HÉLIODORE CHASSÉ DU TEMPLE
(Hauteur ô^iGO cent., largeur 10°, 40 cent.)
>'aples.
Héliodore, pour obéir aux ordres de Séleucus, entra, malgré les représentations du grand prêtre Osias, dans le temple de Jérusalem avec le dessein d'en enlever le trésor. Mais bientôt il se sentit fouler aux pieds d'un cheval monté par un cavalier éblouissant, fouetté par des Anges et chassé du temple. Ce sujet avait déjà été traité par Raphaël dans les chambres du Vatican. Le vaste tableau de Solimène
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répond à ce qu'on appelait au dernier siècle une grande machine. L'élonnante hardiesse déployée par l'artiste n'est pas suffisante aux yeux des puristes pour excuser les incorrections du dessin et l'absence d'unité dans l'effet. Gravé par Martini.
l' ANNONCIATION.
Pi. 107.
L'ange s'approche de la Vierge et lui présente une branche de lis. Le Saint-Esprit apparaît dans le Ciel escorté par des Anges, et le rayon qui émane de lui illumine la scène. Dans le fond, on voit un chat qui boit dans une jatte.
Quand on parcourt une galerie de maîtres espagnols, on est frappé tout d'abord de la parenté sinistre que leurs œuvres présentent : ici sont des moines en prière, là un saint dont on déchire les chairs palpitantes, plus loin un ascète aux joues amaigries caresse silencieusement une tête de mort. Quand vous voyez un portrait d'infante ou de princesse, ce portrait exprime un ennui profond. Sur le visage d'un noble vous lisez une sombre préoccupation; si c'est un homme du peuple qui est représenté, il vous montre ses plaies ; si c'est un enfant, il cherche sa vermine.
Le caractère dominant de la peinture espagnole est la recherche de la vérité. Mais c'est une vérité qui n'est pas choisie en vue de la beauté comme dans l'art grec, ni de la magnificence comme dans l'école vénitienne, ni de l'intimité comme dans l'école hollandaise. Elle est toute spéciale et ne se trouve pas ailleurs qu'en Espagne. Scrupuleuse dans son exactitude pour rendre un morceau, la peinture espagnole évite avec le même soin le pittoresque dans la tournure ou l'idéal dans la forme. Elle aime le fantastique, et son fantastique ressemble à la réalité. Ce n'est ni le brillant cortège de Bacchus, ni les damnés que des anges veulent ravir aux démons, ni les diableries bizarres de Breughel ou de Teniers, mais ce sont des morts qui reviennent écrire leurs mémoires, et qui semblent vivants tout en gardant les allures d'un mort, des moines qui ressemblent à des revenants. Voyez ces étranges têtes dans le tableau d'Herrera le vieux : sont-ce des hommes vivants ou des fantômes ? tous les deux ensemble. La douleur est l'expression
qui domine dès le début de l'école ; les christs de Morales le divin, qui portent sur leur visage les traces sanglantes de la passion, les paies figures de Valdes Lcal, les moines maigres dont Zurbaran a peuplé ses toiles, les sinistres bourreaux de Ribera, tous sont des variantes d'un thème unique : la souffrance.
L'école espagnole n'a pas eu le long enfantement de l'école florentine. Là, comme à Venise, l'art est apparu subitement, a brillé un instant, et s'est éteint comme il était venu, sans avoir eu ni tâtonnements au début, ni agonie à la fin. Il est tout d'une pièce, et après la mort de Murillo on ne peut pas dire que l'école est en décadence, elle n'existe plus. De même que la peinture vénitienne est une brillante image do la vie aristocratique, la peinture hollandaise une représentation exacte de la vie populaire, on peut trouver dans la peinture espagnole toutes les pensées les plus secrètes de la vie claustrale. Mais c'est à l'Italie que l'Espagne est redevable de son école de peinture. Ce fut quand les guerres de Charles- Quint eurent ouvert des communications fréquentes entre les deux pays, que les peintres espagnols vinrent demander des conseils aux maîtres italiens. Le grand éclat artistique de l'Espagne a suivi plutôt qu'accompagné la grande période politique. On peut fixer au règne de Philippe IV la plus brillante époque de la peinture espagnole.
JUAN DE JOANÈS (Vlwent Jean Macip).
Jean Macip, plus connu sous le nom de Joanès, alla étudier à Rome sous les disciples de Raphaël. Il était d'une
piété poussée jusqu'à rascélisine, et se préparait à l'exéculion de chaque tableau par la pratique des sacrements. Joanès a imité le style de Raphaël et a fondé à Valence une école d'où sont sortis de nombreux élèves.