CORRÉGE
Pl. VII.
Antoine Allegri, surnommé le Corrége, du nom de sa ville natale, est un des artistes sur la biographie desquels on a le
moins de renseignements. On en est réduit à de simples conjectures sur ses premières études , et le nom de son maître est demeuré inconnu. Mais il faut croire que ses progrès furent rapides, puisqu'à vingt ans il jouissait déjà d'une réputation assez grande pour que les religieux du couvent de Saint-François lui confiassent l'exécution du tableau destiné à orner le maître-autel de leur église. En 1 520, il entreprit de peindre, dans la coupole de Saint-Jean des bénédictins de Parme, l'assomption du Christ, et acheva son travail en 1524. Mais son œuvre capitale fut la décoration du dôme de la cathédrale de Parme, qui fut terminée en 1 530 et qui représente l'assomption de la Vierge. Dans cet immense travail, le peintre a représenté les Apôtres et les bienheureux, et une multitude d'anges de diverse grandeur, les uns soutenant et accompagnant la Vierge, d'autres chantant et jouant des instruments, d'autres enfin tenant des flambeaux et des cassolettes sur lesquelles brûlent des parfums. Cette fresque a été gravée en dix-neuf planches par Jean-Baptisle Vanni, à Florence, 1642: elle avait été payée à Corrége une somme équivalente à 4200 francs. Les caractères distinctifs du Corrége sont la grâce, une grande intelligence du clairobscur et un coloris inimitable. L'audace des raccourcis donne à son dessin un caractère particulier; il est le premier artiste qui osa faire des ligures vues de bas en haut, écueil que Raphaël évita. Vasari rapporte que, pauvre et chargé de famille, Corrége mourut pour s'être fatigué à porter de Parme à Corregio une somme de 60 écus qu'on lui aurait payée en monnaie de cuivre. Cette anecdote, accréditée pendant longtemps, est aujourd'hui tout à fait abandonnée par la critique, et les biens laissés par le père de l'artiste, mort après lui, sont loin de confirmer les récits qu'on a fails sur sa pauvreté. Il est certain, néanmoins, que
Gorrége fut loin d'avoir pendant sa vie une position brillante comme celle de Raphaël et de Titien.
LA VIERGE ET l/ENFANT JÉSUS.
(Hauteur 52 cent., largeur 40 cent.)
fc ,Musée de Naples (plusieurs répétitions avec variantes/ .
La Vierge, assise dans le bois, tient l'enfant Jésus enlie ses bras. Des anges descendent du ciel au-dessus de sa tête. Ce tableau est connu à Naples sous le nom de la Zingarella. — Gravé par Rossi, Porporati.
SAINTE FAMILLE