SPADA
Né dans la dernière classe du peuple, obligé de se livrer dès sa jeunesse à des travaux très-rudes, Lionelle Spada,
entra comme broyeur de couleurs à l'atelier des Carrache et y prit le goût de la peinture. Ces habiles maîtres devinèrent son talent futur, et le firent travailler avec leurs élèves. Un sarcasme du Guide l'éloigna de celte école, et il suivit les conseils du Caravage auquel il servait de modèle, et finit par se former un style qui se ressentait de la double influence de son éducation. Mais sa vie dissipée finit par lui faire négliger son art, et il mourut vieilli avant 1 âge, ayant perdu son talent.
RETOUR DE l'eNFAINT PRODIGUE.
(Ilaiiteuv im,80 cent., largeur lm,19 cent.)
Musée du Louvre.
L'enfant prodigue, couvert de haillons, se présente à son père qui le couvre de son manteau. Gravé par Fossoyeux, Morel.
ÉNÉE PORTANT ANGHISE.
(Ilautcur lui,65 cent., largeur lm,33 cent.)
Musée du Louvre.
Énée portant son père Anchise et accompagné d'Ascagne reçoit de son épouse les dieux pénates sauvés de l'incendie de Troie. — Ce tableau, acheté pour Louis XIII comme étant de Louis Carrache, a été attribué en France auDominiquin et gravé sous ce titre. — Le nouveau catalogue du
Louvre, se fondant sur l'analogie qui existe entre ce tableau et ceux de Lionelle Spada, l'a classé parmi les œuvres de cet artiste. Nous avons cru devoir nous conformer à cette dernière opinion. Gravé par Outkine (sous le nom de Dominiquin), Gérard Audrau.
ALBAXE.
Francesco Albani, fils d'un riche marchand de soie, est né à Bologne, et entra à l'âge de teeize ans, chez Denis Galvaert, où il connut le Guide. Ils entrèrent bientôt l'un et l'autre à l'école des Carraclie. L'Albane aida Annibal Garrache dans ses peintures du palais Farnèse, et le Guide dans ses frescues de Monte Cavallo. Il fit lui-même de vastes compositions, mais c'est surtout dans les petits tableaux de chevalet que son talent s'est révélé. On a appelé l'Albane l'Anacréon de la peinture. Ses Diane, ses Vénus et ses sujets mythologiques sont toujours entourés d'une foule de petits amours, et quand il traite des sujets religieux, les petits anges emplissent également le tableau, L'Albane était fort riche et habitait une maison de campagne dans un pays délicieux, oiî il prenait ses fonds de paysages, tandis que ses douze enfants, tous extrêmement beaux, lui servaient de modèles. Ce peintre a joui d'une vogue extraordinaire au xviii*' siècle, mais il a été fort déprécié par l'école de David, dont les principes sévères ne pouvaient admettre soa dessin peu châtié et l'afféterie habituelle de ses poses.
SAINTE FAMILLE
(Ilauteui' 0"i;57 cent., largeur 0ni,43 cent.)
Musée du Louvre.
Sous un portique d'ordre corinthien, la Vierge et sainte Elisabeth assises regardent l'enfant Jésus qui embrasse le petit saint Jean. Derrière elles sont deux anges en prière : à droite saint Joseph, le coude appuyé sur une table, tient un livre, et dans les airs deux petits anges sèment des fleurs sur la sainte famille. Gravé dans le musée Filliol, Landon.
l'enfant Jésus dormant sur la croix.
ri.50.
(Hauteur 0"',35 cent,, largeur 0m43 cent.)
Musée de Florence.
Le talent de l'Albane se prêtait difficilement aux scènes tragiques de la passion. Obligé de retracer ce sujet, il l'a fait allégoriquement en montrant l'enfant Jésus endormi sur la croix où il doit périr un jour. Gravé par Masquelier.
FUITE EN EGYPTE
PI. 5i.
(Hauteur 75 cent., largeur 45 cent.)
La Vierge allaitant l'enfant Jésus qu'elle tient dans ses bras est montée sur un âne; saint Joseph marche à côté
d'elle et des anges la conduisent. Tableau cintré par le
haut : il a longtemps passé pour être du Dominiquin.