‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 4)Chapitre 53 sur 91 · DÉMOCRITE ET PROTAGORAS · texte numérisé non relu

DÉMOCRITE ET PROTAGORAS

(Hauteur i^fiO cent., largeui' O^iSO cent.)

Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Dérnocrite se promenant aux environs d'Abdère rencontra un homme nommé Protagoras qui portait une charge de

bois placée dans un équilibre tel, que malgré sa pesanteur le porteur n'en paraissait nullement chargé. Démocrite s'en fit expliquer la raison, et frappé de l'intelligence de Protagoras il l'admit au nombre de ses disciples.

GIORDÂNO.

Luca Giordano, fils d'un artiste médiocre, montra dès son enfance des dispositions extraordinaires pour la peinture. Après avoir étudié sous Ribera, il alla à Rome, travailla avec Pierre Cortone, visita Parme, Bologne, Venise, faisant partout des copies d'après les grands maîtres dont il cherchait à s'approprier la manière. Il fit des imitations de Paul Véronèse, de Titien, du Guide, et les connaisseurs les plus habiles y sont souvent trompés. Sa fécondité égalait sa facilité, et sa rapidité d'exécution est devenue tellement proverbiale qu'il est souvent désigné sous le nom de Fa Presto. Les anecdotes plus ou moins apocryphes n'ont pas manqué à sa biographie. C'est ainsi qu'on raconte qu'un jour que son père l'appelait pendant qu'il peignait la cène : « Je suis à vous tout de suite, répondit Giordano, je n'ai plus à faire que les douze apôtres. » Dans ce siècle de décadence, la prestesse d'exécution était admirée comme une marque de génie. Giordano était un homme d'un incontestable talent, mais son œuvre est pleine de réminiscences, et son imagination capricieuse a tout effleuré sans rien approfondir.

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