‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 4)Chapitre 28 sur 91 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

(Diamùlre lii>,80 cent.)

« Dans le premier où j'ai peint le Feu, votre Altesse verra non-seulement le feu céleste, et proprement élémentaire, représenté par le puissant Jupiter, mais encore le feu matériel et celui de l'amour, dont Vulcain et la déesse de Chypre sont les emblèmes. Je n'ai voulu placer dans les forges de Vulcain, ni Drontès, ni les antres Cyclopes , j'ai mieux aimé y peindre trois jeunes amours, attendu que les chairs de ces enfants forment une opposition plus piquante avec les tons bruns de celles de Vulcain. J'ai dû, en outre, me conformer dans ce choix au désir de Votre Altesse sérénissime ; car M. l'ambassadeur m'avait dit que vous étiez bien aise que je représentasse un grand nombre d'amours, perçant de leurs traits irrésistibles le marbre le plus dur, l'acier, le diamant, et les cœurs mômes des Dieux. » Gravé par Delignon.

Lettre del'Albane au cardinal de Savoie.

l'air.

« Dans le second tableau, j'ai représenté l'Air. La superstitieuse antiquité ayant adoré cet élément sous le nom de la déesse Junon, à laquelle elle donnait pour compagnes quatorze nymphes, emblèmes des météores qui se forment dans notre atmosphère, j'ai employé cette allégorie pour exprimer ma pensée, et je l'ai fait avec d'aulant plus de

confiance, qu'on voit quelquefois tous ces différents météores se succéder dans un seul jour. Les airs sont peuplés d'êtres ailés ; c'est l'agitation de cet élément qui produit les sons et le bruit. Pour rendre ces deux idées, j'ai peint des amours qui, en volant et en se jouant, poursuivent les oiseaux, tandis que d'autres font résonner des tambours ; et comme les vents, comptés au nombre des météores, ne sont autre chose que des vapeurs qui s'élancent de la terre, j'ai fait entrer dans ma composition Eole , qui en ouvrant un autre leur donne la liberté. »

(Lettre de l'Albane au cardinal de Savoie.)

l'eau.

« Dans le troisième tableau où je devais représenter l'eau, j'ai voulu exprimer non-seulement le mélange des sources et des rivières avec les fleuves, mais celui des fleuves avec les mers. Sur la mer, j'ai peint Galatée, emblème de l'écume qui se forme à la surface de l'humide élément. J'ai placé autour d'elle des amours, des nymphes, des tritons ; premièrement parce que les chairs de ces figures offrant des tons différents, cette variété devait rendre l'ensemble du coloris plus agréable ; secondement, parce que les nymphes et les amours, en rappelant les divers travaux auxquels la mer nous invite, tels que la récolte des perles et celle du corail, la pêche au filet et à l'hameçon, me donnaient le moyen d'embrasser mon sujet dans toute son étendue.

(Lettre de l'Albane au cardinal de Savoie.)

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