une conscience jirofonde de la dignité humaine.
l/Éi^yiilo el TAlrique avaient alleint l'apogée de la eivilisalion, quand la Grèce en était encore à l'état palriarcol. On peut supposer que l(?s Grecs reçurent, de peuples plus anciens qu'eux, les premiers tMénienls de leur civilisation. Cependant, aux légendes ([ui parlent de statues consacrées par Kadnios, par les Danaïdes , par Kelvro|)s, on peut opposer d'autres légendes qui ailribueiit l'invention de la plastique à Hèpliaistos, à Proméihée ou à Dédale. Ces traditions contradictoires n'ont pas plus d'autorité les unes ({ue les autres, et sont toutes d'une époque récente. Homère ne parle pas de colonies égyptiennes ou asiatiques. Si on trouve dans ses poëmes ([uelques allusions à des ouvrages de sculpture, elles sont très-vagues et plus fantastiques que réelles. Les lions de Mykenes, qui sont les plus anciennes statues trouvées en Grèce, ressemblent aux sculptures assyriennes. On n'a pas d'autre monument de la statuaire qui puisse être rapporté à l'âge héroïque.
A celte ép0(juc primitive, les Dieux, c'est-à-dire les puissances cachées de la nature, étaient adorées dans leurs manifestations visibles, le ciel, la terre, les astres, les fleuves. Pour rappeler que tel lieu était consacré à telle divinité, on élevait un poteau de bois avec un pilier de pierre, non pas comme une représentation du Dieu, mais comme un signe de sa présence. 11 ne fallait pas beaucoup d'elfort jiour tailler le haut du poteau en forme de boule ressemblant grossièrement à une tète : on passait ainsi graduellement des formes symboliques aux formes imitatives. Au-dessus d'un pilier représentant une divinité guerrière, on plaçait un casque ; si c'était une Déesse, on l'entourait d'une étoffe précieuse figurant une robe. Quelques-uns de ces témoignages de la piété primitive restèrent debout jusqu'aux derniers temps du polythéisme, Aux carrefours des
chemins, à l'angle des champs, on élevait des bornes consacrées à Hermès, Dieu des routes et des limites ; de 1« vient que ces grossiers simulacres sont généralement appelés des hernies. L'art du polier, cultivé de très-bonne heure en Grèce, multiplia les figurines de terre cuite , moins pour l'usage des temples que pour le culte domestique et les tombeaux. En même temps, le goût des belles armes donna une grande impulsion à la ciselure des métaux, et la découverte de la fonte en forme, attribuée à Rhœcos de Samos et à son fils Théodore, fut d'un grand secours à la techni(iue de la statuaire.
Mais rien ne contribua plus aux progrès rapides de cet art que l'usage qui s'établit de consacrer les statues des athlètes vainqueurs à Olympie. L'étude du nu devint la première et indispensable éducation des sculpteurs, et les gymnases qui s'étaient multipliés dans toute la Grèce, depuis la conquête des Doriens, leur fournissaient toujours de nouveaux sujets d'observations et d'études. Au lieu de reproduire sans cesse des types consacrés, les artistes cherchaient à reproduire les formes multiples de la beauté humaine; c'est surtout par des représentations d'athlètes que s'illustrèrent les écoles doriennes d'Argos, d'Egine, de Sikyone. Quant aux antiques images des Dieux, consacrées par la vénération publique, quand on était obligé de les réparer ou même de les renouveler, on tâchait d'imiter autant que possible celles que le peuple était habitué à voir ; c'est ce qui donna l'idée d'ajouter à des corps de bois revêtus de riches étoffes, des têtes, des pieds, et des mains de marbre ou d'ivoire ; les ligures de ce genre se nommaient acrolithes. Puis on remplaça les étoffes elles-mêmes par des plaques de métal, ce qui donna naissance à la toreutiquo, branche inqiorlaiili' de la statuaire grecipir qui se
SCULPTDRE. ?
mariait avec rarchiteclure polychrome des temples, et dont il 110 nous reste malheureusement aucun vestige.
I.a sculpture était déjà sortie de l'enfance lorsqu'eut lieu l'invasion des Perses en (irèce. On n'a pas assez remarqué que cette invasion avait eu le caractère d'une guerre religieuse. La relii^ion des Perses, comme celle des Juifs, qui s'en rapproche beaucoup, était essentiellement iconoclaste. Les malédictions prononcées à chaque page de la Bible contre les idoles, le zèle iconoclaste des empereurs chrétiens, des musulmans, des premières Églises réformées, aident à comprendre l'acharnemeut avec lequel l'armée des Mèdes se rua sur les temples de la Grèce. Les Grecs, victorieux, décidèrent d'abord qu'on ne les relèverait pas, et que ces ruines resteraient comme un témoignage de la fureur sacrilège des barbares, mais cette résolution fut bien vite abandonnée. Dans sa reconnaissance pour les Dieux qui l'avaient préservée de la servitude, la Grèce éleva partout leurs images et se couvrit de temples et de statues. La destruction tant déplorée de ces simulacres imprima un immense élan pour la ^culplure. 11 fallait tout renouveler à la fois, et cela juste au moment où l'art, mûri par l'étude de la nature, entrait en pleine possession de luimême. C'est à cette époque qu'on rapporte les marbres éginétiques, le plus beau monument qui nous reste de la sculpture dorienne. Ces marbres, qui ornaient les deux frontons d'un temple, sont aujourd'hui dans la glyptothèque de Munich.
Athènes, qui avait plus soutîert de l'invasion que tout le reste de la Grèce, eut aussi la part principale dans la victoire, et conquit bientôt après une suprématie encore plus éflatante dans la sphère de l'intelligence. Les principes de liberté et d'égalité qui formaient le fond de la morale so-
â SCULPTURE.
ciale des Grecs, furent appliqués sous la démagogie de Périclès, avec une audace (jue les plus liardis novateurs modernes n'oseraient pas rêver. C'est à cette époque que les lettres et les ans arrivèrent en Grèce à leur plus haute perfection. La guerre médique ayant été à la fois nationale et religieuse, ce double caractère dut se reproduire dans le grand mouvement artistique qui suivit la victoire. Pour remolacer les anciens sanctuaires détruits par les barbares, on éleva successivement les temples de Thésée, d'Athènè Polias, de Poséidon et de Pandrose. Les architectes Ictinos et Callicrate construisirent le Partliénon ou temple de la Vierge, sur le plateau de l'acropole, à l'entrée de laquelle Mnesiklès éleva les Propylées. Phidias, à qui l'amitié de Périclès fit donner par le peuple la direction des travaux d'art, confia l'exécution des sculptures extérieures du Partliénon à d'autres sculpteurs, dont plusieurs, comme Alcamène, étaient plutôt ses rivaux que ses élèves, et se réserva l'œuvre la plus importante, la grande statue d'or et d'ivoire de la Déesse.
Cependant la faction aristocratique, hostile à Périclès, finit par susciter des embarras à Phidias qui fut obligé de quitter Athènes. On a même dit qu'il était mort en i)rison ; mais Emeric David a montré l'invraisemblance de celte assertion, contredite par le scoliaste d'Aristophane, et que Plutarque a eu tort d'accueillir. Phidias se retira en Élide, où il fit, pour le temple de Zeus, à Olympie, le fameux colosse d'or et d'ivoire qui, dès son apparition, fut salué par l'admiration unanime des Grecs comme le chef-d'œuvre de la statuaire. Malgré le temps qu'exigeaient ces grands ouvrages de toreulique, elle soin qu'il donnait à l'exécution des détails, Phidias fit un grand nombre de statues, parmi les(p)clles on cite un acrolitbo d'Athènè guerrière, pour les
Platéens une autre Athniè, (jn'oii siinioinma la hclle, pour l'île de Leinnos, el le grand colosse d'Alliènè prolcclrico, placée entre les Propylées et le Partliénon, et dominant tous les monuments de l'acropole. Outre; la science de perspective nécessaire surtout dans des statties colossales, ce qui caractérisait les œuvres de Phidias, d'après le témoignage des anciens, c'était l'élévation du sentiment religieux. Il est vrai que rimmense réjtutation de Phidias était fondée principalement sur les ouvrages de toreutique qui ne nous sont pas parvenus, mais les frontons et la frise du Parthénon, exécutés sous sa direction, et probablement d'après ses dessins, lui appartiennent au même titre (jue les cliambres et les loges du Vatican appartiennent à Raphaël.
L'école de Sikyone el d'Argos, qui avait précédé l'école attique, arriva en même temps qu'elle à son apogée, mais tandis que Phidias faisait surtout des Dieux, Polyklètc, bien qu'il soit l'auteur d'une célèbre statue colossale d'Hère, se distinguait surtout par des statues d'athlètes en bronze. Son doryphore, ou porte-lance, devint le canon, c'est-à-dire la règle et le type des plus belles proportions du corps humain. C'est à lui que Pline attribue ce principe, absolument inconnu à l'art égyptien, et qui donne tant de vie aux statues grecques, de faire porter le corps principalement sur une jambe. On disait dans l'antiquité que Phidias était sans rivaux dans la représentation des Dieux , mais que Polyklète savait mieux faire les hommes. Myron d'Eleuthère s'attacha plus exclusivement encore à rendre la vie par les formes. Quoi(pi'on cite les statues d'Hèraklès, de Zeus et d'Athènè, qu'il avait faites pour les Samiens, il dut surtout sa réputation à des statues d'animaux et à des représentations d'athlètes de bronze, comme son Coureur et son D/scubnle.
Phidias ctPolyklcte représentent dans la statuaire, comme Sophocle dans le drame, le point culminant de l'art; cependant on ne penl pas dire qu'aussitôt aprc'^s eux il commence à décroîlre. Scopas, Praxitèle et Lysippe lui ouvrent des voies nouvelles; de même qu'Euripide, à qui on peut les comparer, ils s'eiforceiit de rendre les aspects mobiles et changeants de la vie. Le groupe des Niobides, qu'on attribue tantôt à Praxitèle, tantôt à Scopas, est un exemple de cet effort pour fixerdansle marbre des sensations fugitives, comme l'effroi et la douleur. Dans les représentations d' Aphrodite, d'Eros, de Dionysos, sujets favoris de cette nouvelle école, la gravité du sentiment religieux fait place à ua caractère de beauté moins sévère. Lysippe cherche à donner plus d'élégance aux formes en augmentant la longueur des membres et en diminuant les proportions de la tête, en même temps que par une étude plus raflinée des détails, il tend à substituer les représentations individuelles aux types généraux de la beauté athlétique. Le moulage en plâtre, inventé par Lysis- Irate de Sikyone, frère de Lysippe, contribue à pousser de plus en plus la sculpture dans la voie du portrait.
La phase décroissante de l'açt commence avec la domination macédonienne, aussitôt après la chute de la liberté grecque. Cependant, la puissante iuqiulsion imprimée à l'art pendant la grande période républicaine devait se faire sentir longtemps encore, et la conquête d'Alexandre, en répandant la civilisation grecijue en Egypte et en Asie, ouvrait un champ nouveau à l'activité des artistes. Pour les populations helléniques de l'Asie Mineure qui avaient presque tor,|ours été soumises aux Perses, la conquête macédonienne était une délivrance. Il se forma des écoles d'art à Pergame, à Éphèse et dans d'autres villes asiati(|ues; une des plus norissante,«î fut cidle de Kliodes, d il faut l'emar-
(jner (jiie Itîs lUiodicns conservèrent longtemps leurs insli- Uiiioiis r(''jiul)licaines, et défendirent énergiquement leur liljorlé contre les successeurs d'Alexandre. Le chef-d'œuvre (le la sculpture expressive, le groupe de Laocoon et ses fds est dû à des artistes rhodiens. Le taureau Farnèse appartient aussi à l'école do llliodes. La défaite des Galales par les (irecs du royaume de Pergame fournit à Pyromaclios le sujet de plusieurs statues de bronze, dont le marbre connu sous le nom du Gladiateur mourant, et le groupe intitulé Arria et Pœtus, sont probablement des imilalions. La statue signée du nom d'Agasias d'Éphèse, et vulgairement appelée le Gladiateur comballant, paraît avoir fait partie d'un groupe représentant aussi quelque scène de, combat.
Nos documents sur l'iiisloire de l'art antique sont si incomplets qu'on est obligé d'y suppléer par des inductions assez arbitraires. Si l'inscription trouvée avec la Vénus de Milo en désigne l'auteur, on ne peut le faire vivre qu'au temps des Séleucides; cependant l'œuvre, considérée en elle-même, semble appartenir au siècle de Périclès. 11 se peut d'ailleurs que l'art antique ait eu comme l'art moderne des alternatives d'affaissement et de réveil. C'est à une sorte de Pienaissance de ce genre qu'on place les deux Cléomènes, dont l'un a fait la Vénus de Médicis, l'autre le (lennanicus, Apollonios fds de Nestor, auteur du Torse du belvédère, l'Athénien Glycon, auteur de l'Hercule Farnèse, qu'on croit imité de Lysippe.
Après la conquête de la Grèce et de l'Asie Mineure, les Romains, qui faisaient du pillage la conclusion inévitable de toutes leurs victoires, transportèrent en Italie tous les trésors de l'art grec, et les artistes qui avaient suivi en exil les chefs-d'œuvre de leur patrie en multi|ilièrent les copies en
donnant quelquefois aux divinités les traits des empereurs, des membres de leur famille ou de leurs favoris. Quant au style particulier de l'art à l'époque romaine, on en trouve des exemples dans les bas-reliefs de la colonne Trajaue et dans les statues des Césars et des Antonins. Mais aussitôt après cette période (rès-fécondc, quoique peu originale, l'art s'alfaisse tout à coup sous la dynastie syrienne, en même temps que les religions de l'Orient envahissent l'empire. La sculpture avait pu, en se nourrissant des traditions du passé, survivre à la liberté républicaine, elle ne survécut pas au polythéisme. Sous le règne de Constantin, la décadence fut complète, elle devint définitive sous Théodose, quand la proscription de l'ancienne religion entraîna la destruction générale des temples et des statues dans toute l'étendue de l'empire. Les barbar( s achevèrent cet immense désastre, et l'art ne sortit de ses ruines qu'après un sommeil de mille ans.