‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 3)Chapitre 76 sur 102 · PAOLO CAGLIARI DETTO PAOLO VERONESE · texte numérisé non relu

PAOLO CAGLIARI DETTO PAOLO VERONESE

des plafonds de la hibliolhèque, les rivaux de Paul Véronèse lui décernèrent eux-mêmes la chaîne d'or destinée au vainqueur. Paul Véronèse fit un voyage à Rome, où l'étude de Raphaël, de Michel-Ange, et surtout des chefs-d'œuvre de l'antiquité, agrandit encore sa manière et, à son retour à Venise, il se trouva tellement recherché, que, malgré sa prodigieuse facilité, il pouvait à peine suffire aux travaux publics ou particuliers qu'on lui demandait de toutes parts. Le sénat le créa bientôt chevalier de Saint-Marc, et il était au comble de la gloire, lorsque ayant suivi une procession dans un jour très-chaud, il contracta une maladie dont il mourut à l'âge de cinquante-six ans. Paul Véronèse a plus d'imagination que de sentiment. Il émeut rarement par l'expression, mais il éblouit par la magnificence de ses conceptions. Son dessin, toujours correct, est plein de noblesse et de grandeur, et sa couleur a un éclat sans égal. C'est le grand décorateur de l'Ecole vénitienne et le seul maître qui ait possédé l'art de représenter, sans confusion ni sacrifice apparent, de nombreuses figures enveloppées d'une atmosphère également lumineuse.

LE CHRIST MORT

(Hauteur lm,30 cent., largeur 1 mètre.)

Galerie de l'Ermitage (Saint-Pétersbourg).

Le Christ, mort, est soutenu par la Vierge ; près de lui est un ange qui tient la main du Sauveur. Ce tableau avait été fait pour l'église Saint-Jean et Saint-Paul, à Venise. Il avait été acquis par Charles Ier d'Angleterre; après la mort

de ce prince, il passa en différentes mains et enfin en

Russie. — Gravé par Aug. Carrache, Duchange.

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