‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 2)Chapitre 26 sur 42 · MÉLÉAGRE · texte numérisé non relu

MÉLÉAGRE

La statue de Méléagre est du petit nombre des statues héroïques qui ont été reconnues avec certitude. La hure de sanglier sur lequel il s'appuie caractérise le héros de Kalydon, et ses formes présentent le type idéal du chasseur: un corps élancé, une large poitrine, les membres inférieurs robustes et taillés pour la course, l'n chien est à ses côtés. Saufla main droite qui manque, celte statue est de la plus parfaite conservation.

AMAZONR.

Les Amazones, femmes guerrières, que la tradition rattache à l'Asie Mineure, correspondent dans la série des types féminins aux héros et aux athlètes. Pline parle de cinq statues d'Amazones exécutées pour le temple d'Artémis à Ephèse par autant de sculpteurs célèbres, entre lesquels il y eut un concours. Le Jugement fui remis aux concurrents eux-mêmes, et chacun d'eux mit naturellement son œuvre au premier rang; la statue de Polyklète, qui, d'après le vole (le ses rivaux, avait mérité la seconde jilace, obtint la

SCL'LPTURE. â3

première ; celle de Pliidias fut classée immédialement après, puis successivement celles de Clcsilaos, de Kydon et de Phradnion. L'Amazone du Vatican est regardée comme une copie de celle de Phidias, d'après sa ressemlilance avec une pierre gravée qui représente une Amazone s'appiiyant sur sa lance et prête à s'élancer. Il est vrai que les bras de cette statue ne présentent pas le môme mouvement que dans la pierre gravée, mais ces bras sont modernes. La draperie offre un système de petits plis qui rappelle les figures drapées du fronton du Parthénon. Le nez, le menton, le cou et la jambe droite sont des restaurations modernes très-mal exécutées.

LES NIOBIDES.

PI. fi7 A 75.

La tragique légende des enfants de Niobè était dans l'antiquité le type de tous les coups imprévus de la destinée. Les Grecs attribuaient aux flèelies d'Apollon et d'Artémis les morts subites et sans agonie ; la mort des Niobides fournissait un prétexte à cette sobriété d'expression qui était une des lois de l'art grec. Le groupe attribué à Praxitèle par une épigramme de l'anthologie, à Praxitèle ou à Scopas par Pline, a été souvent reproduit dans l'antiquité, et il y a dans plusieurs musées des statues qui ont dû en faire jiartie. Les Niobides de Florence, qui forment la collection la plus complète, ont dû offrir une disposition pyramidale, et il est probable qu'ils ornaient le fronton d'un temple.

!ifi SCULPTURE.

Mobè, clierchant à protéger la plus jeune de ses filles, forjiiait le centre naturel de la composition. Auprès de la mère devaient se trouver d'un côté une des filles étendant son manteau devant un de ses frères, de l'autre un des fils couvrant du sien une de ses sœurs, comme on le voit dans le groupe du Vatican, intitulé : Céphale et Procris. Puis venait le pédadogue dont il y a une répétition au Louvre, où on le voit abritant le plus jeune des garçons. Plus loin s'éciielonnaient d'autres jeunes gens déjà blessés ou attendant le trait fatal. La figure d'un Niobide mort devait occuper un dos angles ; dans l'autre on peut placer les deux lutteurs de la tribune de Florence, imitation d'un groupe de Képhissodote, fils de Praxitèle, qu'on a trouvés dans la même fouille et dans lesrpjels Winckelmann croit reconnaître deux fils de Niobè frappés d'une même fièclie pendant qu'ils s'exerçaient à la lutte. Les têtes de ces deux figures sont des restaurations modernes faites dans le caractère des têtes des Niobides, bien qu'on ne puisse pas affirmer que les deux lutteurs fissent partie do ce groupe. On a aussi des doutes sur la jeune fille qui s'incline en tournant la tête; elle n'a pas été trouvée au même endroit et l'on voit sur son dos des traces d'ailes ; on pourrait donc la prendre pouv unePsycbè. Il est vrai que l'idée d'assimiler les épreuves de l'âme aux malbeurs de la famille de Niobè s'accordent assez bien avec la symbolique de l'ar! grec.

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