LA PESTE
(Hauteur 3",8i cent., larçeur 5", 45 cent.)
Lorsque saint Pioch parcourut l'Italie en pèlerin, il trouva plusieurs fois l'occasion d'exercer sa charité. Une peste ayant éclaté dans la ville d'Acquapendente, elle cessa par les soins et les prières du saint homme. Gravé par J. Camerata.
SAINTE FAMILLE
(Hauteur 1",45 ceut., laiçeur 1", 12 cent.) Musée du Louvre.
La Vierge tient dans ses bras l'enfant Jésus, et regarde le petit saint Jean accroupi à ses pieds. Derrière elle, on voit saint François d'Assise, à genoux et tenant un livre, et sainte Catherine d'Alexandrie appuyée sur une roue brisée. Gravé par Henriquez.
Si l'on voulait rechercher les origines de la peinture à Naples, il faudrait remonter jusqu'à l'anliquité. La Sicile et la grande Grèce étaient peuplées de colonies où les beauxarts étaient poussés aussi loin que dans la Grèce propre. Il semble même que jusqu'aux xii*^ siècle, le midi de l'Italie ait eu la suprématie sur le nord et le centre. Mais lorsque le mouvement de la Renaissance commença dans les républiques italiennes, Naples et la Sicile y restèrent à peu près étrangers, Giotto, le Caravage, Lanfranc, le Guide, Annibal Carrache, Ribera, le Dominiquin, vinrent il est vrai à Naples exercer leurs talents, mais ils appartenaient tous à des écoles différentes, et la véritable école napolitaine se rattache à la période qu'on a appelée la décadence.
Giotto peignit à Naples, vers 1325, les fresques de l'église de Sainte-Glaire, dont il subsiste fort peu de chose aujourd'hui. Le Pérugin fit plus tard pour la cathédrale une assomption de la Yierge qui servit longtemps de modèle aux artistes napolitains. Parmi ceux-ci, le premier qui ait atteint à Naples une certaine célébrité fut Antonio Solario, plus connu sous le nom de Zingaro, dont l'histoire romanesque a tant de rapports avec celle du flamand Quentin Matsys. Zingaro, étant forgeron de son état, devint épris de la fille d'un peintre nommé Colantonio, et pour l'obtenir se fit peintre, parcourut l'Ilalie en étudiant sous divers maîtres, et revint ensuite s'établir à Naples où son style original reçut d'après lui le nom de Zingaresque.
Au moment de sa mort, Anlonellode Messine rapporta en Italie le secret de la peinture à l'huile. C'était à Naples
qu'Antonello de Messine avait vu un tableau de Van Eyck, et il était aussitôt parti pour la Flandre à la recherche d'un procédé qui lui paraissait merveilleux. Les œuvres très-rares d'Antonello de Messine annoncent un maître de premier ordre; et chacun peut se rappeler la sensation que produisit parmi les artistes la récente acquisition d'un de ses ouvrages pour le musée du Louvre.
Après ces deux artistes, les peintres napolitains suivirent, mais de loin, l'impulsion que les beaux-arts prenaient à Rome, à Florence et à Venise. Raphaël, Michel-Ange et le Titien eurent à Naples des imitateurs, ma's qui ne surent pas s'élever à la hauteur des grands maîtres. Le Caravage fît à Naples un assez long séjour, et son influence y fut considérable, mais celle de Ribera devint bientôt tout à fait dominante. Deux artistes sans talent se joignirent à lui : le grec Correnzio et le napolitain Corracciolo. Ils formèrent à eux trois une association qu'on a appelé la Cabale, dont le but était d'empêcher tout ce qui n'était pas eux, leurs élèves ou leurs amis, d'exercer la peinture à Naples. Ribera avait un talent réel: les deux autres étaient parfaits spadassins et d'une conscience élastique. Annibal Carrache, le Josepin, le Guide, appelés successivement à Naples pour y exécuter divers travaux, furent obligés d'y renoncer par suite des menaces ou des tracasseries de la Cabale, et le Dominiquin, qui voulut persister, finit par mourir empoisonné. On trouve à Naples plus qu'ailleurs les marques honteuses de cette corruption profonde qui caractérise le wii"^ siècle en Italie et qui accompagne la décadence de l'art. C'est pourtant à cette époque seulement (pj'il faut marquer la véritable école napolitaine qui comprend Falcone, Salvalor Rosa, Solimène et Giordano. L'école napolitaine est en somme, hiérarchiquement comme chronologiquement, une des dernières
de ritalie. Salvator Rosa est e seul de ses maîtres qui soit vraiment original. Pour les autres, le talent est incontestable, mais il faut en même temps reconnaître l'emprunt. Mais à cette époque l'influence dominante n'était plus celle de Raphaël ou de ftlichel-Ange, ni même celle du Caravage, c'était celle de Pierre de Cortone.